Il nous reste 590 miles nautiques... à 2h00 am heure de Montréal
Un signe que tout va pour le mieux. La capitoune se remet à écrire de longs messages. Vous me direz combien de fautes et serez compatissants avec le mouvement des vagues.
Samedi matin au milieu de l'Atlantique...
1400 miles nautiques étaient initialement prévus pour notre parcourt, il appert que nous en ferons plutôt 1500. C'est donc 100 miles nautiques de plus, soit environ 20 heures de navigation supplémentaire, près d'une journée de plus. Vous vous dites, quoi, nous avons fait un détour pour aller nous acheter un petit quelque chose au dépanneur? ;o)
A ceux qui se demanderont: Pourquoi n'allez-vous pas en ligne droite? Plusieurs raisons l'expliquent. D'une part, au début de notre trajet, il était préférable de faire du sud plutôt que notre cap direct parce qu'une dépression se développait et la seule façon de l'éviter était de la laisser au nord.
Je crois comprendre que cette dépression a été très forte et a dû passé aux environs de New York. Les vents ont dû monter à plus de 120 km. Jean-Marie du Réseau du Capitaine nous dit que cette dépression est maintenant dans la mer du Labrador et que les vents ont la force d'un ouragan. Notre stratégie a fonctionné et nous avons évité cette dépression.
D'autre part, nous savions que, vers la fin du trajet, dans les 2 ou 3 dernières journées, aux approches des Caraibes, les vents, qu'on appelle les Alyzées, sont toujours de l'est.
C'est ce qui explique que nous devons faire de l'est avant d'arrivée dans ces Alyzées, pour éviter d'avoir "le vent dans le nez", ce qui rend la navigation plus difficile, ou même complètement impossible (un voilier n'avance pas lorsqu'il est face au vent).
Présentement, nous sommes sur la longitude de St-Martin, donc nous n'avons plus de raison d'aller vers l'est. En fait, nous arriverons bientôt sur ce qu'on appelle souvent "l'autoroute" vers le sud. Avec des vents de l'est, un cap directement au sud est confortable et rapide (on peut ouvrir une bouteille de vin ou se faire un petit expresso...)
Ce sont là les 2 raisons "planifiées". De façon plus spontanée, il y a 3 autres raisons pour ne pas faire de ligne droite. Premièrement,il y a des variations de vent qui nous obligent parfois à changer notre cap.
Par exemple, dans les 2 derniers jours, nous avions un vent arrière. Très inconfortable, avec une vague perpendiculaire qui amenait du roulis. Le cap est aussi très difficile à maintenir dans ces conditions, surtout sans pilote automatique. Disons que le tracé que nos barreurs laissaient sur notre carte électronique n'aurait pas passé le test du 0.08 d'alcool... Nous avons préféré changer de cap pour avoir le vent sur la hanche.
Deuxièmement, on peut essayer d'éviter les "cellules orageuses" ou "grains" qu'on peut voir arriver de jour ou, avec le radar, de nuit.
Finalement, il y a les fameux bateaux... et c'est ce qui inspire ce texte à 2h45 du matin en ce 10 novembre. Un système (AIS) nous permet de voir les bateaux commerciaux et certains bateaux de plaisance.
Le radar le permet également. On peut ainsi voir s'il y a gisement de collision. Encore une fois, dans le monde de l'autopilote, il suffit de surveiller et de changer notre cap de quelques degrés pour s'assurer de ne pas passer trop près de ces mastodontes. Ensuite, il suffisait de s'assurer que le bateau en question ne changeait pas de cap ou de direction.
Sans autopilote, c'est plutot le barreur qu'il faut surveiller. L'autopilote est précis au degré près. Disons que la précision des barreurs dépend des conditions maritimes et de leur condition physique.
C'est Vincent qui barre présentement et il fait une très bonne job. Sandy et moi l'aurons "surveillé" pendant une heure complète, le temps de laisser passer ce bateau. Le changement de cap occasionné (faire de l'est plutôt que du sud) aura amené Ambrosie à 9 noeuds, soit notre vitesse maximale pour ce voyage, avec voiles réduites.
Nous gardons une allure en général assez pépère (au grand désespoir de Cal qui aimerait bien voir ce qu'Ambrosie a dans le corps). On préfère la sécurité à la performance... Surtout la nuit, de peur d'être pris au dépourvu par les "grains" ou "cellules orageuses" dans lesquels les vents montent subitement, le capitaine réduit les voiles, quitte à faire du 5.5 noeuds dans des conditions qui nous auraient permis de faire du 8 noeuds. Il n'a pas regretté sa prudence jusqu'à maintenant.
Des 1500 miles nautiques, nous en avons fait 915. Il est reste 590... Nous sommes le 10 novembre à 2h00 a.m. heure de Montréal (nous sommes nous-mêmes à l'heure de l'Atlantique, donc à 3h00 am).
On calcule environ 120 miles nautiques par jour avec une allure "pépère". Vous pouvez maintenant faire vos paris sur notre vitesse future, notre date et heure d'arrivée à St-Martin.
Si vous faites des vrais paris, vous pourriez songer à ce qu'une partie du profit des paris aillent au Réseau du capitaine qui a présentement besoin d'acheter du nouvel équipement pour poursuivre sa belle mission. Je suis 100 % contre les paris avec argent, sauf peut-être pour une si belle cause...
Voilà, le bateau est passé maintenant, Sandy et moi allons aller nous coucher pendant que Vincent continue son quart jusqu'à 5h00 a.m., heure à laquelle Sandy prendra la relève. Ce fut notre activité pour la nuit! Et vous? ;o)
On vous redonne des nouvelles en matinée.
Stéphanie, Sandy, Cal et Vincent
Ambrosie, ve2bcz
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