6 décembre 2012, En navigation vers Simon's Town, Afrique du Sud.
Récit 230 - Durban et Mossel Bay
Récit 230 - Durban et Mossel Bay
Voilà déjà presque trois semaines que je n'ai plus écrit, le temps file. Nous voilà de retour en mer, nous naviguons depuis ce matin, vers Simon's Town dans False Bay, non loin de Cape Town où nous rejoignons mes parents dans 6 jours. Nous avons levé l'ancre vers 09h30 ce matin. Personne n'en avait envie mais fort heureusement la mer s'est calmée de 200% depuis hier. Les vents et les vagues faisaient peur hier, mais au petit matin, le calme était de retour. Nous craignions le pire vu nos dernières navigations, mais nous sommes étonnamment surpris de constater que les estomacs se portent plutôt bien. Les vents, il faut le dire sont très faibles, ce qui aide à faire aplanir les vagues levées par les gros vents d'hier. Comme plusieurs confrères navigateurs, on préfère investir dans le diésel et passer le Cap de Bonne Espérance à moteur vue la réputation de ce passage. Nous prévoyons arriver à destination en une quarantaine d'heures, soit dans la nuit du 8 déc.
Il fait une belle nuit, je suis de quart, entourée de mes amis les dauphins, qui font la course et batifolent autour de nous depuis plusieurs heures déjà. Ils nous accompagnent et forment des torpilles lumineuses sous l'eau à cause des micro-organismes phosphorescents. C'est magnifique.
Alors, quoi de neuf depuis notre dernier arrêt à Durban?
Dans mon dernier récit nous cherchions refuge. Finalement, nous avons réussi à obtenir une place à quai dans une petite marina appelée Bluff Yacht Club et c'est tant mieux, car dès les premiers signes de gros vents, nous nous sommes mis à chasser comme on nous l'avait prédit, vu le fond vaseux. Nous étions bien loin du centre-ville et l'endroit était plutôt sale à cause de la poussière soulevée par les vents et les camions dans ce port très achalandé. Par contre, l'emplacement nous a plu, considérant la protection et la tranquillité d'esprit qu'il nous a offert lors des deux coups de vents qui sont passés au cours de cette escale forcée. Comme il y avait une piscine au yacht club, les enfants s'y baignaient pendant la pause du matin et aussi en PM avec leurs copains, une fois les classes terminées. Ils ont passé tous leurs temps libres à construire des voiliers en vue d'une course qu'ils feront entre amis une fois leurs projets de construction complétées.
Dimanche nous avons pris le taxi et sommes allés passer la journée au Sea World de Durban. Lors du spectacle aquatique des dauphins, René a réussi (en dansant pour la caméra dans les estrades) à gagner une rencontre privée avec un dauphin pendant la représentation. Il a bien apprécié sa récompense et il la méritait aussi (il fallait voir sa petite danse... Il s'est donné pas mal!)
Puis nous avons repris la mer, tous les bateaux sont partis en même temps. C'était loin d'être parfait comme conditions, mais c'était le mieux qu'on pouvait trouver pour sortir de là. Cette navigation de 3-4 jours a été un peu exécrable, Nicolas et moi avons été malades à quelques reprises mais bon, on a survécu.
Puis nous avons atteint Mossel Bay en matinée, le mouillage avait beau être houleux; après la mer que nous venions de vivre, c'était le bonheur. On pouvait enfin reprendre les classes normalement et souffler un peu. Mossel Bay, une petite ville de quelques 80 000 habitants, représentait autrefois l'un des joyaux de la route des Jardins. Cette ville, par son centre historique et ses jolies constructions de grès, offre un cachet très particulier.
Le deuxième matin, alors que nous étions à remettre le moteur sur l'annexe, un kayakiste, qui passait derrière le bateau, nous a lancé en riant: "Le repas est-il prêt?" Nous nous sommes esclaffés et lui avons demandé de se rapprocher pour jaser un peu et ainsi tâter le pouls de l'endroit, car nous n'avions toujours pas mis le pied à terre vus les vents de la veille. De fil en aiguille, le monsieur en question Johan (qui se prononce Yohan) a trouvé notre histoire si intéressante qu'il est reparti en nous faisant promettre d'accepter son invitation d'aller manger chez lui cet après-midi même, vers 14h00. Nous sommes toujours un peu surpris devant des invitations aussi subites, alors nous l'avons téléphoné une heure plus tard pour confirmer le sérieux de la chose et notre monsieur était à faire les courses pour nous préparer un repas typique de l'Afrique du Sud, soit un potjie ( se prononce Poïki). Quel festin nous avons eu sur la terrasse de leur maison, donnant directement sur la mer. Ce repas ( Poïki )) est en fait un bouilli de viande ou poisson et légumes (dans notre cas ce fut de l'agneau, maïs, pommes de terre, carottes, brocoli et oignon) , mijoté pendant plusieurs heures dans une cocotte en fonte déposée sur une fournaise (BBQ) alimentée au charbon de bois. Ils ont servi ceci sur un lit de millet, le tout accompagné d'une salade.
Yohan est marié à Zivile (originaire de Lituanie- se prononce Jivila). Il y avait aussi la fille de Zivile (Laura et son bébé (Mia) de 14 mois), de Johannesburg, en visite pour la semaine. Quel accueil nous avons eu! Le champagne et le vin coulait à flots, des fraises, du fromage de Lituanie (vieilli depuis 14 ans) c'était fabuleux. J'avais apporté un poudding chômeur (dessert typiquement québécois) et René avait préparé un DVD avec des vidéo clips de nos meilleurs moments des deux dernières années puisque c'était surtout dans le but d'en savoir plus sur notre aventure qu'ils nous invitaient.
Le lendemain, ce fut à notre tour de les recevoir. Nous les avons invités à bord, avec Milo-One, pour venir passer la journée sur Cat Mousses afin de faire une petite sortie en mer pour aller voir les lions de mer de Seal Island, à deux miles nautiques de là. Nous avions préparé des sashimis (avec le thon jaune pêché lors de notre traversée), ainsi que diverses salades, fromage et oeufs cuits durs, ce qui a constitué un beau petit buffet pour le repas du midi. J'avais aussi des petits desserts maison (carrés aux pommes et gâteau au chocolat) ainsi qu'une spécialité locale délicieuse (Koeksisters) soit des torsades de pâtes cuites dans un sirop sucré (délicieux). Ce fut une bien belle journée à se prélasser sur le pont, à observer les lions de mer, en sirotant un bon vin. C'est dans ces occasions que l'on se rappelle la chance qu'on a de pouvoir s'offrir des excursions gratuites que l'on payerait normalement à gros prix. D'ailleurs, alors que nous étions au mouillage devant l'île, il y avait un bateau de touristes d'où on pouvait voir une cage. Dans la cage, il y avait 6 touristes vêtus d'un habit de plongée. Ces derniers, que l'on plongeait sous l'eau dans leur cage, tenaient une perche au bout de laquelle pendait un énorme morceau de poisson qui visait à attirer les requins blancs. Mentionnons que c'est autour de cette petite île comptant tout près de 3000 lions de mer que se tient la plus grosse école de requins blancs de tout l'Afrique du Sud. Charmant! Inutile de dire que ce fait a vite refroidi toute tentation de baignade ce jour-là!
Le lendemain, Zivile avait organisé pour nous une visite du musée maritime de Bartholomeu Dias, cet explorateur portugais qui fut le premier Européen à explorer la baie en 1488. Milo-One nous ont accompagnés et nous les avons initiés au géo-caching en faisant les 3 caches qui se trouvaient sur le site-même du musée. L'endroit où se tient le musée contenait la source d'eau potable où s'approvisionnaient les navigateurs. De même, près de cette source, se tient un grand arbre tortueux ( l'arbre postal) qui faisait autrefois office de boîte aux lettres. Les navires qui partaient vers l'Orient y déposaient leur courrier, que ramassaient les bateaux faisant route dans l'autre direction; on peut d'ailleurs toujours laisser du courrier dans cette boîte, l'envoi est ensuite tamponné d'un cachet spécial. La pièce maîtresse du musée est la réplique de la caravelle sur laquelle embarqua Dias en 1488. Cette réplique fut construite au Portugal et navigua jusqu'à Mossel Bay en 1988 pour commémorer le 500e anniversaire du voyage de Dias.
Le lendemain, veille de notre départ, nous avons fait une longue balade en longeant la côte vers le phare du Cap St Blaize: des paysages à couper le souffle. Quelle était belle cette mer déchaînée, mais comme aussi elle nous faisait craindre notre départ. En effet, Milo-One quittait la nuit même et nous quelques heures plus tard, au petit matin. Nous avons bien profité de ces derniers moments sur la terre ferme et avons poussé notre expédition jusqu'à une grotte naturelle grugée dans les contreforts de la falaise, une autre fantastique découverte que nous devons au géo-caching. En effet, nous n'aurions jamais soupçonné l'existence de cette grotte sans la géo-cache qui nous y a menés.
Nous avons ensuite salué nos nouveaux copains Johan et Zivile qui nous ont invité à revenir coucher chez eux avec mes parents lorsque nous repasserons en voiture d'ici une dizaine de jours. Nous sommes bien excités de cette invitation, ils ont l'intention de nous préparer un Braii (la version sud africaine d'un BBQ).
Ce matin, 7 déc 09h30, nous avons franchi une étape importante: nous revoilà maintenant dans l'Océan Atlantique. On a fêté ce passage avec une grosse barre de chocolat, plus que 6500 quelques miles nautiques avant de nous retrouver à Halifax tout près de chez nous.
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