Ce matin à 04h00, leur rapport de position était :
410.9 miles northwest of WALVIS BAY, NAMIBIA
Lat :22 deg 52 S
Long : 08 deg 0 9 E
Un gros thon jaune de 50 lbs ce matin. A manger pour plusieurs jours.
30 janvier 2013
En navigation entre la Namibie et l'île Sainte-Hélène
Récit no 236 - Le désert de Namibie
Vendredi dernier en avant-midi, nous sommes arrivés à Luderitz (Namibie). Nous y avons passé un total de quatre jours. Après avoir tant gelé sur la mer, à sentir le froid glacial du courant de Benguale (de l'Antarctique); c'est, pour ma part, coiffée d'une tuque et habillée jusqu'aux oreilles (bon, je suis peut-être un peu frileuse) que nous sommes aboutis directement en plein coeur du désert de Namibie. Quel choc! Pas un arbre, que des plaines sabloneuses à perte de vue. Surprenant comme décor. Ça n'a pas été long que la tuque a pris le bord, c'est qu'il fait chaud le jour! Heureusement, qu'il y avait le vent. Les nuits sont, quant à elles, très fraîches.
La Namibie c'est le dernier pays d'Afrique a avoir obtenu son indépendance. Ce fut une colonie allemande jusqu'en 1917, autrefois appelée South West Africa en raison de sa situation géographique. A l'est s'étend le désert de Kalahari alors que s'étend celui de Namibie sur la côte ouest. Luderitz est un joli petit village allemand du Sud du pays, perché entre l'Océan Atlantique Sud et le désert de Namibie; l'un des déserts les plus arides et inhospitaliers qui soit. Luderitz a fait la fortune des chercheurs de diamants de l'époque et est resté un endroit très isolé qui a su garder un cachet très historique. Cet endroit est, en effet, figé dans le temps, on les croirait (de par le style et l'architecture (art nouveau) du village), restés à l'époque des années 1900, intouchés par le 21e siècle. Nous avons, dès le lendemain de notre arrivée, visité le 'Ghost Town' un village fantôme appelé Kolmanskop où vivait toute une communauté allemande, venue exploiter le diamant depuis 1908. Le village, désormais sous juridiction sud-africaine, ferma officiellement ses portes en 1956. Cette visite guidée fut fort intéressante et instructive pour les petits comme pour les grands.
Le lendemain, nous avions réussi à mettre la main sur une voiture louée. Nous sommes donc partis vers Aus pour nous arrêter à Garub pour voir les chevaux sauvages (feral horses). Nous avons été agréablement surpris de découvrir un point d'eau où il y avait non seulement un attroupement de chevaux sauvages, mais où se cotoyaient également un groupe d'autruches et d'oryx (des bêtes parentes de l'antilope, aux très longues cornes droites et pointues). En PM, nous sommes revenus vers Luderitz pour explorer la péninsule. Nous sommes allés voir le Dias Point et sa croix. Les gars ont réussi à trouver la géo-cache qu'y s'y trouvait, mais les vents étaient si forts qu'on devait se tenir à la rembarde pour ne pas partir au vent. C'était franchement le vent le plus fort que nous ayons jamais expérimenté. Nous étions fort heureux de ne pas être en mer et d'avoir pu nous arrêter pour éviter ce coup de vent. Nous nous sommes promenés un peu partout à explorer tous les racoins de Luderitz, ce village vivant aujourd'hui principalement des fruits de la pêche et du tourisme.
Le troisième jour, après un peu de lessive, une petite épicerie de ravitaillement en produits frais, un peu d'internet et de l'administration diverse, nous avons visité le musée de Luderitz, portant sur l'histoire du minage, ainsi que la culture des tribus et l'histoire naturelle. Pierre est aussi allé admirer les vitraux de Felsenkirche, une Eglise évangélique luthérienne.
Nous avons repris la mer, au quatrième jour, soit mardi le 29 janvier. Il était temps, une dune de sable était en train de se former sur Cat Mousses. Au cours de cette navigation, le vent vient principalement de côté et trois quart arrière. Pour l'instant il n'est pas fort, ce qui rend la mer assez confortable, mais il forcira sous peu. Nous aurons eu le temps de bien nous amariner d'ici là. Jusqu'à date, tous (incluant Pierre) se portent bien. Tous continuent de bien manger et personne n'a été malade (on se croise les doigts). Hier, en fin de PM, peu après notre départ, nous avons eu droit à un spectacle inoubliable lorsque j'aperçus, à l'horizon, une série de plusieurs souffles sur l'eau. Je me demande encore ce qu'elles faisaient là à une date aussi tardive de la saison, mais toujours est-il qu'il y avait un groupe d'une douzaine de baleines à bosse qui se nourissaient à moins d'un mile devant le bateau. René a modifié notre route pour aller les observer de plus près. A une centaine de mètres, nous avons passé près d'une heure à les regarder faire leur ballet. Il y avait leur souffle en forme de buisson qu'on entendait très distinctement, on pouvait les voir travailler en équipe pour emprisonner le krill au centre du groupe. Au nombre qu'elles étaient, il y avait toujours plusieurs baleines à la surface. On les voyait déployer leur nageoire caudale (la queue) et à l'occasion sortir la tête de l'eau pour nous montrer leurs tubercules. Aussi, certaines claquaient leur nageoire pectorale sur l'eau, un moyen de communication sociale important chez les baleines à bosses. Certaines, nous ont même fait la surprise de sauter en dehors de l'eau. Franchement, ce fut une chance inouie de pouvoir observer un aussi large groupe de baleines, pendant un moment aussi magique. Il a bien fallu nous résoudre à partir, mais on ne se tanne jamais d'observer ce genre de spectacle de la nature.
Cette nuit, Pierre a décidé qu'il commençait à participer aux quarts de nuit. Il a fait le quart de 03h00 AM à 06h00 AM. Il a été occupé, il y avait pas mal d'action. Il a dû croiser au moins quatre bateaux lors de son quart. Disons que René et moi accueillons avec joie le fait de pouvoir bénéficier de quelques heures supplémentaires de sommeil pendant la nuit. Pierre apprend tranquillement la terminologie et le jargon de la navigation. Il travaille son équilibre, il a toujours l'impression d'être saoul. Il passe ses après-midi le nez plongé dans la bible des Glénans, il apprend vite. Le matin, il aide avec les classes. Il aide aussi beaucoup dans la préparation des repas, on voit bien qu'il aime cuisiner. C'est un épicurien, il aime la bonne bouffe, mais au-dessus de tout, les aliments santé, frais et naturels. C'est notre spécialiste des salades. Bref, on l'apprécie beaucoup.
Côté pêche, les pêcheurs ne chôment pas. Depuis hier, ils ont dû remonter une quinzaine de poissons. Malheureusement, nous les avons tous remis à la mer, puisqu'il s'agissait, à chaque fois, d'un poisson qui ressemble étrangement au barracuda ou thazard. Ces espèces sentent tellement le poisson, qu'on se permet de faire le nez fin et de les remettre à l'eau. Pourquoi pas, quand on a le luxe de choisir! A part une seiche et quelques poissons volants qui ont atteri sur le pont au cours de la nuit, la pêche a été tranquille après ce jour. Cet PM, un oiseau a mordu à la ligne, puis une dorade coryphène mais tous deux se sont décrochés avant qu'on ne les remonte.
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