Nouvelles des Navigateurs

Ce blogue a été conçu par Nycole - VE2KOU et se veut un point de rencontre
entre les navigateurs, familles et amis du Réseau du Capitaine et de la CONAM.

lundi 11 mars 2013

CAT MOUSSES - René et la famille en navigation

10 mars 2015
En navigation vers la Guyane française

Récit 240 - Passage à Natal

Il est 23h30, je suis de quart, nous avons repris la mer vendredi dernier, soit le 8 mars au matin. Il ne faut apparemment jamais prendre la mer un vendredi... les superstitions... voyons ce que ça donnera. Alors que nous devions mettre le cap sur Belem au Brésil,
950 miles au nord-ouest de Natal, le capitaine a eu un 'flash' et s'est dit que la navigation serait pas mal plus confortable si on partait
directement de Natal vers la Guyane. Nous assurant que ceci nous éviterait d'avoir à naviguer au près serré (notre cauchemar), il n'a évidemment eu aucun mal à nous convaincre. Nous avons une navigation de 1200 miles nautiques à faire vers Kourou. Les premiers trois jours
sont très confortables puisque nous naviguons au grand largue (vent sur la fesse arrière). Par contre, dès que nous franchirons, demain, la ligne de l'Equateur (notre quatrième fois déjà), nous passerons aux alizés du nord-est et aurons désormais, une allure plus au près.

Alors, entre-temps, depuis notre passage à Fernando de Noronha, il y a quand même eu cet arrêt de quatre jours à Natal, un port historique sur la pointe NE du Brésil, où se jette à la mer la rivière Potengi, dans laquelle nous étions mouillés. Nous sommes arrivés dans la nuit du lundi vers 01h30 AM. Heureusement, le calme relatif de la houle du large nous a permis de mettre l'ancre en attendant le petit matin, ainsi que le calme entre la marée ascendante et descendante, pour nous aventurer à pénétrer dans la rivière en passant sous le magnifique pont de Natal.

Nous avons tous été agréablement surpris de trouver un club nautique paisible, offrant de très confortables commodités sanitaires. Les enfants ont profité à fond de la piscine du club. En fait comme c'est un club privé réservé aux utilitaires, ils n'auraient (en théorie) pas eu le droit de se prévaloir de la piscine, mais personne ne les a chassés. De toute façon, en quatre jours, si ça n'avait été de nos moussaillons, personne n'aurait mis l'orteil dans cette piscine, qui était savamment entretenue tous les jours. Pas l'ombre d'un baigneur.

Notre passage à Natal a été bref (comme on les aime) mais combien intense. Dès le premier jour de notre arrivée, alors que Pierre et les garçons sont restés au Club en PM, de notre côté, René, Catherine et moi sommes partis en autobus en ville pour aller faire une petite reconnaissance de l'endroit. Nous avons fini par trouver un bureau d'information touristique, où nous avons passé environ 1h30 à baragouiner avec la responsable, dans notre meilleur portugais. Ici non plus, personne ne parle rien d'autre que le portugais. On se surprend de jour en jour, à pouvoir communiquer de mieux en mieux. René, avec son oreille musicale, comprend super bien, donc il s'occupe de déchiffrer alors que moi je suis la voix qui fait la conversation et pose les questions. On fait une bonne équipe. Une fois notre plan de visite élaboré, on file vers l'épicerie la plus proche, supposément pour faire une saut rapide avant de revenir au bateau. Erreur! De toute notre vie, jamais on n'a vu pareille lenteur aux caisses. C'est pas mêlant, on a passé une heure MINIMUM à attendre. Le plus drôle c'est que personne ne semble s'en offusquer, plusieurs n'ont qu'un ou deux items à payer et ont toute la patience du monde. Les madames portugaises ont compris elles. Elles vont se chercher des petits bancs dans le rayon des chaises de parterre et elles s'installent, l'une derrière l'autre, à papoter, assise sur leur petit banc.

Le lendemain matin, 5 mars, on réussit, grâce à un gentil Portugais du Yacht Club, à prendre contact avec une agence de location de Dune Buggy. Tout s'organise en deux temps trois mouvements, si bien que trente minutes plus tard, on se présente au lieu de rendez-vous avec notre pique-nique, prêts pour une journée d'aventure. Ici, les dune buggy viennent obligatoirement avec le chauffeur. Nous avons vite compris pourquoi. Ça prend des chauffeurs d'expérience pour faire les cascades de toutes sortes qu'ils nous ont fait vivre. WOW! Quelle belle journée nous avons eue! Toute la journée ils nous ont trimballés d'une dune à une plage, à une autre dune, puis des lacs et encore des dunes. Au total: 9 plages, 3 ou 4 dunes et quelques lacs d'eau douce en nous arrêtant en divers endroits, tantôt dans les dunes désertiques pour poser avec les ânes, les iguanes, puis les dromadaires. On nous a aussi arrêté pour faire des sauts en tyrolienne, de la glissade (toboggan) dans les dunes, puis faire un pique-nique. Bref, une journée haute en émotions, dont nous sommes revenus avec du sable dans tous les orifices (connus) de notre corps.

Le lendemain, nous avons d'abord visité la forteresse des rois mages d'où nous avions de beaux points de vue pour prendre des photos. Ensuite, nous avons pris le bus pour nous diriger vers la ville très touristique de Ponta Negra qui, bordée de dunes magnifiques, recèle de plages, hôtels, restaurants et centres commerciaux. On nous avait recommandé un resto (appelé Propheta) offrant un buffet 'all you can eat'. Pierre nous y a invité et nous avons super bien mangé, goûtant, par la même occasion, divers mets traditionnels. Ensuite, nous sommes partis à la recherche du 'backpacker' de Pierre, puisque dès le lendemain, le temps était déjà venu pour lui, de nous quitter. Difficile à croire que le temps avait passé si vite, il me semble que c'est hier encore qu'il débarquait sur Cat Mousses, à la mi-janvier à Cape Town. Avec l'aide de Thomas, il avait réservé ce backpacker, le jour de notre arrivée à Natal et son choix s'est avéré très judicieux: un bel endroit tout neuf et tout propre, la cadillac des 'backpacker'.

Le matin du 7, nous devons déjà faire nos adieux à Pierre. Il faut le dire, Pierre a été un équipier hors pair. Il faudra d'ailleurs, un certain temps, pour se remettre de son départ. Son absence se fera obligatoirement sentir; il était tellement impliqué. Plus de Pierre pour partager les quarts de nuit, une paire de bras de moins pour les manoeuvres (la cuisinière devra recouvrer sa fonction de bras), plus de prof privé pour Antoine... Au risque de me répéter, merci pour tout cher Pierre, bon retour au bercail et bonne chance dans tous tes projets.

Je disais donc, une fois les aurevoirs derrière nous, René et moi partons pour la journée, pour faire nos dernières emplettes et la ronde des papiers pour quitter le pays, le lendemain. On peut de facto dire que la bureaucratie brésilienne fera notre top 3 des administations les plus lentes et plus lourdes que nous ayions vues dans notre voyage à date. Elle se compare presque à celle de l'Inde et des Andamans! Somme toute, le Brésil fut donc deux brèves escales, mais combien efficaces et distrayantes. Les photos parlent par elles-mêmes. On gardera le Brésil comme l'une des destinations à explorer lors de notre future retraite, la retraite officielle que nous prendrons une fois les coffres re-remplis, quand les enfants auront quitté le nid familial pour voler de leurs propres ailes.

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