Nouvelles des Navigateurs

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samedi 27 juin 2015

50 WAYS - Marcel et Solange - RÉCIT CONVOYAGE

Convoyage de Tortola au Lac Champlain sur le voilier 50Ways

Le 21 avril 2015, Solange et moi quittons Montréal pour Tortola, Iles Vierges Britanniques. Après une escale à Miami nous arrivons à St-Thomas Iles Vierges Américaines. Un petit traversier et 50 minutes plus tard nous sommes rendus sur le voilier à Road Town, Tortola.

Le propriétaire Michel nous accueille à bord et nous fait visiter son voilier, un Jeanneau International de 50 pieds, de 1996. Ce voilier de 4 cabines avec 4 salles de bain est vaste et spacieux. Il mesure 16 pieds dans sa partie la plus large.

Le lendemain, nous installons mon radio ondes courtes, et l’antenne pour être en mesure de recevoir la météo lors de notre convoyage. Michel un autre équipier de Chateauguay se joint à nous. Vendredi c’est le ravitaillement pour au moins 10 jours en mer. Samedi le 25 nous partons pour un voyage de 1430* milles nautiques en mer pour nous amener à New-York. De là, remonter la rivière Hudson le canal Champlain et finalement le lac Champlain, un voyage d’environ 1700* milles au total.

Samedi midi le 25 avril nous quittons Tortola. La première journée se passe bien, pas de vent, nous filons à moteur jusqu’au lendemain matin. Enfin le vent se lève et nous montons les voiles, il fait beau soleil et le mercure tourne autour de 27.

Dimanche est une journée similaire mais le vent est plus présent, nous faisons une belle journée de voile. Vingt-quatre heures par jour chacun de nous fait un quart de veille de 2½ heures. De cette façon notre quart de veille revient à toute les 7½ heures ce qui nous permet de se reposer convenablement sauf bien entendu quand la mer est bien formée.

Lundi le 27 nous avançons toujours sous voile mais le vente monte un peu autour de 20-25 nœuds. Somme toute encore une belle journée.

Mardi le 28 le vent monte à 25 nœuds. On doit prendre 2 ris dans la grand-voile. On avance bien vers New-York.

Mercredi, le vent baisse beaucoup et nous revenons au moteur. Sur la radio ondes courtes, Claude du Réseau du Soir, nous annonce qu’il y a du mauvais temps devant nous et nous recommande de ralentir pour laisser passer cette dépression, ce que nous faisons. Nous réduisons la voilure pour ainsi réduire notre vitesse et laisser passer le mauvais temps plus au nord.

Jeudi le 30, nous progressons lentement, rien de spécial à noter.

Vendredi le 1er mai, le vent a monté passablement et il est face à nous. Le bateau plonge dans les creux de vagues et on se fait asperger royalement. On constate que plusieurs hublots fuient et laisse entrer beaucoup d’eau à l’intérieur. L’eau entre dans les cales et il faut actionner les pompes de cale. Plusieurs hublots ne sont pas étanches. Branle-bas de combat pour étancher les fuites. Heureusement les pompes de cale fonctionnent biens. Finalement on reprend le contrôle.

Une autre forte dépression au large du Cap Atterras nous affectera samedi et dimanche. Claude sur la radio nous annonce des vents du nord de 30-32 nœuds et des vagues de 11 à 18 pieds causées par la forte dépression au nord. Le vent est nord donc nous l’aurons en pleine face. Avant la nuit je décide de mettre le bateau à la cape, c'est-à-dire baisser toutes les voiles et attendre que la dépression soit passée. De cette façon le bateau se place en travers des vagues et dérive lentement du côté opposé du vent. Dès vendredi dans la nuit nous sommes affectés par cette grosse dépression et samedi le 2 mai nous la subissons. Une seule chose à faire attendre…

Samedi nous sommes à la cape toute la journée. On se fait brasser royalement… pendant 36 heures en tout. Le bateau gite d’un bord à l’autre et nous vais giter d’environ 30 degrés. Un manège de la Ronde qui tourne sans arrêts pendant 36 heures et par surcroit c’est gratuit… Pendant ces 36 heures à la cape, nous allons dériver vers l’est d’environ 28 milles nautiques.

Dimanche le 3 mai vers 6 heure nous remontons les voiles et avançons dans une mer encore très formée avec des creux de vague 12 à 15 pieds. La vie à bord est pénible. Jacques a un peu le mal de mer mais il s’en sortira bien, quant aux trois autres, Solange, Michel et Marcel, pas de problème.

Lundi le 4 mai, belle voile toute la journée et vers 16 heure le vent faibli, nous partons le moteur. Durant la nuit nous entrons dans un *eddie qui nous fait perdre 2.5 nœuds de vitesse pendant presque 24 heures. Nous allons finalement sortir de cet impasse le lendemain vers 21 heure.

Avec les informations météo reçus de Claude nous savons que pour les prochains jours les vents seront presque nuls. Notre réserve de diesel diminue rapidement. Il est donc impossible de se rendre à New-York. La seule solution pour nous est de rentrer à Océan City dans l’état du Delaware soit 225 milles plutôt que 350 milles pour New-York. Pas de pétrole, pas de vent, nous sommes dans le trouble. On peut être pris à attendre des jours…

Mercredi le 6 nous traversons le Gulf Stream, à moteur, avec un vent très léger du sud-ouest. Ici, dans le Gulf la température de l’eau est passée de 23 à 29 Celsius. En fait depuis 4 jours que nous sommes sortis de notre tempête nous avons de très belles journées ensoleillées mur à mur mais sans vent. Les dauphins viennent nous rendre visite, c’est toujours très agréable à voir. La pêche est bonne, Michel attrape une dorade.

Jeudi le 7 nous faisons un arrêt technique pour faire le plein de diesel. Nous mettons 97 litres dans le réservoir alors qu’il en contient 100 au total. Il nous restait environ 3 heures d’autonomie, après c’était la panne… A ce moment nous aurions dus attendre peut-être des jours avant de pouvoir finir notre route car il ne vente pas et l’expérience nous a démontré que les jours suivants furent sans vent. Je n’ose pas imaginer notre situation. Durant toute cette journée nous allons naviguer dans un épais brouillard sans radar et sans AIS. (Le Système d'identification automatique (SIA) ou Automatic Identification System (AIS) en anglais est un système d’échanges automatisés de messages entre navires par radio VHF qui permet aux navires et aux systèmes de surveillance de trafic de connaître l'identité, le statut, la position et la route des navires se situant dans la zone de navigation.)

Vendredi le 8 mai. Dans la nuit du 7 au 8 le brouillard persiste et se renforce. Je décide que nous ferons des quarts à deux contrairement aux jours précédents; sécurité oblige. Toute la nuit la brume sera telle qu’un pourrait la couper au couteau, un stress pour tout le monde afin de tenter de trouver tout ce qui pourrait nous aborder. L’humidité nous transperce le corps et nous pince jusqu’au os. Finalement vers 9 heure du matin le brouillard se lève et nous pouvons poursuivre notre route jusqu'à New-York, traverser le port et entrer à City Marina de la 79ième rue vers 13.30H.

Après 13 jours de mer quoi de mieux qu’un bon souper dans un resto sur Broadway et surtout une nuit calme et complète à bien dormir. Oufff… Michel nous quitte ici car compte tenu que nous avons pris plus de temps pour la remontée, il ne lui reste plus de temps pour continuer et prend le bus pour Montréal. Merci Michel pour ton aide très précieuse.

Le 9 mai nous remontons la rivière Hudson sur une distance de 60 milles jusqu'à Catskills à la marina Riverview. Lundi matin le 11, on nous descend notre mat pour le poser à plat sur le voilier. Nous pourrons ainsi poursuivre notre route, passer les ponts et les 12 écluses qui nous séparent du lac Champlain. Le 14 nous arrivons à destination la marina Monty’s Bay au nord du lac Champlain à quelques milles de la frontière canadienne.

Mission accomplie… un convoyage très difficile. Merci Solange, Michel et Jacques.

Quelques statistiques :

Le voyage a duré 18 jours et 2 heures
Nous avons parcouru 1856 milles nautiques dont 1590 en mer.
Le moteur a fonctionné pendant 197 heures soit 8 jours = 44% du temps.
Pas de statistique sur le vin et le rhum…



Portez-vous bien et à la prochaine.
Marcel et Solange


Note : * 1 mille nautique = 6076 pieds et 1 mille terrestre = 5280 pieds
Si nous faisons 1 nœud à l’heure nous avançons de 6076 pieds
soit 1.852 km / heure. Le même calcul s’applique pour la vitesse du vent.

Note : *Le Gulf Stream forme des anneaux d'eau, ou des tourbillons, qui peuvent influer sur la navigation. Ces tourbillons sont des sections de l'eau en mouvement qui tourbillonnent au large. Ces tourbillons sont constitués d'eau qui est différente de la température de l'eau qui les entoure. Sur la surface, les tourbillons sont habituellement environ 100-300 km de diamètre. Cependant, ils ne sont pas seulement des caractéristiques de surface. Ils sont des cylindres d'eau qui peuvent atteindre des profondeurs de près de 4000 m. Au nord du Gulf ces tourbillons tournent antihoraire

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