Nouvelles des Navigateurs

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jeudi 17 décembre 2015

JEAN DU SUD - Yves et Keven en Guadeloupe

Journal, du 6 au 14 décembre

Si je n’ai pas écrit ces derniers jours, c’est parce qu’il est arrivé un petit accident à Keven et comme notre journal est reproduit sur le réseau du Capitaine, je ne voulais pas inquiéter inutilement sa famille. Maintenant qu’elle est prévenue, je puis raconter ce qui est arrivé.

Donc, le samedi, on loue une voiture pour apporter le moteur depuis Deshaies, au nord de la Guadeloupe vers Pointe à Pitre, où Keven a un ami, Fred Boyer, qui s’y connaît en mécanique et à défaut, connaît des mécaniciens. Fred y travaille tout l’après-midi du samedi, mais comme il ne trouve pas le bobo, confie le moteur à Harold, un de ses amis qui y regardera dimanche. Ce qu’il fait, mais le lundi matin, il nous dit qu’il n’a pas réussi à trouver le bobo, que c’est probablement le carburateur, mais il n’y a aucun concessionnaire Honda dans les Antilles Françaises et il est difficile d’obtenir des pièces. Le mardi, on décide donc de nous rendre lentement vers Pointe à Pitre, mais de nous arrêter d’abord à la réserve Cousteau, une dizaine de milles au sud, où dit-on, la plongée est spectaculaire.

En arrivant dans l’anse de Malendure, face à la réserve Cousteau, on s’apprête à mouiller l’ancre, mais au cours de notre évolution, le vent nous manque brusquement et un bateau voisin évite vers nous. Keven se précipite à l’avant pour déborder, mais je ne sais pas comment il fait (et lui non plus), il se coince le pouce droit entre le balcon de JdS et le liston du bateau. Il me revient avec le pouce pissant le sang, disant qu’il a perdu une partie de son pouce. On mouille en catastrophe et débarque à terre, ou, par chance se trouve un taxi qui emmène Keven chez les pompiers (c’est la procédure en France), qui éventuellement l’emmènent à l’hôpital de Basse-Terre. Une radiographie révèle que l’os n’est pas cassé, seulement légèrement rogné au bout, mais qu’il faudra faire une greffe de peau le lendemain matin.

Finalement, il est opéré le lendemain midi (mercredi) ; on ne lui fera pas une greffe, simplement étirer la peau pour fermer la plaie. Mais ne sortira pas de l’hôpital avant le samedi suivant, car le chirurgien voulant observer la guérison (on est loin du virage ambulatoire). L’opération elle-même s’est assez mal passée, on lui a injecté accidentellement de l’anesthésiant dans une veine et le médicament s’est rendu au cœur. Keven s’est senti très mal, s’est plaint, était près de tomber dans les pommes, on a fait venir un autre médecin, on lui a appliqué des électrodes, on a pu le réchapper.

Fred, l’ami de Keven qui travaille à Pointe à Pitre, a pris un second samedi de congé (il avait passé la moitié du samedi précédent sur notre moteur) pour venir me retrouver à Malendure pour ramener JdS à Pointe à Pitre. Pour rejoindre P à P, il faut d’abord faire une vingtaine de milles sous le vent de la Guadeloupe, dans un vent variable ou inexistant, puis, une fois viré la pointe de Basse-Terre, faire une autre vingtaine de milles vent debout dans l’alizé, en tirant des bords. Si j’avais encore eu mes 40 ans, j’aurais osé le faire tout seul, mais je n’osais pas, je n’ai plus la même vigueur pour oser naviguer en côtière sans moteur. J’étais heureux qu’il s’offre à m’accompagner.

En quittant Malendure, on trouve d’abord un léger vent d’ouest, qui nous permet de naviguer sous reacher entre 2 et 5 nds (beaucoup plus souvent 2 que 5), puis quelques milles avant Basse-Terre, l’alizé revient, nous obligeant à remplacer le reacher par le petit génois et à prendre deux ris dans la grand-voile. Au près serré, on doit naviguer bâbord amure jusque à la hauteur des Saintes à une vitesse dépassant rarement les 3 nds à cause de la houle qui nous freine, avant de pouvoir prendre l’autre amure vers P à P. Heureusement, la nuit venue, l’alizé souffle un peu moins fort et la houle diminue, ce qui nous permet de gagner presque un nœud de vitesse et de larguer un ris. On atteindra le mouillage de l’îlôt Gosier à trois heures le dimanche matin. Vers 9 heures, on relève l’ancre et vient mouiller au Carénage, à Pointe à Pitre.

Conférence le même après-midi avec Harold, le mécanicien qui a tenté de réparer notre moteur ; il croit sans en être parfaitement sûr que le problème vient du carburateur qu’il n’a pas pu démonter entièrement à cause de vis qui sont grippées à l’intérieur. Comme ici on ne trouve pas de pièces Honda, on a le choix entre ramener un nouveau carburateur du Canada lorsque je reviendrai, ou remplacer carrément le moteur. J’opte pour la première option.

Le frigo du bateau était également en panne depuis au moins deux semaines, nous obligeant à acheter de la glace à tous les jours pour conserver nos aliments et boire frais. Ce matin (lundi), j’ai pu démonter le compresseur et l’emmener chez un spécialiste qui nous apprend ce soir que c’est le boîtier de contrôle qui déconne et qu’il nous le rapportera demain, réparé au coût de 150 euros. Je craignais d’avoir à remplacer complètement le compresseur, alors on s’en tire pas trop mal.

Comme il n’est pas sûr de la qualité des soins qu’il a reçus à l’hôpital de Basse-Terre, Keven a obtenu un rendez-vous dans une clinique qui se spécialise dans les soins de la main demain matin à 0830. Il est anxieux de faire vérifier le travail du chirurgien du centre hospitalier de Basse-Terre.

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