Nouvelles des Navigateurs

Ce blogue a été conçu par Nycole - VE2KOU et se veut un point de rencontre
entre les navigateurs, familles et amis du Réseau du Capitaine et de la CONAM.

mardi 16 juin 2009

Nathalie et Dominique de Gaspé aux Iles de la Madeleine







2009-06-15
De etoiledelune

C'est beau en maudit!

Samedi 13 juin 2009

En Gaspésie, nous frisons les latitudes boréales. Le soleil se lève un peu avant 4 h 30 il se couche à plus de 21 h 30 (dix-huit heures de jour! Et nous ne sommes pas à l'équinoxe). C'est surprenant comme le soleil du matin arrive rapidement. Sans prévenir par des lueurs d'aurores, il sort d'un bond, d'une lumière crue et vivre. Il réveille le visiteur qui à s'y méprendre se lève comme s'il était passé 7 heures ! Ca fait de longues journées! Tant mieux, il y a tant à faire...

Le soleil sort après nous avoir boudés pendant deux jours et demi. Il nous dévoile la pointe de Gaspésie. Saint Georges de Malbaie, antre vaste, un bras de mer bleue au creux de falaises qui se partagent entre les conifères et les feuillus heureux d'accueillir le printemps par leurs teintes d'un vert vif. La nature revit sous les rayons presque chauds du soleil. Des cabanons en bordure de falaise ouvrent leurs fenêtres sur une vue idéale.

Est-ce notre cabane au Canada?

Nous faisons Dom et moi une étude comparative pousssée en ce qui concerne les maisons, les situations de celles-ci. Promis à la fin de notre séjour au Québec nous vous rendrons, photos à l'appui, notre verdict et attribueront la palme de la cabane au Canada.

Quel est le plus beau panorama que nous ayons vu ? Est-ce celui qui s'ouvre face à Fort Prével?

Il y en d'autres, car nous ne sommes pas au bout de nos découvertes. Il y a, par exemple, plus loin vers l'est, le village de Percé. Il nous offre la mauvaise surprise d'être plongé dans la brume. Elle s'est levée peu avant que nous arrivions. J'avais tant rêvé de la roche percée. Des photos, des récits... s'il y a un seul site à voir en Gaspésie (ce qui n'est pas vrai, il faudrait au moins un mois rien que pour la Gaspésie !) Ce serait la Roche Percée.

Nous sommes au pied du quai et nous n'en voyons pas le bout. Nous sommes sur la plage et nous ne voyons pas la mer. Nous sommes au bord de la maison des pêcheurs nous n'en voyons pas le toit. Pour la première fois de ce voyage, je me sens profondément déçue.

Si la pluie de ces derniers jours ne nous a pas découragés, la brume d'aujourd'hui me cache l'une des curiosités que j'attendais le plus. Un chanteur de rue, Sylvain Lefebvre, gratte sa guitare. Il chante Félix Leclerc et tous les compositeurs québécois avec verve. Il attire la sympathie, il déride notre petit groupe déçu par le temps, il appelle le soleil d'une chanson qui chasse la brume. Nous reprenons le goût à son contact et nous nous inscrivons pour un tour en bateau.

Avant d'embarquer, j'empile mes légendaires couches de polaires, les unes sur les autres. A l'approche du célèbre rocher, nous le distinguons... à peine. C'est mieux que rien du tout. Je me console en regardant les fous de Bassan plonger derrière le bateau. Il y a des pingouins aussi. Une baleine nous fait un clin de nageoire et sonde à un mètre de nous, des phoques perdus dans la brume sortent le museau de l'eau. Nous débarquons sur l'île de Bonneaventure. Et là....

Là... le ciel se déchire, d'un seul coup, le bleu vient à nous. Le beau bleu du Québec, aussi franc que son bel étendard fleurdelisé. Nous atterrissons dans le village ancestral des pêcheurs à la morue.

Du haut de l'île de Bonaventure, la magie de la Roche Percée et du cap Blanc nous apparaît, magnifique, majestueux, incomparable paysage où se découpe la masse rouge du rocher percé sur fond d'azur . Sur l'île, nous partons pour un marathon. En deux heures chronométrée, nous la traversons de part en part pour rejoindre la colonie de fous de Bassan. Ils sont des milliers à quelques mètres de nous. Séparés des touristes par un cordon de chanvre, chacun dans son camp.

Curieusement les fous restent de leur côté et les touristes un peu voyeurs les scrutent de leurs objectifs. Sans aucune pudeur, ils se livrent devant nous à la fabrication des futurs petits fous. Les couples sont formés pour la vie. Leur parade amoureuse révèle toute leur fierté d'être fou. Ils se frottent le bec l'un contre l'autre et lèvent la tête haute et pédante. Se donnant des airs de noblesse... Quelle parade des z'amours....

Retour à Percé. Il est temps d'aller à Chandler, pour aller prendre le traversier vers les îles de la Madeleine.

Dimanche 14 juin

Au petit matin, nous arrivons dans le brouillard sur l'île de la Madeleine. Nous ne voyons pas même le quai sur lequel nous accostons. Décidément, ce rideau... fait grise mine. Il fait froid et nous tournicotons à la recherche de notre gîte sur l'île.

Yvonne, notre hôtesse illumine nos espoirs. Elle nous décrit la vie de la famille, les voyages, les Madelinots et les Madeliniennes (attention! n'allez pas chercher des Madelinottes, ou autre qualificatif... c'est bien comme je vous le dis. Un Madelinot. Une Madelinienne ! Vous serez prévenu). Il fait pas beau quand nous sortons de notre antre madelinot, mais nous avons le coeur réchauffé d'espoirs de découvrir, quand le ciel se lèvera toutes les merveilles de l'île.

En attendant, direction le Havre Aubert. Là nous attend Richard, VA2BS du bateau Isobar. Nous mettons un visage sur une voix et lui en fait autant pour nous. Il reconnaît André tout de suite. Qu'il est heureux ! Ses yeux teintés d'embruns, son visage buriné parle de la mer sans même qu'il ait besoin de l'évoquer. Il est heureux de nous dire que le Réseau du Capitaine, c'est plus qu'on ne le croit. Il est heureux de nous dire à quel point lorsqu'il est seul à bord, la présence de ces voix est une vraie compagnie... Il en a plein la bouche.

Il entraîne André dans son bateau, il veut lui montrer sa station. Il veut nous dire... tant et tant les yeux humides et son chien Loupito fait une heureuse diversion entre nous. Emu de cette rencontre, Richard me fait deux beaux cadeaux. En premier, il me dédicace et m'offre son livre tout simplement intitulé "Isobare", comme son bateau. Une boucle atlantique racontée avec la plume trempée dans l'embrun. Une poésie de la mer, son expérience. Puis, il nous entraîne à la journée portes ouvertes de l'aquarium tout à côté de son bateau.

Là, je peux voir des phoques de très près. Ils séjournent le temps de l'été à Havre Aubert, ils sont nourris, logés, blanchis et ils repartiront repus de poisson vers le large en fin de saison. Une bien jolie façon de recueillir des jeunes en difficultés et de les rendre tout dodus à la vie de la mer...

Au retour vers notre gîte, le voile se déchire. La merveille est au rendez-vous ! Un coucher de soleil au phare de Fatima. C'est inexplicable, il faut le vivre! En cinq années de voyage, je n'ai jamais rien vu de tel ! Aucune nuance. Tout est franc, net, précis, comme le caractère québécois. Le ciel bleu franc, la mer découpée en ligne droite, la nature d'un vert éclatant, un phare blanc dressé vers le ciel, des formes alambiquées de la falaise rouge vif... Mon Dieu que c'est beau!

Nous fêtons cela avec de beaux gros homards pêchés du jour. Tous nos amis attendent la comparaison. Homards ou Langoustes? Et bien je vous dirais que le homard c'est très bon. C'est charnu, le goût est fin... André m'avait prévenu, tout ce qui vient des mers froides est meilleur que ce qui a macéré dans les mers chaudes ! Il a raison ! C'est excellent, on en redemande !

Lundi 15 juin, le soleil sera avec nous du soir au matin.

Finalement, l'intermède nuageux n'aura duré que 3 jours, et encore, chaque jour nous aurons vu le soleil le matin au cap des rosiers, l'après-midi sur l'île Bonaventure et le soir au cap Fatima. Que demander de plus?

Aujourd'hui, nous nous baladons le nez en l'air, le front joyeux de s'éclaircir sous le soleil. A l'île de la pointe aux Loups, les pêcheurs entrent au port après avoir cueilli les homards au large. Ils sont contents, la pêche est bonne et le temps est au beau. André entre en contact avec les capitaines. C'est vrai qu'avec 40 noeuds de vent, les conditions sont si rudes que les bateaux ne peuvent pas sortir du port. Au havre de la pointe du loup, ils sont les derniers à remonter les bateaux en cas de mauvais temps. Système ancestral, où sur un toboggan de bois, les bateaux sont hissés par un système de treuils. Ingénieux. Et surtout c'est le dernier mécanisme qui existe au Québec.

La pêche au homard dure 2 mois, il est pêché dans 80 à 90 pieds d'eau, à 5 milles au large, les pêcheurs partent vers 3 heures du matin et reviennent avant midi.

Notre journée fut si riche en rencontres. Les Madelinots sont accueillants, généreux. Ils s'arrêtent et laissent tout pour nous expliquer un pan de leur île, nous guider, nous raconter... Quelle belle vie! Et puis, aux îles de la Madeleine, c'est aussi riche en couleurs. Les maisons peintes de toutes les couleurs, les falaises rouges, grises, les dunes dorées, la mer et ses variantes passant du vert jade au bleu profond, les lagons aux teintes presque mauves, l'herbe folle et les nuances des fleurs des champs...

Une très très belle journée qui se finit par une glace... Chacune la sienne... Pour moi c'était parfum banane et chocolat nappé de chocolat chaud.
Ca c'est COCHON! (pour nos petits français, "cochon" ça veut dire "trop bon!")

Demain nous reprenons le bateau vers Montréal. Là, il n'y aura pas d'internet. Alors ce soir, je vous fais une orgie de photos...
plein de bizzz et nous nous retrouverons vendredi prochain, pour la suite de nos aventures au Québec

Nat et Dom de l'étoile de lune

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