Nouvelles des Navigateurs

Ce blogue a été conçu par Nycole - VE2KOU et se veut un point de rencontre
entre les navigateurs, familles et amis du Réseau du Capitaine et de la CONAM.

Aucun message portant le libellé V. Jean du Sud. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé V. Jean du Sud. Afficher tous les messages

mardi 7 juin 2016

JEAN DU SUD - Yves - RÉCIT DE NAVIGATION

Chesapeake

Le 28 septembre 2015, Jean-du-Sud quitte Oka sur sa remorque, en direction de la baie Chesapeake, et touche l’eau à Galesville MD, au sud d’Annapolis, tout près de la maison d’un ami, Doug Wintermute, située au bord de l’eau, où on disposera d’un pied à terre et où on pourra laisser camion et remorque pour les prochaines semaines.

Keven Grondin, un jeune de 24 ans, s’est proposé comme équipier, disant qu’il rêve d’une traversée depuis quatre ans. Sans le connaître, j’ai répondu embarque ! J’ai eu ensuite le bonheur de voir qu’il était marin dans l’âme et de découvrir en lui le fils que j’aurais aimé avoir. J’ai apprécié chaque moment de sa présence à bord au cours de ses six derniers mois.

Il y a aussi Michel Sacco, venu pour deux semaines explorer la baie Chesapeake en vue d’écrire un article sur pour son magazine L’Escale nautique (qui paraît dans le no 88, hiver 2016)

Au Salon d’Annapolis, on fait la rencontre de Andy Schell et Mia Karlsson, organisateurs du Rallye Carib 1500. On se connaissait déjà, Andy ayant installé il y a 6 ans un CapHorn sur son bateau Arcturus avant de traverser l’Atlantique vers la Suède, où lui et Mia se sont mariés. Ils nous invitent à nous joindre à la flotte qui doit traverser depuis Portsmouth VA vers les Vierges Britanniques et on accepte leur invitation avec plaisir. J’acquiers quelques connaissances supplémentaires dans les séminaires préparatoires au le départ, suis invité à projeter mon film dans le cinéma local et rencontre plusieurs personnes intéressantes dans les autres équipages. Je constate qu’Andy est un aussi bon organisateur durant le jour qu’un bon animateur en soirée.

Traversée

Le temps instable nous force à retarder le départ de quelques jours et à l’aube du 11 novembre, 30 voiles quittent Portsmouth ; en mi-matinée, Jean-du-Sud sort de la baie Chesapeake et deux jours plus tard, on a déjà deux ris dans la grand voile. On constate aussi que le moteur hors-bord monté sur la hanche bâbord ne marche plus et Keven remarque que près de la moitié des coulisseaux qui fixent le petit génois à son enrouleur sont cassés, et que deux sections du profilé se sont déconnectées. Pour affaler la voile, il faudra grimper au mât et détacher la drisse de l’émerillon. Des enfléchures dans les bas-haubans permettent d’atteindre les barres de flèche et des marches sur le mât, de grimper plus haut, mais je suis tout de même heureux que Keven l’ait fait à ma place.

Si Jean-du-Sud avait été gréé comme tous les autres bateaux, ces deux pannes, perte du moteur et perte de la voile d’avant nous aurait contraints de faire demi-tour. Mais il n’est pas comme tous les autres, il grée deux étais en parallèle à l’étrave : sur celui de bâbord est un enrouleur avec le petit génois, à tribord, est endraillé le grand génois. Nous avons donc pu endrailler le petit génois sur l’était bâbord au-dessus de l’autre en utilisant des « tie-wraps » en nylon. On ne pourrait plus ariser le petit génois ou hisser le grand, prisonnier en-dessous de l’autre, mais le grand ne nous a jamais manqué, nous avons toujours eu plus de vent que nos besoins. En réduisant la voilure d’avant, il y avait un écart important entre le petit génois et le tourmentin, hissé sur l’étai de trinquette et tantôt on était légèrement surtoilés, tantôt sous-toilés, mais au moins on pouvait toujours naviguer.

El Niño sévissant dans le Pacifique à l’automne 2015, cette traversée de 1500 milles entre la côte américaine et les Antilles est très sportive : vent le plus souvent sur l’avant du travers et trois ris à la grand voile plus de la moitié du temps, ce qui est exceptionnel. Nous atterrissons à Saint-Martin douze jours et demi après avoir quitté Norfolk.

St-Martin - Union

Impossible de réparer le moteur à St. Martin. On continue vers St-Barth, ensuite la Guadeloupe. L’alizé soufflait encore fort, et du sud de l’est, alors on a dû naviguer au plus près et à l’occasion tirer des bords pour nous élever au vent.

En mouillant à la réserve de Malendure, sur la côte ouest de la Guadeloupe (toujours sans moteur), on perd soudain le vent et Jean-du-Sud dérive vers un autre bateau au mouillage. Keven s’élance à l’avant pour déborder, mais le bout de son pouce droit se retrouve coincé entre notre balcon et la coque de l’autre, et est coupé. Aussitôt l’ancre au fond, on fonce à terre où heureusement, on trouve un taxi. Keven passera 4 jours à l’hôpital à Basse-Terre où son pouce, dont il a perdu quelques millimètres, a été recousu.

On apprend que le problème du moteur est causé par quelques vis à l’intérieur du carburateur qui sont grippées, ce qui rend impossible de l’ajuster, il faut remplacer le carburateur au complet. Il n’y a pas de représentant Honda en Guadeloupe et faire venir des pièces depuis l’étranger serait à la fois long et hors de prix. Comme je dois revenir au Québec pour Noël, je ramènerai les pièces à remplacer à mon retour. On mouille Jean-du-Sud sur deux ancres empennelées à l’entrée de la marina Bas-du-Fort de Pointe à Pitre et je prends l’avion pou Montréal le 20 décembre. Keven passera trois semaines à bord, mais Ainoha, sa blonde Basque-Espagnole l’y rejoint en guise de cadeau de Noël.

Deux heures après mon retour, le 10 janvier, le nouveau carburateur est installé et le moteur fonctionne. Ainoha est toujours avec nous, elle rentrera depuis la Martinique. Après avoir passé près d’un mois à l’ancre, tous ont hâte de partir et dès le lendemain, on traverse aux Saintes, puis vers la Dominique et la Martinique. Je constate que celle-ci a bien changé depuis ma dernière visite, quelque 40 ans plus tôt. Les yachts s’assemblaient à Fort de France et en face, à l’Anse Mitan, maintenant tous se retrouvent au Marin, port qui n’existait pas encore à l’époque. Des milliers de bateaux se retrouvent dans ce trou à ouragan, la plupart encore actifs, d’autres sont couverts de berniques, d’autres encore sont des épaves à moitié coulés, mais toujours au mouillage.

Heureusement, les anses d’Arlets sont toujours aussi jolies et après avoir visité les autres jolis mouillages de la côte sous le vent, on veut aller jeter un coup d’oeil sur la côte au vent, qu’on dit d’autant plus jolie qu’elle est peu fréquentée, parce qu’elle ne peut être atteinte qu’en remontant au vent. De Sainte-Anne, il faut contourner l’île par le sud, on et remonter le vent sur 10 milles avant de trouver abri dans la baie des Anglais, sur la côte au vent. Le lendemain, il faut encore naviguer 8 milles au près serré pour atteindre l’abri de la passe du Vauquelin. Le récif n’est pas continu et pour atteindre certains mouillages, il faut parfois affronter l’alizé sans protection. Je m’aperçois que je tente peut-être un peu ma chance en venant jouer au vent de cailloux avec un bateau qui ne dispose que d’un moteur hors-bord sur la hanche... On passe une semaine sur cette côte et visite plusieurs jolis mouillage, la perle étant l’îlet Thierry où le récif aplatit la mer, mais ne bloque pas la vue vers l’est, offrant une palette de différents tons de bleu, selon la profondeur de l’eau et la nature du fond. Pour quelqu’un qui aime le bleu, je suis servi.

Après le départ d’Ainoha, on navigue d’île en île jusqu’aux aux Grenadines et fin février, sommes revenus en Martinique. Il reste du temps avant de remettre le cap au nord et Keven suggère un détour vers Cuba ; ce sera une traversée facile, vent arrière dans l’alizé, Santiago est à 1000 milles sous le vent. Je réplique : « Gentlemen don’t go to windward ! ». La difficulté ne sera pas d’y aller, mais d’en repartir : depuis Santiago, il faudra remonter 100 milles contre vent et courant dans ce qu’on appelle le Windward Passage. Keven : « Il suffira d’attendre une panne d’alizé, en mars elles sont de plus en plus fréquentes… » OK, j’avais moi aussi envie de voir Cuba. Gwen, une copine bretonne de Keven, se joint à l’équipage, ce sera sa première traversée. Le 3 mars, on met le cap à l’ouest, dans un alizé timide, prévoyant faire la traversée d’une seule traite.

Je ne doute pas de la compétence de Keven et avant de quitter la Martinique, l’ai nommé skipper, je ne serai qu’équipier. À la fin du cinquième jour, alors qu’on est au sud de la république Dominicaine, le vent du nord-est prend du muscle et nous force à réduire à trois ris, puis au tourmentin seul, enfin, coup de vent, à courir à sec de toile toute une nuit. Pendant trois jours, ça cogne, ça arrose, ça secoue ! Pour nous reposer et nous sécher, on décide de relâcher à l’Île à Vache, sur la côte sud d’Haïti, 150 milles devant nous.

Ile à Vache

Nous n’avons pas la carte de détail de l’Île à Vache ; par contre, nous avons à bord le livre Escales de Grande Croisière de Jimmy Cornell qui signale une marina avec pontons, moorings, électricité, eau, et même laverie et Wifi dans un endroit appelé Port Morgan, situé sur la côte sud de l’Île. Sur la carte générale il n’y a aucun endroit de ce nom, alors on longe à distance prudente la côte sud de l’île, qui est quasi rectiligne et n’a aucune baie pouvant abriter une marina. Au bout de six milles, la côte s’incurve vers le nord-ouest, formant une ou deux anses où ce serait possible. Mais non, il faut contourner l’ile par le nord et revenir dans une baie contenant un joli bassin indiqué sur la carte comme étant profond d’un ou deux mètres, mais en fait profond de six ou sept, où cinq voiliers sont déjà à l’ancre (dont un équipé d’un CapHorn !), où on mouille vers 1530. Deux bateaux arrivent après nous le même jour, le génois du premier est défoncé et son vit de mulet cassé ; un knock-down a arraché les panneaux solaires de l’autre, défoncé un capot et emporté son dinghy ; cela atteste de la violence de ce coup de vent que Jean-du-Sud a étalé sans dégât. Keven s’est révélé encore plus prudent que moi quant à la toile à porter, j’aurais parfois réduit plus tard ou renvoyé plus tôt, mais c’est mieux ainsi.

Dès notre apparition dans la baie, on est assaillis par des « boat boys » de tous âges qui nous offrent leurs services ; ils arrivent sur une variété d’engins flottants qu’ils doivent écoper souvent, propulsés par tout ce qui peut servir, planches, perches, même la tige d’une palme de cocotier ; ils nous proposent une visite de l’île, demandent si on a quelque boulot pour eux, si on a des vieilles voiles, des vieux cordages qui pourraient servir à leur père qui est pêcheur ou du lait pour leur mère qui a un bébé, ou seulement un biscuit… Ils restent là, agrippés à la filière, jusque à ce que l’on cède. Ils sont toutefois très polis. La conversation commence invariablement par la question : « Comment t’appelles-tu ? Moi je m’appelle Wenson, ou Bélizair. Si tu veux, je peux te l’écrire sur un papier…

Dès l’ancre au fond, ménage et séchage, après le gros temps des derniers jours. On avait prévu souper à terre ce soir. On débarque et monte à l’hôtel (celui qui devait construire la marina, mais en a été empêché par les gens de la place qui voulaient continuer à gagner leur vie avec les bateaux) ; l’hôtel est fermé faute de clients, mais à la cuisine, on dit qu’on pourrait nous servir à souper pour 35$US par personne. Pas de Wifi non plus ! Ashley, le premier boat boy à avoir atteint notre bateau, et qui nous guidera par la suite, nous a dit que, si l’hôtel ne peut pas nous recevoir, une dame fait à manger un peu plus loin sur le chemin. On marche quelques centaines de mètres dans un chemin boueux et arrive dans un endroit éclairé par un timide lampadaire où brûlent deux feux par terre ; quelques casseroles sur une table, des sacs de légumes et des bidons d’huile ou d’eau sur la terre battue, deux bancs à angle droit, faits de deux poteaux verticaux plantés dans la terre reliés par un 2 x 4 à l’horizontale sur lequel on s’assoit pour manger. La seule table supporte les autres ingrédients, les casseroles, etc. On peut nous servir poulet, plantain, patate douce pour 10 $ par personne. Ashley nous avait pourtant dit qu’on mangerait pour 3$. Méprise, les dollars sont des dollars d’Haïti, pas des US (on ne dit plus gourdes, semble-t-il). N’ayant pas encore la monnaie du pays, on se met d’accord pour 3 euros par personne. On désire notre poulet bouilli ou frit ? Frit ! On nous servira finalement sur une assiette de carton un pilon accompagné de tranches de patate douce et de plantain, frits aussi et d’une salade de choux. On mange avec les doigts, assis sur le 2 x 4, notre assiette dans les mains. Assez bon, toutefois. Toute une expérience !

Le lendemain matin, Keven et Gwen prennent le canot qui va aux Cailles, sur le « continent », à quelque 7 milles de l’île, où il y a, d’après Ashley, un supermarché. Vingt-cinq personnes bien comptées s’entassent sur un canot d’une vingtaine de pieds non ponté, propulsé par un moteur hors-bord, pour se faire doucher d’embruns pendant 45 minutes abrités sous une bâche trop courte. Aux Cayes, pas de supermarché, qu’un marché public. Ils reviennent en après-midi avec quelques fruits et légumes locaux ; trouver du papier hygiénique a même été un exploit.

En matinée, une pirogue dans laquelle prend place un couple d’âge moyen accoste Jean-du-Sud ; ils s’appellent Doudou et Vilna et offrent un « souper créole » chez eux, à une vingtaine de minutes de marche. J’accepte pour ce soir, mais à confirmer après le retour de Keven et Gwen. Un peu plus tard, Doudou revient montrer les poissons qu’il a achetés d’un pêcheur et que Vilna va nous servir. C’est confirmé dès le retour de Keven et Gwen, on convient du prix de 10 $US par personne ; il nous attendra au débarcadère à 1730 pour nous guider chez lui.

On l’y rejoint à l’heure dite. En route vers chez lui, à une bonne demi-heure de marche, on apprendra que son vrai nom est Alexandre-Salomon, mais il est connu sous le surnom de Doudou, qu’avec sa femme Vilna, ils ont quatre filles, que la population de l’Île à Vache est de deux mille personnes qu’on appelle Lavachois et Lavachoises (Lavachwaz en Créole), que l’ex-président Martelli était apprécié, et qu’on construira un aéroport « international » à l’extrémité est de l’Île. Le souper est déjà prêt, mais avant de passer à table, Vilna tient à nous faire visiter sa maison : une pièce commune à l’avant, trois chambres à la suite, avec deux lits dans chacune. Une marmaille de petites filles grouille et rigole autour de nous, certaines sont les leurs, d’autres sont leurs petites-filles, leur ainée ayant 23 ans.

Cette fois-ci, on mange à table ; il y a trois assiettes et trois cuillers à soupe. Poisson frit, purée de mangue, riz aux haricots. La bouffe est bonne, on mange à notre faim. Il n’y a pas d’électricité sur l’île, on s’éclaire avec deux lampes Led, rechargeables au soleil. Doudou possède un panneau solaire, mais pas de batterie ; lorsqu’il était venu proposer ses services, il m’avait timidement demandé si j’avais une batterie et je lui avais donné une demi-douzaine de petites piles de lampe de poche ; je comprends maintenant qu’il en cherchait une de douze volts.

Keven avait convenu avec Ashley que lui et son copain Jasmin viendraient nous prendre avec leurs motos à 19 heures chez Doudou pour nous mener « en ville » boire quelques bières et danser. Keven et Gwen sur la moto d’Ashley, moi sur celle de Jasmin, à rouler sur une route toute en trous et en bosses qui tient davantage d’une piste de moto cross que d’une route. Il n’y a d’ailleurs pas de voitures sur l’île, faute de routes. Une demi-heure plus tard, on arrive « en ville » ; il faut croire nos guides, on ne voit aucune lumière qui trahirait la présence d’une ville. Un petit groupe électrogène gronde sur le perron de l’« Amical Bar » pour en éclairer l’intérieur et alimenter une sono qui diffuse à vous péter les tympans de la musique d’Haïti. À notre arrivée, l’endroit est presque vide, mais se remplit à mesure que la soirée avance. On y reste deux heures, boit quelques bières, mais personne ne danse. Une autre demi-heure à nous faire sauter le derrière sur la piste et les deux motos nous ramènent au dinghy vers 23 heures.

Menus travaux à bord en matinée du lendemain. En fin d’après-midi, Ashley nous fait visiter son village ; celui-ci est très propre, la terre battue est balayée, il n’y traîne aucune feuille morte et les maisons sont joliment peintes. Sur la grève, à l’aide d’outils uniquement manuels, on construit des canots à voile destinés à la pêche. Je regrette de ne pas avoir apporté d’appareil photo, on reviendra en faire demain.

Le lendemain est jour du Seigneur et les gens sont endimanchés ; une dame dans un élégant tailleur, chaussée de talons hauts, marche sur la terre battue. Deux offices religieux se déroulent en même temps, on entend les chants de l’un et le prédicateur de l’autre. La visite se termine à la boulangerie du village où dès qu’ils sortent du four, on achète des petits pains et rentre à bord, pour lever l’ancre le jour même à destination de Cuba.

Cuba

Trois jours plus tard en matinée, l’ancre tombe dans la baie de Santiago, sur la côte est de Cuba. On nous dirige vers un mouillage à l’écart où se trouve déjà un autre voilier arrivé peu avant nous, pour attendre l’inspection sanitaire. On l’attendra jusqu’au milieu de l’après-midi ; il semble qu’un paquebot de croisière arrivé avant nous ait retenu le médecin.

Celui-ci s’appelle Luis et s’adresse d’abord à moi. Il tombe des nues lorsque je le lui révèle que le « capitan » n’est pas moi, l’aîné, mais le plus jeune, Keven ; et cela tombe bien, il parle aussi espagnol, l’ayant étudié au cegep et séjourné 7 mois au Mexique. Docteur Luis prend d’abord notre température pour s’assurer que nous sommes vraiment en bonne santé ; il réclame ensuite nos certificats d’assurance médicale. Une bonne heure plus tard, on est autorisés à accoster à la marina où il faut encore présenter nos passeports à l’immigration et répondre aux questions : « Avez-vous de la viande, des fruits, des légumes ? etc… » Ensuite à la douane où trois agents accompagnés d’un chien viennent renifler le bateau. La procédure entière prend plus de deux autres heures.

Les Cubains sont accueillants et j’apprends que le charme de Keven a opéré une nouvelle fois : le docteur Luis nous invite à dîner chez lui demain soir, en compagnie du couple de l’autre bateau arrivé avant nous.

La marina consiste en un quai en ciment en forme de U, où accostent déjà une dizaine de voiliers, au prix d’une douzaine de dollars par jour. La ville de Santiago est à 7 kilomètres à l’intérieur de la baie, on n’est pas autorisés à aller mouiller devant la ville et le taxi pour y aller coûte 10$. Il y a des bus, mais on ne sait pas quand ils passent. Aussi un bateau à 1$, qui y va 3 fois par jour ; on le prend le lendemain pour aller faire des courses, il ne reste presque rien à manger à bord, il n’y avait rien à acheter en Haïti.

La ville de Santiago est bruyante, pas spécialement intéressante (c’est la deuxième ville de Cuba après La Havane). Au débarquement, on est assaillis par des gens qui nous offrent le taxi, le guide, etc. On trouve un distributeur de billets qui nous remet des CUC (peso cubain convertible, valant 1 $US qu’utilisent les touristes, les Cubains payant en pesos, 24 au CUC). On pourra acheter des cartes internet et téléphone en faisant la queue devant un bureau face à la place où se trouve le seul réseau wifi dans tout Santiago ; 2 CUC pour une heure d’internet et 5 CUC pour 3 minutes de téléphone à l’étranger. L’après-midi y passe : les touristes entrent un à un dans le bureau et présentent leur passeport pour que la préposée en note le numéro dans un registre, à côté de celui de la carte, en prenant bien son temps, elle n'est pas payée à la pièce. Vers la fin de la journée, il n'est pas rare que les cartes viennent à manquer, alors revenez demain.

Sa carte en main, on monte sur la terrasse de l'hôtel Casa Granda en face, car bien que le réseau wifi arrose la place, on n’y trouve pas d'ombre. On préfère télécharger ses courriels devant une bière, on se déconnecte le temps de les lire et de rédiger les réponses, puis se reconnecte pour les envoyer. Le courriel semble fonctionner assez bien, mais de nombreux sites ne sont pas disponibles, dont ceux de certains journaux. Naturellement, il n'y a pas d'échange de courriel avec les USA.

Nos courriels expédiés, on part à la recherche de quelques bouteilles en vue de la soirée chez le docteur Luis, mais plusieurs magasins sont fermés en raison d’une récente « fumigacion » qui doit éliminer les parasites, car il y a eu quelques cas de fièvre maligne. On finit par trouver quelques bières et bouteilles de vin pour la soirée et un pain et quelques fruits pour demain matin. Pour le reste de l’avitaillement, il faudra revenir, il est trop tard, il ne reste presque plus rien, le meilleur choix au marché est en matinée,.

Je croyais que c’était le charme de Keven et sa connaissance de l’Espagnol qui nous avait valu cette invitation chez le docteur Luis. Erreur. Le bateau arrivé peu avant nous hier était mené par un couple de Bretons, Titou et Cathy, qui sont musiciens. Titou est pianiste et Cathy l’accompagne à la percussion (Titou était même venu au Québec il y a quelques années, jouer à la Fête des Chants de Marins à Saint-Jean-Port-Joli). Luis, le docteur, est amateur de musique et les a invités chez lui lorsqu’il a visité leur bateau avant le nôtre, en demandant à Titou d’emmener son piano électronique. Une cousine musicienne de Luis, Ileana, est aussi de la fête ; tantôt c’est Ileana qui chante en s’accompagnant à la guitare, tantôt c’est Titou au piano et Cathy à la percussion, tantôt les trois ensemble. Toute la soirée, on entend de la musique cubaine, mais aussi sud-américaine, espagnole..., tous les genres y passent.

Keven réclame des chansons de son chanteur cubain préféré, Silvio Rodriguez et la discussion devient soudain politique : ce dernier chante la révolution, bien sûr, mais en dénonce les dérives ; étant poète, il était non conventionnel et on l’a envoyé dans un camp de rééducation, comme on l’a fait pour des homosexuels et autres marginaux. Ma connaissance limitée de l’Espagnol me permet de suivre approximativement la conversation et Keven, lorsqu’il le peut me donne quelques tuyaux, mais celle-ci est animée. La soirée se termine à 23 heures, le retour à la marina se faisant dans une voiture taxi d’origine soviétique qui date des années 50, à la carrosserie abondamment rapiécée, et au pot d’échappement défoncé ; je ne saurai jamais si les multiples cahots qu’elle fait sont dus à ses amortisseurs finis ou à la mauvaise qualité de la chaussée.

On prévoyait parcourir les 1000 km d’ici à la Havane à bord d’un train de nuit. Renseignement pris, ce train ne semble pas fiable et tombe souvent en panne. L’avion étant hors de nos prix, il reste le bus, mais celui-ci ne part que lorsqu’il est plein et s’arrête souvent. Je sais déjà que je n’éprouverai aucun plaisir à me laisser cuire dans un autobus arrêté au grand soleil, puis à me faire sauter sur un millier de kilomètres pour une fois à destination, marcher encore dans le bruit et la pollution. Quelques ballades « pédestres » à Santiago ces derniers jours m’ont fait constater qu’à 77 ans, je n’ai plus l’énergie de marcher en ville au grand soleil à longueur de journée. Je préfère laisser Gwen et Keven, qui désirent toujours voir la Havane, y aller sans moi, je les attendrai ici. Keven reviendra dans une semaine et Gwen prendra l’avion de là quelques jours plus tard. Je prends toutefois cette décision avec regret, conscient de l’intérêt culturel qu’aurait représenté la Havane.

La marina est le seul endroit où on puisse laisser le bateau. On ne peut être à l'ancre que si les quais de la marina sont pleins Heureusement, quelques autres bateaux sont arrivés, tous les quais sont occupés et je reçois la permission de m'ancrer en face de la marina en attendant le retour des jeunes. Mais pas question de faire de la croisière dans la grande baie de Santiago : j'ai mouillé mon ancre un peu trop loin de la marina et le maître du port m'a ordonné de me rapprocher, ce que j'ai dû faire. Il faut rester à vue.

Lela¸le bateau de Titou et Cathy est également à l’ancre ; Titou a débarqué Cathy directement à l'appontement du bateau qui va à Santiago, à 100 m de la marina. Le maître du port est venu lui rappeler que le seul endroit où on puisse débarquer en dinghy est à la marina. Si on veut aller au bar en face, on ne peut y aller en dinghy, il faut débarquer à la marina et y aller à pied.

Titou a aussi permis à des jeunes venus à la nage, de se reposer sur la jupe de son bateau et en a laissé d'autres s'amuser avec son dinghy. Il s'est fait dire par le maître du port de ne pas recommencer, sous peine d'amende.

Il n'y a pas de ponton pour les annexes ; il faut accoster le quai en ciment dont la dalle est juste à la hauteur du franc-bord du dinghy, qui s'engagera dessous à marée basse si on n’a pas mouillé un grappin pour l'écarter du quai. Il n'y a pas de taquet où tourner la bosse du dinghy, il faut s'amarrer sur un boulon qui dépasse ou sur un autre bateau.

Ernest navigue à bord de Maranatha, une vedette à moteur en aluminium de quelque 35 pieds battant pavillon suisse ; il attend une pièce pour son moteur qui doit venir d'Allemagne et c'est long). Pour tuer le temps, il a loué un scooter pour une semaine et m'emmène voir la campagne environnante. Celle-ci est très jolie, propre, on y voit beaucoup d'animaux, les villages sont bien tenus, élégants et le paysage est grandiose avec la Sierra Maestra en fond, dont les sommets dépassent 1000 mètres. Au retour, je suis invité à dîner à son bord pour goûter la cuisine de sa femme Patricia. Au menu, ragoût de chèvre, accompagné de polenta et tomates farcies. Délicieux. Cela change du menu offert dans les restaurants cubains où on a le choix entre une tranche de poulet, une tranche de porc, l'un et l’autre caoutchouteux, ou un filet de poisson les trois cuits de la même façon, à la poêle.

Françoise et Francis, de Mikado III, un bateau battant pavillon canadien, arrivé la veille, sont invités à partager la tarte aux fruits de Patricia. Depuis le début de la saison, ils font le tour de Cuba et racontent que les restrictions relatives au débarquement sont les mêmes pratiquement partout, sauf dans les îles désertes où on peut aller à terre sans être soupçonné d'embarquer un candidat à l'exil.

La musique ici est omniprésente. Un bistro de l'autre côté de la baie en diffuse toute la journée à plein volume ; en général, celle-ci est très rythmée, mais ce matin, on entendait une puissante voix de ténor qui semblait chanter du bel canto. Radio Musical National diffuse une excellente sélection de musique classique que j'écoute lorsque je suis à l'intérieur. Titou paye un musicien d’ici durant quelques heures pour découvrir les secrets de la musique cubaine.

Gentlemen to windward

Keven rentre tel que prévu une semaine plus tard. En partant de Santiago, on a une centaine de milles à courir vers le nord-est, directement contre l’alizé et contre le courant. Il faudra passer au moins cinq milles au large de la grande baie de Guantanamo, interdite d’accès par les USA ; il y a bien deux petites baies de chaque côté, mais elles sont aussi interdites, cette fois par l’armée cubaine. Il n’y a pas d’abri possible avant 65 milles, une baie où on pourrait mouiller l’ancre, mais on n’aurait pas le droit de débarquer à terre.

La météo annonce une panne d’alizé dans les jours qui viennent, alors on décide de partir dès le lendemain. On va en ville le matin faire des courses et on lève l’ancre en fin de journée. L’alizé a la gentillesse de souffler du sud-est à 10 nds, ce qui met notre vent légèrement sur l’avant du travers, mer belle. Le vent tombe avec le coucher du soleil, on s’y attendait. Alors qu’on a parcouru une soixantaine de milles au moteur et avant le moment prévu par la météo, le vent revient du NE, droit dans le nez. Avec le courant également contre nous, on tire des bords presque carrés. Il nous faudra encore une journée pour remonter les derniers quarante milles contre vent et courant, avant de virer vers le nord pour atteindre Great Inagua aux Bahamas après deux jours et demi. Pourra-t-on piquer vers le nord pour courir les quelque 800 milles qui nous séparent de Beaufort ou Norfolk ? Non, le temps est instable plus au nord et nous force à passer par les Bahamas, qu’on traversera en ne s’arrêtant que deux jours à Nassau pour laisser passer un coup de vent. La météo prévoit toujours du gros vent plus au nord, vers Beaufort et Hatteras, alors on décide de traverser vers la Floride pour faire la route vers le nord par le Inland Waterway. On ressortira en mer lorsque la météo sera favorable.

En vérité, on n’est pas ressortis. On prévoyait le faire depuis Ponce Inlet, au nord de Cap Canaveral, pour courir au large les quelque deux cents milles jusqu’à Savannah. En y arrivant, alors qu’on est toujours dans le waterway, on s’échoue gravement sur un banc de sable non indiqué sur la carte, immédiatement à l’intérieur de l’inlet ; ce banc de sable s’est sans doute formé suite à un coup de vent et n’est pas marqué par des bouées ou indiqué sur notre carte électronique qui date de 2014. Le bateau talonne sous l’effet de la houle qui entre, la passe vers la mer étant directement au vent. On est gîtés à 45 degrés, la houle et le vent nous poussent vers le banc. Un bateau de Sea Tow vient à notre rencontre, mais il ne peut nous approcher, il faut en attendre un autre qui sera là dans une demi-heure. Je tente d’utiliser le moteur hors-bord fixé à la hanche bâbord, car on est gîtés de ce bord, mais il n’est d’aucune utilité, la quille est au fond, le moteur presque noyé à cause de la gîte. La houle qui frappe constamment interdit d’aller en annexe mouiller une ancre. Pendant deux heures, les chocs de la quille sur le fond ébranlent le gréement et les embruns nous fouettent. Une vague plus grosse fait gîter le bateau de l’autre bord, le moteur se retrouve hors de l’eau, donc inutile. Heureusement, la marée monte encore et on réussira, après deux heures d’effort, à nous dégager à l’aide des voiles et à venir mouiller dans le chenal pour nous assurer que le moteur, qui s’est retrouvé à plusieurs reprises presque entièrement sous l’eau, marche encore ; c’est le cas, on se dégage et vient mouiller parmi quelques autres voiliers.

Cette aventure est la plus scabreuse que j’ai vécue dans toute ma carrière de marin. J’étais déjà fatigué par cette longue remontée depuis Cuba et cet échouement m’achève ; le voyage pour cette année s’arrêtera ici. Pendant que Keven veille sur Jean-du-Sud au mouillage à Ponce Inlet, je rentre en avion chercher camion et remorque, pour ramener Jean-du-Sud à Oka par la route.

Même si le poids combiné du bateau et de la remorque dépasse la limite que mon Suburban peut tracter, j’ai plusieurs fois remorqué Jean-du-Sud sur plus de mille kilomètres entre Oka et Halifax ou Annapolis. Mais je suis tout de même inquiet, ce sera cette fois-ci plus de deux fois cette distance : 2 300 km. Avant de quitter Oka, je confie Suburban et remorque à Denis Durand, mon mécanicien, lui demandant de les passer au peigne fin afin de prévenir toute défaillance possible. Il y a beaucoup à faire et la facture est salée, mais cela en vaut la peine, on ramène Jean-du-Sud à Port-Gratien en deux jours, le 24 avril 2016, sans aucun pépin.

lundi 11 avril 2016

JEAN DU SUD - Yves et l'équipage - RÉCIT BAHAMAS/FLORIDE

2145 : L’ancre tombe dans la rade de Matthew Town, à Great Inagua. En fait, on a brulé toute l’essence qu’on transportait et il faut s’arrêter pour en acheter. Aussi, au lieu de rejoindre la côte d’une seule traite, on va passer sous le vent de la chaîne des Exumas, où la mer est moins grosse et où on peut se mettre à l’abri en cas de mauvais temps. Ce sera plus long, mais plus sécuritaire.

31 mars

L’endroit est déprimant. Chaud. Je m’y étais déjà arrêté au cours de mon premier voyage aux Antilles, mais la réalité est pire que le souvenir que j’en avais gardé. On s’y arrête surtout pour acheter de l’essence. Le compteur de la pompe ne fonctionne pas et il faut mesurer la quantité d’essence en la versant dans des contenants d’un gallon avant de la transvider dans le réservoir. On n’achète presque rien dans l’unique magasin, sauf du beurre de pinotte introuvable à Cuba, un litre de lait UHT et deux boîtes de thon, en raison des prix très élevés. Heureuse surprise tout de même, j’avais lu dans un guide de croisière qu’il fallait payer 300$US pour avoir le droit de naviguer dans les Bahamas, mais ce tarif est pour les bateaux de 40 pieds et plus ; pour Jean-du-Sud, ce n’est que 150$.

On en repartira à 1330 vers Castle Island, au sud de Acklins Island, à 78 milles, cap 330 V.. Petite brise de SSE qui tombe vers 16 heures et on met le moteur, à 4 nds pour économiser l’essence. Il fait très chaud en l’absence de vent. On s’asperge d’eau de mer.

1800 : Un peu de vent de NNE. GV, grand génois tribord amure, au près, 4 nds.

Au cours de la nuit, le vent forcit et adonne, Keven affale la GV pour courir sous génois seul.

1er avril

0100 : Le vent ayant molli, on renvoie la GV. Et comme il a viré au SSE, on tangonne le génois à tribord.

O530 : On passe à 2 milles de Castle Island qui d’après la carte, porte un feu, 3 éclats aux 20 secondes. On ne l’a jamais vu. Est-ce pour cela qu’à la douane à Great Inagua, on nous a demandé, entre autres questions, combien de gps on avait à bord ? Pour leur dispenser d’entretenir leurs feux ?

Il faut maintenant lofer un peu pour viser Long Cay. Détangonné et empanné le génois à tribord. On largue aussi un des deux ris, le vent ayant molli.

0800 : On renvoie le grand génois à tribord et le petit à bâbord pour courir grand largue dans une brise d’une dizaine de nds, vitesse autour de 5 nds.

En après-midi, on est abordés par une vedette de la garde côtière des Bahamas qui met à l’eau un zodiac pour venir vérifier nos papiers et s’assurer qu’on avait bien payé les 150$ pour le droit de croiser dans leurs eaux.

2 avril

Toute la journée et la nuit, puis la matinée, on court sous petit génois et gv parfois à un ris jusqu’à Galliot Cut, à 250 milles de Great Inagua.

1300 : On prend la passe de Galliot Cut. Toujours vent SSE 12 nds, reçu sur la hanche tribord. Waypoint à Harvey Cay, 12 milles , puis on se dirige sur le banc vers Nassau, à 80 milles pour laisser passer le coup de vent annoncé par Nycole pour le 4 – 5 avril.

1700 : Devant Harvey Cay, on oblique vers le NW, vers Nassau. Le vent, du SSE, a molli et la vitesse est tombée à 3,5 – 4 nds.

1900 ; Plus de vent. Moteur.

3 avril

0100 : Brise de sud. On déroule le petit génois tangonné à bàbord et hisse le grand à tribord.

0400 : Ça forcit en virant au SW. Roulé le petit, 1 ris à la gv.

0500 : Affale la gv.

0630 : Renvoie la gv, le vent ayant molli.

0830 : On oblique vers le nord, ayant passé Southwest Reef. Déroulé le petit génois à bâbord pour courir vent sur la hanche babord.

0900 : Le vent est trop faible pour le régulateur ou le pilote ; faut barrer à la main.

1100 : Un peu de vent de SE. On envoie le spi, que le pilote gère.

1330 : Le vent tombe. Moteur.

1400 : Le vente se lève du NW, puis tourne au NE en forcissant à 15 nds. Comme on est à 13 milles passé Nassau, on décide de revenir à Nassau, car c’est sans doute le début du coup de vent annoncé par Nycole pour le 4, qui arrive en avance. On espérait avoir le temps de nous rendre à Freeport, mais le vent debout arrive plus tôt que prévu.

1645 : Mouillage à Nassau. Ce soir, on soupe à terre ! Je ne suis pas fâché de prendre une journée ou deux de repos avant de reprendre la mer.


Les prévisions météo pour le reste de la semaine indiquent du gros vent plus au nord, vers Beauford et Hatteras, alors on décide de traverser vers la Floride pour faire la route vers vers le nord par le Inland Waterway. On resortira en mer lorsque la météo sera favorable.

On profite de deux jours de repos à Nassau ; on y rencontre plusieurs voiliers québécois en escale comme nous et on papote largement.

6 avril

Le vent souffle de l’ENE à 20 – 25 nds, mais si on ne part pas ce matin, on risque de se retrouver vent debout plus tard en traversant le Gulf Stream vers la Floride. On hésite à partir mais comme nos ancres chassent, il faut les relever de toute façon, alors on décide d’aller voir comment est la mer à la sortie du port ; si elle est trop forte, on reviendra pour repartir en soirée. Mais en sortant du port, la mer est grosse, mais maniable. Ça saute, mais rien de dangereux, alors on décide de continuer, en ne portant que le petit génois. Vitesse 5 – 6 nds, vent sur le travers.

Au cours de l’après-midi, le vent mollit un brin.

1730 : On arrive au waypoint de Northwest Channel, où on entre sur le banc. Le vent a molli un brin et viré un peu à l’est.

1830 : On envoie la grand voile, toujours à 2 ris.

1900 : On largue un ris.

Toute la nuit sur le banc. Le vent varie, mais nous permet une vitesse voisine de 6 nds.

0500 : On sort du banc à Bimini.

0700 : Le vent refuse vers l’ouest. À cause du courant du Gulf Stream qui nous dépale vers le nord, on ne peut pas tenir le cap pour Hillsboro Inlet, où on espérait entrer, our rendre visite à Denis Lacerte, le frère de Céline, qui a une maison à Deerfield Park. On essaie le moteur, mais il y a trop de mer et trop de vent. On est condamnés à la voile. Si on ne peut pas entrer à Hillsboro, on entrera à West Palm Beach, une vingtaine de milles plus au nord. Mais la météo prévoit que le vent mollira en après-midi, cela nous permettra peut-etre d’entrer à Hillsboro au moteur.

Le vent mollit en mi-journée et on largue les ris, mais on est déjà passé Hillsboro. C’est tout juste si on peut tenir au près serré le cap pour Lake Worth Inlet et West Palm Beach.

1300 : On est à 23 milles de WPB.

1500 : Le vent mollissant et la mer s’apaisant, on met le moteur, car à la voile, on ne serre pas suffisamment le vent pour entrer à WPB.

1700 : On entre à Lake Worth Inlet, à WPB.

1730 : On mouille l’ancre entre Peanut Island et Riviera Beach, à WPB. On réussit à téléphoner à la douane qui nous donne un numéro d’entrée, mais on a 24 heures pour passer à l’immigration à Riviera Beach montrer nos passeports.

Vendredi 8 avril

Denis et France viennent nous chercher en matinée pour nous emmener à l’immigration présenter nos passeports, puis nous invitent pour le lunch chez eux à Deerfield Beach. Denis nous ramène vers 1530 après un détour par le supermarché. Mais à notre arrivée, la marée est basse et Jean-du-Sud est planté dans la vase. Il faudra attendre 1800 avant que la marée ait remonté suffisamment pour nous permettre de partir. On mouille vers 1900 dans un petit bassin quelques milles plus loin.

Samedi 9 avril.

Le vent étant du nord, assez fort, on continue dans le Waterway. Toute la journée, on butte dans un clapot assez fort parce que le waterway est large ; les embruns nous frappent sur la gueule.

1600 : On s’arrête dans une marina pour faire le plein d’essence. En fin de journée, le vent mollit et les embruns cessent, ce qu’on apprécie.

1940 : Mouillage derrière Pine Island (mille 945).

Dimanche 10 avril

Lever à 0615, départ aussitôt. Toujours vent du nord, mais léger.

1000 : Réservoir principal du moteur vide, après 6 heures de moteur. Conclusion, à 5,5 nds, on brûle un gallon US à l’heure.

1045 : Le vent adonne vers l’ENE. On hisse la gv et déroule le génois ; près bon plein, vitesse 5 + nds. Heureusement, le chenal ici est large.

Belle voile toute la journée, près bon plein ou vent de travers ; mouillage à 1945 fdans Mosquito Sound, un peu avant le mille 860.

Lundi 11 avril

Mouillage inconfortable car exposé au sud et toute la nuit, on se fait brasser par un vilain clapot levé par le vent d’est assez fort.

Lever à 0615, on relève l’ancre à 0630. Route sous génois seul à 4,5 nds. Un peu plus tard, on ajoute le moteur, car la terre au vent nous dévente. Mais en arrivant à Ponce Inlet, vers 10 heures, cherchant une marina, on s’échoue gravement sur un banc de sable non indiqué sur la carte. Le bateau talonne sous l’effet de la houle qui entre par l’inlet. On est gîtés à 4à 45 degrés, la houle nous pousse vers le banc. Un bateau de Sea Tow vient à notre rencontre, mais il ne peut nous approcher, il faut en attendre un autre qui sera là dans une demi-heure. Je tente d’utiliser le moteur, car on est gîtés sur bâbord, mais il n’est d’aucune utilité, le bateau est au fond, le moteur presque noyé. Éventuellement, la houle le fait gîter de l’autre bord, donc le moteur est hors de l’eau. Heureusement, la marée monte encore et à l’aide des voiles, on réussira après deux heures d’effort, à nous dégager et à venir mouiller dans le chenal pour vérifier si le moteur marche encore. C’est le cas et on se dégage et vient mouiller devant une marina pas loin.

C’est la goutte qui fait déborder le vase. J’étais déjà fatigué et cette aventure me rachève ; le voyage pour cette année s’arrête ici. Keven téléphone à son ami Vincent Berhet pour lui demander s’il peut nous amener le camion et la remorque, mais lui ne peut pas et il a peut-être un ami qui pourrait le faire, pour le prix du billet d’avion qu’il faudrait débourser pour que je rentre à Montréal. On attend de ses nouvelles. S’il n’y a personne, je rentrerai en avion chercher camion et remorque, mais cela ne m’amuse guère de faire la route aller et retour.

VACATIONS AU RÉSEAU LUNDI MATIN

DAME DES MERS : Thérèse et Denis sont à Mayreau et iront à UNION pour compléter leurs formalités aujourd'hui puis se dirigeront vers Carriacou. Prévoient Grenade jeudi ou vendredi.

JEAN DU SUD - Yves et l'équipage sont à Ponce (FL) et quittent en direction de Savannagh. MERCI à Thérèse de Dame des Mers pour le relai.

LIBERSEA : Gérald et son équipier sont à San Juan et se rendront visiter l'observatoir aujourd'hui - une trentaine de mn de navigation. Prévoient quitter demain pour se diriger vers les Bahamas directement.

BLACK CAT : Bernard et la famille sont à Ocean World Marina de Puerto Plata. Les installations sont superbes mais ils sont continuellement "sollicités" - tant pour les "time sharings", l'attente de pourboires par le nombre incalculable d'autorités qui viennent à bord. Même pour se rendre à la piscine, il faut passer par le casino et consommer une bière à 10$... Comme le mentionnait Bernard ce matin, on se sent continuellement "solliciter" et ce n'est pas agréable. Ils quittent ce matin en direction de Mayaguana et ne prévoient pas faire d'entrée aux Turks & Caicos. Environ 200 mn à parcourir

SALT HEART : Miko est arrivé à Virgin Gorda hier depuis St-Martin . Complètera ses formalités ce matin et se reposera. Prévoit visiter les Iles Vierges quelques jours avant de reprendre la navigation vers Puerto Rico puis les Bahamas.

PRANA : Denis et Louise sont à St-Pierre (Martinique) et se rendront à Fort de France aujourd'hui. QUant à Jolie Julie, l'équipage se rendre à l'Anse à l'Ane y rencontrer des amis

CARIBBEAN BREEZE : Stéphane et Nathalie sont à Nassau et leurs amis quittent en direction du QUébec. Se dirigeront vers les Berries puis Lucaya pour y laisser le bateau lorsque Stéphane s'absentera pour le travail

ONE LIFE : Sébastien et Marie-Claude sont à Norman et ont eu une navigation superbe hier avec leurs amis. Plongée et exploration au programme de la journée

RODIGNARD : Richard et Diane sont à Pinel et y demeureront pour la journée

PASSION REBELLE : Mathieu et la famille sont à Culebra depuis 3 jours et y demeureront en core 2 jours. Endroit magnifique

VOMO : Lise et Benoit sont en compagnie de leurs amis - se sont rendus à Fort de France en fin de semaine et sont maintenant de retour à Ste-Anne. Loueront une voiture pour 3 jours afin de visiter le Nord-Est de l'Ile et autres magnifiques endroits.

PANACHE : Normand et Johanne sont à Big Major (Bahamas) et ont visité la grotte Thunderball hier. Sont en compagnie du voilier Quelle Belle Vie. Se rendront à Bell Island aujourd'hui



jeudi 7 avril 2016

VACATIONS AU RÉSEAU JEUDI MATIN

JEAN DU SUD : Yves et l'équipage sont en navigation depuis Nassau qu'ils ont quitté hier matin à 09h00. Position : 25-53 N et 79-28 W dans le Gulf Stream. Tout va bien avec un vent d'une quinzaine de noeuds. Ils se dirigent vers Hillsboro Inlet au nord de Fort Lauderdale et sont à environ 40 mn de leur destination

TARANGA : Gervais et Monique sont à Ste-Anne (Martinique et prévoient quitter en fin de semaine en direction de Ste-Lucie. Retour au Québec prévu le 5 mai

DAME DES MERS : Thérèse et Denis sont à Bequia et y demeureront 2 ou o3 jours. Prendront le traversier pour se visiter St-Vincent aujourd'hui.

PASSION REBELLE : Mathieu et la famille ont adoré Puerto Rico. Ils quittent ce matin Patillas pour se diriger vers Vierquez

SAPHIR : Pierre est à Jolly Harbor (Antigua) et a partagé son poisson avec Denise et Jean-Pierre (Absaroque) hier soir. Préparera le bateau pour la sortie de l'eau la semaine prochaine.

LIBERSEA : Gérald est à Charlotte Amalie (St-Thomas) et quittera demain matin avec son nouvel équipier en direction de Culebra. Retour au Québec le 15 juin

L'EAU-DACE 4 : Martin et Lisette ont quitté leur ancrage à Juventud en direction de Cayo Largo, une navigation qui se fera à moteur car le vent est nul. Distance d'environ 50 mn à parcourir

PRANA : Denis et Louise sont aux Saintes et quitteront demain en direction de la Dominique où ils passeront une nuit puis direction Martinique.

RODIGNARD : Richard et Diane sont bien arrivé à St-Martin en compagnie de dauphins... émerveillement total... Demeureront dans les environs quelques jours. Superbe accueil à Budget Marine pour compléter les formalités

JAYA : Jean-Marie est à West Palm Beach (FL) et attend une fenêtre météo pour prendre la mer et remonter la côte.

ONE LIFE : Sébastien et Marie-Claude quittent Highborne (Exumas) ce matin en direction de Nassau - Navigation à moteur car le vent est très faible

PANACHE : Normand et Johanne sont à Lee Stocking (Exumas) et quittent ce matin en direction de Black Point. Eux également navigueront à moteur

BLEU MARIE : Jean-Pierre et Michèle sont à Cayo Largo et sont en contact avec l'Eau-Dace 4 qu'ils accueilleront en fin de journée

mercredi 6 avril 2016

VACATIONS AU RÉSEAU MERCREDI MATIN

GRAND PAS : Françoise et Michel sont à Prickley Bay (Grenade) et préparent le bateau pour l'entreposage. Mentionnent qu'il y a de plus en plus de "moorings" et qu'il devient difficile de se trouver un endroit pour ancrer... Françoise m'a également mentioné qu'il y a une excellente école de plongée tenue par des québécois : LUMBADIVE et qui est fortement recommandée (http://lumbadive.com/

JEAN DU SUD : Yves et l'équipage quittent Nassau ce matin en direction de la FLoride.

ABSAROQUE : Denise et Jean-Pierre sont arrivés à Joly Harbor (Antigua) hier à 16h00; Prépareront le bateau pour l'entreposage avant leur retour au Québec

SAPHIR : Pierre a quitté Monserrat à 05h45 ce matin et était à 15 mn de Joly Harbor (Antigua) au début du Réseau. Une belle dorade pêchée ce matin sera au menu du souper qu'il partagera avec Absaroque...

PRANA : Denis et Louise sont aux Saintes pour quelques jours jusqu'à la météo soit intéressante pour poursuivre leur navigation. Là également, il y a de plus en plus de moorings et l'ancrage devient plus difficile

DAME LICORNE : Marc-Antoine et Lucie sont à St-Anne et se déplacent ce matin au Marin pour compléter leurs achats. Départ vendredi pour Ste-Lucie

DAME DES MERS : Thérèse et Denis ont quitté La Soufrière (Ste-Lucie) ce matin à 06h30 en direction de Bequia pour quelques jours.

PANACHE : Normand et Johanne sont à Lee Stocking (Exumas) et y demeureront pour la journée. Très venteux. Prochaine destination sera Black Point

ONE LIFE : Sébastien et Marie-Claude sont à Norman et se dirigent vers Highborne ce matin. Demain : Nassau

BLACK CAT : Bernard et la famille sont à la marina de Samana et continueront de profiter de la journée dans ce lieu magnifique. Prévoient quitter demain matin en direction d'Ocean World Marina (Puerto Plata)

BELLE VIE : Napoléon et Suzanne sont à Georgetown et attendent des amis aujourd'hui. Tout va très bien

L'EAU-DACE 4 : Martin et Lisette sont à Juventud (Cuba) - feront peut être un saut de puce aujourd'hui en direction de Cayo Largo



mardi 5 avril 2016

VACATIONS AU RÉSEAU MARDI MATIN

DAME DES MERS : Denis et Thérèse quittent ROdney Bay ce matin en direction de la Souffrière (Ste-Lucie)

VOMO : Lise et Benoit sont dans la rade de Ste-Anne (Martinique) et ont loué une auto pour aller chercher leurs amis qui arrivent cet après-midi

PRANA : Denis et Louise sont à Malendure (Guadeloupe) et quittent en compagnie de Jolie Julie et Marinade en direction des Saintes

DAME LICORNE : Marc-Antoine et Lucie sont également à Ste-Anne et quitteront demain matin en direction de Rodney Bay (Ste-Lucie)

GRAND PAS : Michel et Françoise sont à Prickley Bay Marina (Grenade) et préparent le bateau pour l'entreposage. Sortie de l'eau le 12 avril et retour au Québec le 18 avril. Françoise m'informe que LEELOO est également à cette marina et que le bateau sera sorti de l'eau vendredi et que Mario et Francine reviennent au QUébec le 13 avril.

RODIGNARD : Richard et Diane sont à Gorda Sound (Virgin Gorda) et quitteront ce soir en direction de St-Martin

ONE LIFE : Sébastien et Marie-Claude quitteront Norman (Exumas) demain matin pour se diriger vers Nassau. Leurs amis arrivent samedi après-midi

L'EAU-DACE 4 : Martin et Lisette sont à 15 mn de l'Ile de la Jeunesse (Cuba) qui est un point plus à l'Ouest de Cayo Largo. Y demeureront jusqu'à ce que la météo soit favorable pour se diriger vers Cayo Largo. Position au moment du réseau : 31-15 N et 82-27 W

JEAN DU SUD : Yves et l'équipage sont à Nassau et quitteront dès que la météo le permettra pour remonter vers Bimini puis prendre le Gulf Stream pour remonter vers le nord

CARIBBEAN BREEZE : Stéphane et l'équipage sont à Black Point (Exumas) et y demeurent pour la journée

ABSAROQUE : Denise et Jean-Pierre sont en navigation depuis Deshaies en direction de Joly Harbor (Antigua) - Vitesse de 6 noeuds

AUDREY 96 : Ce voilier est à Georgetown et le capitaine s'est présenté pour la première fois au Réseau ce matin - je n'ai malheureusement pas le détail sur l'équipage... Prévoit demeurer à Georgetown 2 mois puis se diriger vers la République Dominicaine pour y passer la saison des ouragans

SALT HEART : Miko est à Marigot Bay (St-Martin) et se dirigera prochainement vers Virgin Gorda. Réparera son dingy avant le départ. Aimerait bien effectuer une route de Puerto Rico directement sur les T&C ou les Far Bahamas sans passer par la République DOminicaine.

JAYA : Jean-Marie a quitté Nassau hier matin et au moment du réseau ce matin, il est à 8 mn de West Palm Beach (FL) où il complètera ses formalités d'entrée. Demeurera à Lake Worth jusqu'à ce que la météo lui permette de remonter vers le nord.

SAPHIR : Pierre est en navigation depuis Nevis en direction de Monserrat. Vent dans le nez, il voyage à moteur. Hier il a fait une "bonne action" en récupérant un voilier de location de 50 pieds qui "chassait".... Il a réussi à le ré-ancrer convenablement au grand bonheur des locataires qui l'ont bien récompensé et remercié...







samedi 2 avril 2016

VACATIONS AU RÉSEAU SAMEDI MATIN

JEAN DU SUD : Yves et l'équipage naviguent dans l'Exumas Sound au moment du Réseau et se dirigent vers Galliot Cut (Exumas). Position : 23-53 N et 75-46 W; ils ont parcouru environ 120 mn depuis les dernières 24 heures. Belle mer et bon vent, ils naviguent au grand largue avec une vitesse de 5 à 6 noeuds. Ils sont à 27 mn de leur desetination.

SAPHIR : Pierre et Diane sont à St-Martin et Pierre prévoit un départ demain en direction de St-Barth puis le lendemain vers Joly Harbor (Antigua) car la météo ne lui permettrait pas d'effectuer cette traversée jeudi prochain. Diane demeurera chez des Amis à St-Martin car elle doit prendre l'avion pour un retour au Québec mercredi.

OCÉANA 1 : Luc et Aline sont arrivés à Providencia hier à 17h40. Complèteront leurs formalités ce matin et exploreront l'île au cours des deux prochaines semaines. Leur prochaine destination sera St.Andres

PANACHE : Normand et Johanne sont à Conception depuis hier et quittent ce matin à 07h45 en direction de Georgetown (Exumas)

VOMO : Benoit et Lise sont à St-Martin - encore de la pluie et des grains. Côté position : Les cours d'espagnol avancent plus que prévu... Attendent leurs amis la semaine prochaine

PRANA : Denis et Louise sont à Nevis et ont passé une partie de la journée en gens "RICHES ET CÉLÈBRES" au Golden Rock et profité de la piscine et de la beauté des lieux pour célébrer l'anniversaire de Louise qui se poursuit aujourd'hui ... Quitteront demain matin en direction de Monserrat

DAME DES MERS : Thérèse et Denis sont à Ste-Anne et quitteront demain en direction de Ste-Lucie pour y passer la nuit et reprendront la navigation le lendemain pour descendre vers Bequia

PASSION REBELLE : Mathieu et la famille sont à Salinas et ont loué une auto pour 4 jours. Ils adorent Puerto Rico - Visiteront le parc aujourd'hui

DAME LICORNE : Marc-Antoine et Lucie sont à Ste-Anne et devraient quitter jeudi ou vendredi en direction de Ste-Lucie.

L'EAU-DACE 4 : Martin et Lisette quittent ce matin Guanaja pour se diriger vers Cayo Largo (Cuba), une distance d'environ 400 mn

ONE LIFE : Sébastien et Marie-Claude sont à Black Point (Exumas) et quitteront demain pour remonter la chaîne des Exumas jusqu'à Nassau. Leurs amis arrivent le 9 avril.

BLACK CAT : Bernard et la famille sont à Mayaguez et prévoient un départ demain matin en direction de Samana (République Dominicaine)

VIRGULE V : Alain et Danielle sont à Bequia et quittent ce matin en direction de Mayreau. Ils prévoient demeurer dans les Tobago Cays quelques jours avant de se diriger vers Grenade.

BLEU MARIE : Jean-Pierre et Michèle sont à Cayo Largo et ont rencontré un bateau québécois qui est arrivé hier. Une famille de Rimouski avec 3 ados . Le nom du bateau est Mascaret.



vendredi 1 avril 2016

VACATIONS AU RÉSEAU VENDREDI MATIN

JEAN DU SUD : Yves et l'équipage ont quitté Great Inagua hier après-midi à 13h30 et sont à 22-17 N et 74-23 W dans une mer calme - vitesse de 5 noeuds; ils navigueront dans le Crooked Passage puis à l'Est de Long Island

OCÉANA 1 : Luc et Aline sont à 45 mn de Providencia avec un courant contraire ce qui ralentit leur vitesse à 3.3 noeuds. Position : 14-09 N et 81-29 W avec un vent de 12 noeuds

PANACHE : Normand et Johanne ont quitté Clarencetown (LI) ce matin à 06h40 en direction de Conception. Au moment du Réseau, ils utilisaient la voile "mécanique". Distance à parcourir de 46 mn

SAPHIR : Pierre et Diane sont dans le lagon de St-Martin après un séjour à l'extérieur avec leurs invités qui ont quitté hier. Effectueront divers achats aujourd'hui en prévision de se diriger vers Antigua la semaine prochaine. Diane revient au Québec mercredi

TARANGA : Gervais et Monique sont à Ste-Anne et rencontrent plusieurs de leurs amis locaux - La vie est bien difficile...

BEARAWAY : Jean et Danielle sont dans les San Blas - belle température - peu de vent. Se dirigeront vers Linton la semaine prochaine

BLACK CAT : Bernard et la famille ont quitté Gilligan Island (PR) hier et sont à Puerto Real. Quitteront en direction de Mayaguez cet avant-midi

L'EAU-DACE 4 : Martin et Lisette ne croient pas quitter pour Cuba depuis Guanaja car les conditions météo ne sont pas des plus favorables. Analyseront les nouvelles données météo ce matin et prendront une décision

MÉLAUDINE : Daniel et Diane ont traversé à St-Augustine avec des pointes de vitesse de 12 noeuds, complété leurs formalités d'entrée pour le Cruising Permit et poursuivi leur navigation vers Charleston (SC). Ils ont quitté ce matin Charleston via l'ICW car la météo est à se méfier...

ONE LIFE : Sébastien et Marie-Claude sont à Black Point et effectuent des tâches domestiques aujourd'hui.

BLEU MARIE : Jean-Pierre et Michèle sont toujours à Cayo Largo et désiraient connaître les intention de l'EAU-DACE 4.

VOMO : Lise et Benoit sont à Ste-Anne et se rendent au MARIN aujourd'hui pour effectuer quelques courses. Ils ont bien hâte que les conditions météo deviennent plus clémentes...


jeudi 31 mars 2016

JEAN DU SUD - Départ de Santiago (Cuba) RÉCIT

Lundi 28 mars

Keven est revenu de la Havane hier en mi-journée. Il semble que la météo annonce une panne d’alizé dans les jours qui viennent, alors on a décidé de partir en fin de journée aujourd’hui. On va en ville ce matin faire des courses et on partira dès qu’on sera prêts en fin de journée. S’il n’arrive pas de trop gros temps, on va tenter de faire la traversée directement vers la côte américaine, Beaufort ou même Norfolk, mille milles, sans nous arrêter aux Bahamas.

1800 : Départ de Santiago. L’alizé a la gentillesse de souffler à 10 nds, du sud-est, ce qui nous met au vent légèrement sur l’avant du travers, vitesse 4,5 nds (5,1 au gps). Mer belle. En fait, cette section de la traversée entre Santiago et la pointe NE de Cuba se fait contre le vent et contre le courant. Il n’ y a pas d’abri possible, sauf une baie à 65 milles, où on n’a pas le droit de débarquer.Comme la météo annonce un vent faible, on en profite, espérant courir ces 100 milles avec un alizé le plus faible possible.

1900 : On s’y attendait, le vent tombe avec le coucher du soleil. Moteur, 4,1 nds, 5 au gps.

29 mars

Premier réservoir d’essence vidé. On allait sans doute trop vite, nous fiant au loch qui sous-estimait. Le nœud additionnel de courant n’existait sans doute pas. Avec le nouveau réservoir, on va moins vite et ne dépasse pas 4 nds au gps.

Position à 0730 : 20 08’ N, 75 20’W. Punta Caleta à 32 milles.

0937 : Un peu de vent, du nord un peu est. GV, grand génois, vitesse 2,5 – 3 nds, cap au 110 V.

1137 : Le vent de NNE annoncé par Nycole du Réseau du Capitaine pour ce soir arrive en avance. Nous voilà au près serré, un ris dans la gv et quelques tours dans le petit génois, tribord amure, cap entre 10 et 20 degrés, à 3 nds ; on ne passe pas punta Caleta. Pour l’instant, la mer n’est pas encore formée et ne nous freine pas trop, mais cela ne va pas tarder.

1300 : Le vent adonne un peu : cap 40 degrés. Mais la mer se forme.

1400 : À 3 milles de la côte, on vire. Cap 155.

1500 : On vire de nouveau. Cap 40 deg, vitesse 3,5 nds.

1700 : On vire. Cap 155. Une misère. Vitesse contre le vent et le courant, 2 nds. À cause du courant, on tire des bords presque carrés.


1830 : On vire encore. Le vent mollit avec l’approche du coucher du soleil.

2000 : Le vent devient catabatique, venant de la terre. En larguant les ris, on peut faire route à 3 nds directement sur Punta Caleta à 9 milles.

1040 : On vire enfin Punta Caleta. Le vent est revenu au NE. Route au 123

30 mars

0030 : On vire. Cap 330, vit. 3,5 – 4 nds.

0500 : On vire. Cap 125.

0700 : On vire encore. Cap 342. On bute dans un courant contraire très fort.

0800 : Le vent très faible ne nous permet pas d’étaler le courant, alors on met le moteur pour courir les quelque 10 milles qui nous permettront en sortir.

0900 : Le vent a la bonne idée de forcir un peu en virant vers le SE. On peut remettre à la voile, vent de travers, vitesse 5 – 6 nds. Le paradis après le purgatoire.

1100 : Le vent mollit un peu et la vitesse tombe à 4 nds.

On met le moteur vers midi. Vers 1600, le vent revient du NE, on renvoie le grand génois.

2145 : L’ancre tombe dans la rade de Matthew Town, à Great Inagua. En fait, on a brulé toute l’essence qu’on transportait et il faut s’arrêter pour en acheter. Aussi, au lieu de rejoindre la côte d’une seule traite, on va passer sous le vent de la chaîne des Exumas, où la mer est moins grosse et où on peut se mettre à l’abri en cas de mauvais temps. Ce sera plus long, mais plus sécuritaire.

VACATIONS AU RÉSEAU JEUDI MATIN

OCÉANA 1 : Luc et Aline sont à 16-08 N et 81-28 W avec des vent de 12 à 13 noeuds - vitesse de 6.5 noeuds. Ils sont à 160 mn de Providencia et tout va très bien

RODIGNARD : Richard et Diane sont à Culebra et y demeurent pour la journée. Prévoienet se diriger vers Culebrita demain. Se rendront rencontrer leur fille qui arrive en Guadeloupe à la fin avril.

PRANA : Denis et Louise ont eu une navigation plutôt sportive hier pour se rendre à Nevis depuis St.Kitts - Ne naviguent pas aujourd'hui et sont au mouillage près de MARINADE

JEAN DU SUD : Yves et l'équipage sont au mouillage de Great Inagua et selon la météo, quitteront pour remonter la chaîne des Bahamas contrairement à leur intention de se rendre directement sur la côte Est américaine.

L'EAU-DACE 4 ; Lisette et Martin ont reçu leur colis hier et installé la nouvelle pompe à eau du moteur. Terminent leur approvisionnement aujourd'hui et analyseront la météo pour un départ vers Cayo Largo Cuba dans les prochains jours


CARIBBEAN BREEZE : Stéphane et Nathalie sont à Emerald Bay Marina (Georgetown) et prévoient reprendre la navigation à compter de demain pour remonter les Exumas

PANACHE : Normand et Johanne sont à la marina de Clarencetown (LI) - Le prix est de luxe : 2,70/pied mais les services ne le SONT PAS... Se rendront au mouillage aujourd'hui et prévoient quitter demain en direction de Conception

BLEU MARIE : Jean-Pierre et Michèle sont à Cayo Largo et attendent leur fille qui passera deux semaines avec eux. Navigueront dans les alentours et pourront accueillir LIsette et Martin (L'eau-dace 4) éventuellement

DAME DES MERS : Denis et Thérèse sont à Ste-Anne (Martinique) et quitteront dimanche en direction de Rodney Bay (Ste-Lucie. Leur retour au Québec est prévu à la fin avril. Le bateau sera sorti de l'eau le 20 avril à Grenade

JAYA ; Jean-Marie et Johanne sont à Norman (Exumas) et se rendront à Nassau pour le 3 avril, date du départ de Johanne pour la Floride

ONE LIFE : Sébastien et Marie-France sont à Black Point (Exumas) pour quelques jours. Visitent les environs

mercredi 30 mars 2016

VACATIONS AU RÉSEAU MERCREDI MATIN

JEAN DU SUD : Yves et l'équipage sont en navigation sur la Pointe NE de Cuba et remontent vers le nord via le Old Bahamas Channel puis la côte Est américaine. Positiono : 20-09 N et 74-10 W avec vent d'une douzaine de noeuds et un courant contraire NE.

PANACHE : Normand et Johanne ont eu une bonne nuit de navigation et sont à une vingtaine de milles de Clarencetown (LI). Partiront le moteur et navigueront moteur/voile après le Réseau car des orages sont prévus en PM et ils aimeraient bien être rendus à destination . Position : 22-58 N et 74-32 W

OCÉANA 1 : Luc et Aline sont en navigation depuis hier en direction de Providencia. Au moment du Réseau ils sont à 275 mn de leur destination. Position : 17-58 M et 81-24 W avec vent de 12 à 13 noeuds. Vitesse de 4.7 noeuds. Ont rencontré 4 cargos la nuit dernière. Effectuent leurs quarts aux 3 heures la nuit

BLACK CAT : Bernard et la famille sont à Gilligan Island et y demeureront 2 ou 3 jours.

GOBE SOUS : Guy et Diane sont à Rodney Bay (Ste-Lucie) et débutent la préparation du bateau pour le remisage - Retour le 19 avril au Québec

OCÉANE 2 : Jean et Jacinthe sont également à Rodney Bay et les travaux pour la sortie de l'eau et la fermeture de leur condo les occuperont pour les prochains jours

DAME LICORNE : Marc-Antoine et Lucie sont à Ste-Anne (Martinique) et y demeureront jusqu'a la fin de semaine prochaine. Par la suite, se dirigeront vers Ste-Lucie

L'EAU-DACE 4 : Martin et Lisette sont à Guanaja et ont trouvé un problème au niveau de la "check-valve" - le moteur démarre très bien maintenant. Attendent le colis avec la pompe à eau aujourd'hui et prévoient un départ vers Cuba peut être vendredi.

ABSAROQUE : Denis et Jean-Pierre sont en Guadeloupe. Leur fils quitte aujourd'hui pour un retour à Montréal. Demeureront dans les environs jusqu'à ce qu'une bonne fenêtre météo s'installe pour traverser à Joly Harbor (Antigua) où le bateau sera entreposé pour l'été

ONE LIFE : Sébastien et Marie-Claude sont à Black Point (Exumas) pour 2 à 3 jours. Ont découvert les Pinlico Cays et à mi-marée ils ont découvert que jamais la profondeur d'eau fut inférieure à 7 pieds.

VOMO : Lise et Benoit sont à Ste-Anne (Martinique) et préparent le bateau pour accueillir leurs amis qui doivent arriver le 5 avril.
Merci à Lise et Benoit d'être toujours là pour nous aider à rejoindre des navigateurs lorsque nous n'y parvenons pas.

mardi 29 mars 2016

VACATIONS AU RÉSEAU MARDI MATIN

JEAN DU SUD : Yves et l'équipage sont en navigation depuis hier midi. Ont quitté Santiago de Cuba en direction de la côte Est américaine, une distance d'environ 1000 mn. Position : 20-1 N et 74-03 W - vent calme en contournant la pointe Est de Cuba.

PRANA : Denis et Louise sont à Colombier (St-Barth) et y demeureront pour la journée. Attendent que la mer se calme un peu pour poursuivre leur navigation vers St-Kitts. Sont en compagnie de JOLIE JULIE

BLACK CAT : Bernard et la famille sont à Salinas (PR) et quittent ce matin en direciton de Gilligan Island où ils prévoient demeurer quelques jours et explorer les alentours

OCÉANA 1 : Luc et Aline quittent ce midi Grand Caiman en direction de Providencia, une distance d'environ 350 mn

PANACHE : Normand et Johanne sont à Abraham's Bay (Mayaguana) et prévoient quitter cet apres-midi en direction de Little Harbor (sud de Clarencetown LI) Prévoient se diriger vers Georgetown avant le front annoncé vers la fin de semaine. Sont en compagnie de NENU FAR

TWINY : Yvon est au Marin et le bateau sera sorti de l'eau aujourd'hui. Demeurera en Martinique environ 3 semaines jusqu'à son retour prévu au Québec

TENACE : Pierre et Monique sont à Ste-Anne et quitteront probablement aujourd'hui en direction de Ste-Lucie. Océane 2 et Gobe Sous sont déjà partis pour cette destination. Retour prévu au Québec le 17 avril. Laissera le bateau à Whisper Cove (Grenade)

ONE LIFE : Sébastien et Marie-Claude explorent les environs de Lee Stocking Island et découvrent de magnifiques endroits - RICH and FAMOUS... - prévoient se diriger vers Rudder Cay aujourd'hui ou demain

lundi 28 mars 2016

JEAN DU SUD - Yves et l'équipage - RÉCIT

Martinique – Cuba

3 mars 2016

Après quelques semaines passées en Martinique et une croisière vers les Grenadines, Jean-du-Sud met le cap sur Cuba. Pendant la visite de Céline, Keven est allé voir sa blonde Ainoha au pays Basque et est rentré le 29 février, en compagnie d’une copine bretonne, Gwen, qui a déjà navigué avec lui du temps où il avait un bateau. Après une escale d’avitaillement au Marin, une visite en face Sainte-Anne pour caréner, Jean-du-Sud met le cap sur Cuba. Pour cette traversée, j’agis comme équipier, ou même passager, ayant confié le commandement à Keven. Branle-bas un peu avant 0700, on relève l’ancre et part sous voiles dans un alizé timide. Les deux ris qui étaient restés dans la grand-voile sont enfin largués, le petit génois déroulé, et même le grand hissé, tangonné à tribord, vitesse entre 4 et 5 nds.

1000 : On vire le cap Salomon, nous éloignant graduellement de la côte. L’alizé et toujours timide. On empanne la grand-voile et roule le petit génois, pour courir bâbord amure, cap 288 V.

Vers midi, le vent mollit. On envoie le spi, qu’on garde environ une heure. Puis le vent tombe presque complètement et le skipper (Keven) décide de mettre le moteur. Mais vers 1530, celui-ci s’arrête et on constate qu’il sort très peu d’eau de la sortie de la pompe à eau, qui pourtant a été remplacée en Guadeloupe. On envoie le reacher, l’alizé soufflant maintenant du sud. Vitesse 2 – 3 nds. En l’absence de vent et sous le gros soleil, il fait très chaud.

Tout l’après-midi, le vent souffle du Sud, très faible. En début de nuit, il passe au NE, mais toujours faible. Il forcira au cours de la nuit, toujours du NE.

4 mars

Au matin, il semble que le vrai alizé soit revenu. Brise de force 4, NE, notre vitesse, 5 nds. Toute la journée, le vent demeure stable. Mais il forcit en fin de journée, ce qui fait qu’on affale la grand voile complètement et remplace le petit génois pour courir sous grand génois seul, recevant le vent sur la fesse droite.

5 mars (troisième jour)

Au matin, le vent ayant molli, on renvoie la grand voile et remplace le grand génois par le petit, qu’on tangonne au vent. Mais il reforcit et on prend un ris à la GV.

Position à 0800 : 15,20’ N, 64 12’ W.

0900 : Le vent passe au sud de l’est. On empanne la GV.

1100 : On empanne aussi le génois, le vent étant plein arrière.

En après-midi, le vent mollit et la mer est moins grosse, le roulis diminue. Cela continue ainsi tout le reste de la journée et de la nuit.

6 mars (quatrième jour)

Position à 0800 : 15 52’ N, 66 14’ W.

Au matin, le vent ayant encore molli, on envoie le grand génois en ciseau avec le petit, sous la GV. Il fait encore plus chaud avec ce vent plus faible. Vitesse entre 4 et 5 nds.

En matinée, le vent mollit encore un peu. Vitesse 4 nds. Comme ça toute la journée.

En fin d’après-midi, Keven remonte une belle daurade d’une soixantaine de centimètres, qu’il nous sert pour souper.

En milieu de nuit, le vent tombe presque complètement. Vitesse entre 1 et 2 nds.

7 mars (cinquième jour)

Position à 0800 : 16 24’ N, 67 38 W. 85 milles dans les derniers 24 h.

Un grain de pluie fait tourner le vent à l’ouest, mais cela ne dure pas. Il tombe complètement.

0840 : Moteur, 4 nds.

1015 : Un grain amène du vent. D’abord de l’wsw, puis il tourne rapidement au nord. On affale le grand génois, déroule le petit et hisse la GV pour courir vent légèrement sur l’avant du travers, vitesse 4 + nds. La pluie dure une petite heure. Après la fin de la pluie, le ciel reste couvert, ce qu’on apprécie, car il fait moins chaud.

En après-midi, la brise tourne au NE et prend du muscle, nous procurant une vitesse de 5,5 – 6 nds.

1640 : Un grain nous force à prendre deux ris et rouler du génois.

2000 : Le vent forcit. Trois ris. La mer devient grosse, ça saute comme si on était au près. Beaucoup d’embrun. Une volée d’embrun inonde le poste avant, dont le capot était resté entr’ouvert. Ce vent fort dure toute la nuit.

8 mars, sixième jour

Position à 0800 : 16 57’ N, 69 34 W.

Le vent fort dure encore au matin. Ça cogne, ça arrose ; on court vent sur le travers.

1000 : On remplace le génois par le tourmentin.

1300 : Coup de vent. On affale la grand voile. On court sous tourmentin seul, vitesse entre 4 et 5 nds. Authentique coup de vent. Beurrée de beurre de pinotte pour le lunch, pâtes au pesto pour le souper.

2300 : Trop de vent pour le tourmentin, le bateau embarde trop. On l’affale, pour courir à sec de toile, vitesse 1,5 - 2 nds dans l’eau, 3 avec le courant.

9 mars, septième jour

Toute la nuit à sec de toile, le vent restant fort. Au lever du soleil, on déroule un peu de génois. Vitesse 5 nds.

Position à 0800 : 17 21’ N, 71 17’ W. Île à Vache 150 milles.

1130 : On embouque le canal Alto Vielo, entre l’île du même nom et l’île Beata, espérant fortement que passé cette île, la mer soit moins grosse et le vent moins fort. Ce canal est près de la frontière entre la république Dominicaine et Haiti. Toujours sous un tiers de génois.

1200 : En passant près de la côte, la turbine de l’hydro-alternateur se prend dans une ligne de pêche flottante. Même ayant roulé complètement le génois, la pression du vent qui souffle toujours à force 8 est trop forte pour qu’on puisse remonter la ligne, la seule solution serait de la couper. Mais on réussit à la remonter à l’aide de bouts amarrés à la ligne par des nœuds de bosse virés au winch et couper la ligne de pêche à l’aide du couteau de Gwen amarré à la gaffe.

On n’avait pas décidé si on ferait la traversée d’une seule traite ou si on s’arrêterait à l’Île à Vache, sur la côte sud d’Haiti, près de son extrémité ouest. Mais le vent a décidé pour nous et on va y faire escale, pour nous reposer et sécher l’intérieur, surtout le poste avant que les embruns ont légèrement mouillé. On se demande même si on ne pourrait pas trouver refuge au Cabo Rosso, sur la côte de la République Dominicaine, à une vingtaine de milles vers le nord, mais le vent ne nous le permet pas, c’est trop pointu, il faudrait tirer des bords pour y arriver. Il faut continuer jusqu’à l’île à Vache, distant de 145 milles.

Heureusement, en après-midi, le vent mollit un brin et passe franc est. Il n’y a plus d’embrun et on peut rester sur le pont sans risquer de prendre une barrique sur la gueule.

1700 : Le vent mollit encore et on peut envoyer la GV, toujours à 3 ris, sur tribord, avec le petit génois partiellement roulé tangonné à bâbord.

0930 : Le vent reforcit. On affale la GV, pour courir sous un demi petit génois toute la nuit.

10 mars huitième jour

Au lever du soleil, un grain fait tomber le vent qui tourne au NNE. On hisse la GV ENTIÈRE, SANS RIS. Vitesse 4 nds.

Position à 0800 : 17 59’ N 73 11’ W

On a la pointe est de l’Île à Vache par le travers vers 1230. Le livre Escales de Grande Croisière de Jimmy Cornell mentionne une marina avec pontons, moorings, électricité, eau, et même laverie et Wifi dans un patelin appelé Port Morgan, situé sur la côte sud de l’Île. Comme on n’a pas de carte de détail et que ni la carte générale qu’on trouve sur le logiciel Open CPN sur l’odi ni Navionics sur l’Ipad ne mentionne de Port Morgan, on longe la côte sud de l’île à distance prudente, qui est quasi rectiligne et n’a aucune baie ou anse pouvant abriter une marina ; au bout de six milles, la côte s’incurve vers le nord-ouest et contient une ou deux anses où ce serait possible. Mais non, il faut contourner l’ile par le nord et revenir dans une baie assez profonde contenant un joli bassin indiqué sur la carte comme étant profond d’un ou deux mètres, mais en fait profond de six ou sept, où cinq voiliers sont déjà à l’ancre (dont un équipé d’un CapHorn !) où on mouille vers 1530. Deux bateaux arriveront après nous, l’un sud-africain avec son génois défoncé et son vit de mulet cassé, l’autre, norvégien, a subi un knock-down qui a arraché ses panneaux solaires, défoncé un capot et emporté son dinghy ; cela atteste de la violence du coup de vent. Si on n’a subi aucune avarie, cela atteste de la compétence de Keven, qui agissait comme skipper et prenait les décisions importantes, et aussi peut-être de la robustesse de Jean-du-Sud et de son gréement.



Immédiatement on est envahis par plusieurs « boat boys » de tous les âges nous proposant toutes sortes de services. En fait, cet assaut est presque continuel. Ils viennent sur toutes sortes d’engins flottants qu’il faut écoper presque continuellement et propulsés par tout ce qui peut servir, planches, perches, même la tige d’une palme de cocotier, nous offrant de nous faire visiter l’île, demandant si on a quelque boulot pour eux, si on a des vieilles voiles, des vieux cordages qui pourrait servir à leur père qui est pêcheur ou du lait pour leur mère qui a un bébé, ou un biscuit… Ils restent agrippés à la filière jusque à ce que l’on cède. Ils sont toutefois très polis. La conversation commence par la question : « Comment t’appelles-tu ? Moi je m’appelle Wenson, ou Bélizair. Si tu veux, je peux te l’écrire sur un papier…

Ménage et séchage en règle, après le gros temps des derniers jours. On s’était dit qu’on souperait à terre ce soir. On débarque et monte à l’hôtel (celui qui devait construire la marina, mais en a été empêché par les gens de la place qui voulaient continuer à gagner leur vie avec les bateaux) ; l’hôtel est fermé faute de clients, mais à la cuisine, on dit qu’on pourrait nous servir à souper pour 35$US par personne. Pas de Wifi non plus ! Ashley, le premier boat boy à avoir atteint notre bateau nous a parlé, si l’hôtel ne peut pas nous recevoir, d’une dame qui fait à manger un peu plus loin sur le chemin. On marche quelques centaines de mètres dans un chemin boueux par endroits, et arrive dans un endroit éclairé par un lampadaire où brûlent deux feux â terre ; une table, quelques casseroles, quelques sacs de légumes et bidons divers directement sur la terre battue, deux bancs faits de deux poteaux verticaux plantés dans la terre reliés par un 2 x4 sur lesquels on s’assoit pour manger. La seule table supporte les autres ingrédients, les casseroles, etc. On peut nous servir poulet, plantain, patate douce pour 10 $ par personne. Ashley nous avait pourtant dit qu’on mangerait pour 3$. Méprise, les dollars sont des dollars d’Haiti, pas des US (on ne dit plus gourdes, semble-t-il). N’ayant pas encore la monnaie du pays, on se met d’accord pour 3 euros par personne. On désire notre poulet bouilli ou frit ? Frit ! On nous servira finalement sur une assiette de carton un pilon accompagné de tranches de patate douce et de plantain, frits aussi et d’une salade de choux, sur une assiette de carton. On mange avec les doigts, assis sur le 2X4, notre assiette dans les mains. Assez bon, toutefois. Toute une expérience !

11 mars

Keven et Gwen prennent le canot qui va aux Cailles, sur le « continent », où il y a, d’après Ashley, un supermarché. 25 personnes bien comptées sur un canot d’une vingtaine de pieds, non ponté, à se faire doucher d’embruns pendant 45 minutes protégés par une improbable bâche en plastique. Au Cayes, il n’y a pas de supermarché, qu’un marché public. Il ne reviennent qu’avec quelque fruits et légumes locaux. Même trouver du papier hygiénique était un exploit.

Souper créole


En matinée Doudou et Vilna accostent Jean-du-Sud dans leur pirogue pour nous demander si nous désirons un souper créole chez eux, à une vingtaine de minutes de marche. (Son vrai nom est Alexandre-Salomon, mais il est connu sous le surnom de Doudou.) J’accepte pour le même soir, mais à confirmer en début d’après-midi, après le retour de Keven et Gwen qui sont allés au Cayes. Un peu plus tard, ils reviennent pour me montrer les poissons qu’ils vont servir et qu’ils ont achetés d’un pêcheur. Mais c’est toujours à confirmer après le retour de Keven et Gwen, ce qui sera fait à leur retour. Doudou viendra nous attendre au débarcadère à 1730 pour nous guider chez lui et on convient du prix de 10 $US par personne.

À l’heure dite, il est déjà là et nous attend. Il nous mène chez lui, à une bonne demi-heure de marche. En route, on apprendra qu’il a quatre filles, que la population de l’Île à Vache est de deux mille personnes qu’on appelle Lavachois et Lavachoises (Lavachwaz en Créole), que l’ex-président Martelli était apprécié, et qu’on construira un aéroport « international » à l’extrémité est de l’Île. Arrivés chez lui, le souper est déjà prêt, mais avant, Vilna nous fait visiter sa maison, une pièce commune en avant, suivie de trois chambres à la suite, avec deux lits dans chacune. Une marmaille de petites filles grouille et rigole autour de nous, Certaines sont les leurs, d’autres sont leurs petites filles, leur ainée ayant 23 ans.

Cette fois-ci, on mangera à table ; il y a trois assiettes, mais trois cuillers à soupe comme seuls ustensiles. Poisson frit, purée de mangue, ris aux haricots. La bouffe est bonne, on mange à notre faim. On s’éclaire avec deux lampes Led, rechargeables au soleil, Doudou a bien un panneau solaire, mais pas de batterie ; lorsqu’il est venu proposer ses services, il m’avait demandé si j’avais des batteries et je lui avais donné une demi-douzaines de petites batteries, mais je comprends maintenant qu’il en cherchait une de douze volts. Il n’y a pas d’électricité sur l’île.

Keven avait convenu avec Ashley que lui et son copain Jasmin viendrait nous prendre avec leurs motos à 19 heures chez Doudou pour nous mener « en ville » boire quelques bières et danser. Keven et Gwen sur la moto d’Ashley, moi sur celle de Jasmin, à rouler sur une piste pleine de trous et de bosse, ressemblant davantage à une piste de moto cross qu’à une route. Il n’y a d’ailleurs pas de voitures sur l’île, faute de routes. Après une demi-heure nous faire sauter, on arrive en ville, à un bar appelé « Amical Bar » ; le petit groupe électrogène gronde sur le perron pour éclairer l’intérieur et alimenter la sono qui diffuse à vous péter les tympans de la musique d’Haiti. À notre arrivée, l’endroit est presque vide, mais se remplira à mesure que la soirée avance. Gwen remarque qu’elle est la seule fille. On y restera deux heures, boira quelques bières, mais on ne dansera pas. Les deux nous ramènent au bateau vers 22 heures, après une autre demi-heure à nous faire sauter le derrière sur la piste.

12 mars

Menus travaux à bord en matinée. En fin d’après-midi, visite du village en compagnie d’Ashley. Le village est très pittoresque, très propre, même la terre battue est balayée, il n’y traîne pas de feuilles mortes et les maisons sont joliment peintes ; je regrette de ne pas avoir apporté d’appareil photo, car on pourrait écrire un article sur l’Île à Vache pour l’Escale. On reviendra demain pour faire des photos. On est samedi et Keven, qui a voyagé au Mexique et en Asie, remarque que contrairement à ces endroits, où un grand nombre de personnes sont saoules les samedi, on ne voit personne intoxiqué.

13 mars

Ce matin, on rate le réseau du Capitaine, faute d’avoir avancé l’heure. En matinée, tournée dans le village pour faire les photos qui illustreront l’article. C’est dimanche et on voit beaucoup de personnes endimanchées, dont une dame dans un élégant tailleur, chaussée de talons hauts, marchant sur la terre battue. Deux offices religieux se déroulent en même temps, on entend les chants de l’un et le prédicateur de l’autre. La visite se termine à la boulangerie du village et dès qu’ils sortent du four, on achète des petits pains et rentre à bord.

1245 : On lève l’ancre ; Moteur, le vent étant faible. Mais au bout d’une heure, il s’établit à l’ouest du sud, et on hisse les voiles pour faire route au près bon plein, vitesse 4 – 5 nds, vers le cap Gravois, à 7 milles.

1620 : Cap Gravois sur le travers. La route s’incurvant vers le nord on se retrouve au grand largue et on empanne et tangonne le petit génois à bâbord et hisse le grand de l’autre bord. Vitesse, 4 nds.

2100 : Comme on approche de la pointe ouest d’Haiti et du cap Tiburon, le vent vire au NE ; on empanne.

2300 : Le vent arrive maintenant de l’autre côté du cap, du NNE. Affalé le petit génois pour naviguer au près serré, tribord amure. Comme il n’y a pas de mer, la vitesse reste autour de 4 nds.

14 mars

À minuit, le vent tombe. Moteur.

0700 : 18 34’ N, 74 39 W. Le vent revient, du NNE. On re-hisse le génois pour naviguer au près serré.

0800 : Vent trop pointu et trop faible. Moteur (8 heures depuis le départ). Santiago à 106 milles.

0900 : Le vent adonne en forcissant un peu à 15 nds. Envoyé le grand génois et la GV, près bon plein, 5 + nds,

1100 : Forcit encore ; remplacé le grand génois par le petit. La mer se creuse et les embruns commencent, il faut fermer à l’avant. Vent légèrement sur l’avant du travers, force 4, vitesse 5 nds.

En mi-journée, le vent forcit encore et il faut prendre un ris et rouler un peu de génois. Ça se met à arroser. Mais en milieu d’après-midi, ça mollit un brin et arrose moins.
Ça continue comme ça tout le reste de la journée et de la nuit ; le vent forcit, on prend des ris, il faiblit et on les largue.

15 mars

Au petit matin, le vent tombe. Moteur jusqu’à Santiago.

À 0700, on est à 10 milles de Santiago de Cuba. Pas de réseau du Capitaine, faute de propagation.

0930 : L’ancre tombe dans la baie de Santiago. On nous dirige vers un mouillage à l’écart pour attendre l’inspection sanitaire. En fait, on l’attendra jusqu’à 1530 ; il semble qu’un paquebot de croisière soit arrivé avant nous, ce qui retient le médecin.

C’est Keven, à titre de « capitan », et qui parle espagnol en plus, ayant étudié cette langue au cegep et séjourné 7 mois au Mexique, qui discute avec le médecin. D’abord, on prend notre température, pour s’assurer que nous sommes vraiment en bonne santé. Puis il faut montrer nos certificats d’assurance médicale. La procédure entière prendre plus d’une heure. Puis on ramène le médecin à la marina où il faut passer à l’immigration avec nos passeports et répondre aux questions : « Avez-vous de la viande, des fruits, des légumes ? etc… puis à la douane où trois agents accompagnés d’un chien viennent inspecter le bateau. La procédure entière prendra plus de deux autres heures.

On n’est pas autorisés à nous mettre à l’ancre, il faut être à la marina qui consiste en un quai en ciment, où se trouvent déjà une dizaine de voiliers, au prix d’une douzaine de dollars par jour. La ville de Santiago est à 7 kilomètres, on n’est pas autorisés à aller mouiller devant et le taxi pour y aller coûte 10$. Il y a des bus, mais on ne sait pas quand ils passent. Aussi un bateau qui y va 3 fois par jour, qu’on prendra demain pour aller faire des courses, car il ne reste presque rien à manger à bord, il n’y avait rien à acheter en Haiti.

Il n’y a pas de connexion wifi à la marina, peut-être une en ville.

Les gens sont tout de même charmants, très courtois et le charme de Keven opère une nouvelle fois, car le médecin nous invite à dîner chez lui demain soir, en compagnie du couple de l’autre bateau arrivé un peu avant nous.

On prévoit rester environ deux semaines à Cuba et aller à la Havane, distant de 1000 km ; un train de nuit y mène. Après Cuba, on mettra le cap au nord pour ramener Jean-du-Sud sur la côte américaine où on viendra le chercher avec la remorque, car les guides de croisière déconseillent de remonter plus nord avant le mois de mai et Keven, qui doit être à Gaspé pour y travailler dès le début de mai, sera seul à bord après mon départ à la troisième semaine d’avril et ne veut pas prendre ce risque.

16 mars

On prend le bateau de 1230 pour aller en ville à Santiago. La ville est bruyante, pas spécialement intéressante (c’est la deuxième ville de Cuba après La Havane). Au débarquement, on est assaillis par des gens qui nous offrent le taxi, le guide, etc. Ernest, un Suisse à bord d’une vedette à moteur à bord de laquelle il a traversé l’Atlantique et qu’il a promenée presque partout en Amérique du Nord, du Mississipi à l’Outaouais (il est même passé devant chez nous pour aller à Ottawa), nous guide vers l’endroit où on peut échanger de l’argent dans un distributeur de billets et acheter les cartes pour l’internet et le téléphone. Pas de problème pour l’argent, les CUC (Convertible Unidad Cubana, valant 1 $US qu’utilisent les touristes, les Cubains payant en pesos, 24 au CUC). Pour les cartes internet et téléphone, il faudra faire la queue pendant une heure. 2 CUC pour une heure d’internet et 5 CUC pour 3 minutes de téléphone à l’étranger. L’après-midi y passe. On tente d’acheter quelques bières et bouteilles en vue de la soirée chez le docteur, mais plusieurs magasins sont fermés en raison d’une « fumigation » qui doit éliminer les parasites, car il y a eu quelques cas de fièvre maligne. On finit par acheter quelques bières et bouteilles de vin, un pain et quelques fruits pour le petit déjeuner de demain. Pour le reste, il faudra revenir, il est trop tard le meilleur choix au marché étant en matinée, il n’y reste presque plus rien.

Je croyais que c’était le charme de Keven et sa connaissance de l’Espagnol qui nous avait valu cette invitation chez le docteur Luis. Erreur. Le voilier arrivé peu avant nous hier était mené par un couple de Bretons Titou et Cathy, qui sont musiciens. Titou est pianiste et Cathy l’accompagne à la percussion (Titou est même venu il y a quelques années jouer à la Fête des Chants de Marins à Saint-Jean-Port-Joli). Luis, le docteur, amateur de musique, les avait déjà invités lorsqu’il les avait visités sur leur bateau avant le nôtre. La cousine de Luis, Ileana, qui chante en s’accompagnant à la guitare, est aussi de la fête. Toute la soirée, on entendra de la musique cubaine, mais aussi sud-américaine, etc. Vers la fin de la soirée, la discussion devient politique car Keven réclame des chansons de son chanteur cubain préféré, Silvio Rodriguez, mais il se trouve que ce dernier chante la révolution, bien sûr, mais en dénonce les dérives, car comme il était poète et non conventionnel, on l’a envoyé dans un camp de rééducation, comme on l’a fait pour les homosexuels et autres marginaux. Ma connaissance limitée de l’Espagnol me permet de suivre approximativement la conversation et Keven, lorsqu’il le peut me donne quelques tuyaux, mais celle-ci est animée. La soirée se terminera à 2300, le retour à la marina se faisant dans une voiture taxi d’origine soviétique datant des années 50, à la carrosserie abondamment rapiécée, et au pot d’échappement défoncé ; je ne saurai jamais si les multiples cahots qu’elle fait sont dus à ses amortisseurs finis ou à la mauvaise qualité de la chaussée.

Vendredi 18 mars

Quelques ballades « pédestres » ces jours derniers ne forcent à constater que je n’ai plus l’énergie de marcher en ville au grand soleil à longueur de journée. Aussi, on croyait qu’on pourrait parcourir les 1000 km d’ici à la Havane à bord d’un train de nuit. Renseignement pris, il semble que ce train ne soit pas fiable et tombe souvent en panne. L’avion étant hors de nos prix, il semble que le meilleur moyen soit le bus, mais celui-ci ne part que lorsqu’il est plein et s’arrête souvent. C’est pourquoi je préfère rester ici et laisser les deux jeunes aller à la Havane sans moi.

Je le constate maintenant, j’ai atteint l’âge où on n’a plus de plaisir à se faire bouillir dans un autobus arrêté au grand soleil, puis se faire sauter sur un millier de kilomètres pour une fois à destination, marcher encore des kilomètres en ville au soleil dans le bruit et la pollution. En dépit de l’intérêt humain ou culturel que représentent la Havane et le concert des Rolling Stones, un événement qui sera sans doute historique. Ce n’est pas une décision facile à prendre et je la prends avec regret. Une autre prise de conscience que l’âge me rattrape. Un autre deuil à faire.

Samedi 19 mars

Lundi 28 mars

Keven est revenu de la Havane hier en mi-journée. Il semble que la météo annonce une panne d’alizé dans les jours qui viennent, alors on a décidé de partir en fin de journée aujourd’hui. On va en ville ce matin faire des courses et on partira dès qu’on sera prêts en fin de journée. S’il n’arrive pas de trop gros temps, on va tenter de faire la traversée directement vers la côte américaine, Beaufort ou même Norfolk, mille milles, sans nous arrêter aux Bahamas.

VACATIONS AU RÉSEAU LUNDI MATIN

PANACHE : Normand et Johanne ont quitté Caicos ce matin à 06h00 et naviguent en direction de Mayaguana. Position au moment du Réseau : 21-46 N et 72-32 W avec un vent d'environ 15 noeuds et une itesse de 6 noeuds. Son ETA est vers 15h00. NenuFar a quitté à 06h30 pour la même destination

JEAN DU SUD : Yves et l'équipage prévoient quitter Santiago de Cuba en fin PM à destination de la côte Est des États-Unis sans passer par les Bahamas. Doivent naviguer à la voile car la seule assistance moteur qu'ils ont est un petit moteur hors bord - le moteur principal ayant un problème majeur.

OCÉANE 2 : Jean et Jacinthe sont à Ste-Anne (Martinique) et tout le groupe (une vingtaine) se sont rendus aux Salines hier pour un pique-nique. Prévoient un départ demain en direction de Ste-Lucie. Retour au QUébec le 12 avril

PASSION REBELLE : Mathieu et la famille sont à Gilligan Island et profitent au maximum des environs qu'ils trouvent tout simplement superbe. Quitteront probablement demain matin en direction de Ponce

ONE LIFE : Sébastien et Marie-Claude sont à Lee Stocking Island et ont découvert un sentier avec une vue panoramique. Prévoient une plongée aujourd'hui avant de reprendre la navigation demain

L'EAU-DACE 4 : Martin et Lisette sont à Guanaja et ont visité les alentours en fin de semaine en bonne compagnie. Attendent une pièce pour le moteur - effectueront les réparations dès réception et poursuivront leur navigation par la suite.

PINNACLE : Robert et Ginette sont à St-Martin encore pour la semaine et attendent la visite de leur beau-frère puis espèrent une météo favorable pour se diriger vers Saba la semaine prochaine

PRANA : Denis et Louise quittent St-Martin ce matin en direction de Colombier (St-Barh) - Prochaine destination sera St-Kitts/Nevis selon la météo

samedi 26 mars 2016

VACATIONS AU RÉSEAU SAMEDI MATIN

Je souhaite à tous un très bon congé pascal !


Nycole


BLACK CAT : Bernard et la famille ont quitté St-Thomas (USVI) hier et se sont dirigés vers Culebra où ils ont passé la nuit. Ce matin, ils ont quitté en direction de Puerto Rico - probablement Salinas si les conditions le permettent - ils sont à 60mn de cette destination. Sinon, ils s'arrêteront à un autre endroit sur la côte. Vent de 20 à 25 noeuds - allure portante - vitesse de 7.5 noeuds et tout va très bien - personne n'a le mal de mer

PANACHE : Normand et Johanne sont à la marina de Sapodilla et y demeureront pour le week-end. Très venteux - ils prévoient quitter probablement mardi si la météo le permet pour se diriger vers Mayaguana

OCÉANA 1 : Luc et Aline sont a Grand Caiman et prévoient quitter mardi à destination de Provincia, une distance de 350 mn

ONE LIFE : Sébastien et Marie-Claude sont à Georgetown; ce matin : chasse à la langouste au programme avant que la saison soit fermée (1er avril). Quitteront en PM à desetination de Rat Cay et exploreront de nouveaux endroits au cours des prochains jours

BEARAWAY : Jean et Danielle sont dans les Hollandes (San Blas) et dvraient avoir des nouvelles de leur fille Valérie qui devrait arriver à Bruxelles aujourd'hui

JEAN DU SUD : Yves et l'équipage sont à Santiago de Cuba et prévoient quitter mardi ou mercredi pour poursuivre leur remontée vers les États-Unis; selon les conditions, ils s'arrêteront aux Bahamas ou se rendront directement aux USA

UNI : Gilles et Nicole sont maintenant à leur marina de Titusville où ils sont arrivés hier midi après avoir complétés leurs formalités à Cap Canaveral. La sortie de l'eau est prévue pour mardi. Ils prépareront le bateau pour le remisage puis reviendront au Québec. ZULU est également à cette marina

jeudi 17 mars 2016

JEAN DU SUD - Yves et l'équipage à CUBA

15 mars

Au petit matin, le vent tombe. Moteur jusqu’à Santiago.

À 0700, on est à 10 milles de Santiago de Cuba. Pas de réseau du Capitaine, faute de propagation.

0930 : L’ancre tombe dans la baie de Santiago. On nous dirige vers un mouillage à l’écart pour attendre l’inspection sanitaire. En fait, on l’attendra jusqu’à 1530 ; il semble qu’un paquebot de croisière soit arrivé avant nous, ce qui retient le médecin.

C’est Keven, à titre de « capitan », et qui parle espagnol en plus, ayant étudié cette langue au cegep et séjourné 7 mois au Mexique, qui discute avec le médecin. D’abord, on prend notre température, pour s’assurer que nous sommes vraiment en bonne santé. Puis il faut montrer nos certificats d’assurance médicale. La procédure entière prendre plus d’une heure. Puis on ramène le médecin à la marina où il faut passer à l’immigration avec nos passeports et répondre aux questions : « Avez-vous de la viande, des fruits, des légumes ? etc… puis à la douane où trois agents accompagnés d’un chien viennent inspecter le bateau. La procédure entière prendra plus de deux autres heures.

On n’est pas autorisés à nous mettre à l’ancre, il faut être à la marina qui consiste en un quai en ciment, où se trouvent déjà une dizaine de voiliers, au prix d’une douzaine de dollars par jour. La ville de Santiago est à 7 kilomètres, on n’est pas autorisés à aller mouiller devant et le taxi pour y aller coûte 10$. Il y a des bus, mais on ne sait pas quand ils passent. Aussi un bateau qui y va 3 fois par jour, qu’on prendra demain pour aller faire des courses, car il ne reste presque rien à manger à bord, il n’y avait rien à acheter en Haiti.

Il n’y a pas de connexion wifi à la marina, peut-être une en ville.

Les gens sont tout de même charmants, très courtois et le charme de Keven opère une nouvelle fois, car le médecin nous invite à dîner chez lui demain soir, en compagnie du couple de l’autre bateau arrivé un peu avant nous.

On prévoit rester environ deux semaines à Cuba et aller à la Havane, distant de 1000 km ; un train de nuit y mène. Après Cuba, on mettra le cap au nord pour ramener Jean-du-Sud sur la côte américaine où on viendra le chercher avec la remorque, car les guides de croisière déconseillent de remonter plus nord avant le mois de mai et Keven, qui doit être à Gaspé pour y travailler dès le début de mai, sera seul à bord après mon départ à la troisième semaine d’avril et ne veut pas prendre ce risque.

16 mars

On prend le bateau de 1230 pour aller en ville à Santiago. La ville est bruyante, pas spécialement intéressante (c’est la deuxième ville de Cuba après La Havane). Au débarquement, on est assaillis par des gens qui nous offrent le taxi, le guide, etc. Ernest, un Suisse à bord d’une vedette à moteur à bord de laquelle il a traversé l’Atlantique et qu’il a promenée presque partout en Amérique du Nord, du Mississipi à l’Outaouais (il est même passé devant chez nous pour aller à Ottawa), nous guide vers l’endroit où on peut échanger de l’argent dans un distributeur de billets et acheter les cartes pour l’internet et le téléphone. Pas de problème pour l’argent, les CUC (Convertible Unidad Cubana, valant 1 $US qu’utilisent les touristes, les Cubains payant en pesos, 24 au CUC). Pour les cartes internet et téléphone, il faudra faire la queue pendant une heure. 2 CUC pour une heure d’internet et 5 CUC pour 3 minutes de téléphone à l’étranger. L’après-midi y passe. On tente d’acheter quelques bières et bouteilles en vue de la soirée chez le docteur, mais plusieurs magasins sont fermés en raison d’une « fumigation » qui doit éliminer les parasites, car il y a eu quelques cas de fièvre maligne. On finit par acheter quelques bières et bouteilles de vin, un pain et quelques fruits pour le petit déjeuner de demain. Pour le reste, il faudra revenir, il est trop tard le meilleur choix au marché étant en matinée, il n’y reste presque plus rien.

Je croyais que c’était le charme de Keven et sa connaissance de l’Espagnol qui nous avait valu cette invitation chez le docteur Luis. Erreur. Le voilier arrivé peu avant nous hier était mené par un couple de Bretons Titou et Cathy, qui sont musiciens. Titou est pianiste et Cathy l’accompagne à la percussion (Titou est même venu il y a quelques années jouer à la Fête des Chants de Marins à Saint-Jean-Port-Joli). Luis, le docteur, amateur de musique, les avait déjà invités lorsqu’il les avait visités sur leur bateau avant le nôtre. La cousine de Luis, Ileana, qui chante en s’accompagnant à la guitare, est aussi de la fête. Toute la soirée, on entendra de la musique cubaine, mais aussi sud-américaine, etc. Vers la fin de la soirée, la discussion devient politique car Keven réclame des chansons de son chanteur cubain préféré, Silvio Rodriguez, mais il se trouve que ce dernier chante la révolution, bien sûr, mais en dénonce les dérives, car comme il était poète et non conventionnel, on l’a envoyé dans un camp de rééducation, comme on l’a fait pour les homosexuels et autres marginaux. Ma connaissance limitée de l’Espagnol me permet de suivre approximativement la conversation et Keven, lorsqu’il le peut me donne quelques tuyaux, mais celle-ci est animée. La soirée se terminera à 2300, le retour à la marina se faisant dans une voiture taxi d’origine soviétique datant des années 50, à la carrosserie abondamment rapiécée, et au pot d’échappement défoncé ; je ne saurai jamais si les multiples cahots qu’elle fait sont dus à ses amortisseurs finis ou à la mauvaise qualité de la chaussée.