Nouvelles des Navigateurs

Ce blogue a été conçu par Nycole - VE2KOU et se veut un point de rencontre
entre les navigateurs, familles et amis du Réseau du Capitaine et de la CONAM.

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mardi 26 août 2014

BALTHAZAR - Guy et l'équipage en navigation vers SEWARD

Mardi 26 août, 19h30

Nous sommes partis ce matin à 6h00. Nous venons de tourner à la pointe du cap et tout va bien. La réparation de fortune du moteur tient bien et nous naviguons dans une mer passablement houleuse, sans vent et quelques nuages, mais pas de pluie pour l'instant.

On se croise les doigts pour que le moteur tienne la route. On se rendra le plus loin possible aujourd'hui, soit dans Resurrection Bay où se trouve, à 15 milles tout au fond, la ville de Seward.

lundi 25 août 2014

BALTHAZAR - Guy et l'équipage en navigation

À 90 milles de STEWARD

Depuis quelques jours, j'ai une dent qui me fait mal et ce matin, ça ne semble pas s'arranger. Je prends une bonne dose d'acétaminophènes, ça devrait soulager le tout.

Nous préparons notre départ et Guy va lever les deux ancres et j'embraye le moteur en marche avant. Il fait un bruit bizarre... je mets tout de suite au neutre. Guy revient et je lui dis que le moteur fait un drôle de bruit... Ah, zut?! Il repart en avant pour mouiller l'ancre de nouveau.
C'est un scénario que nous avons déjà connu, ce bruit bizarre et Guy sait d'où ça vient. Il va dans le compartiment moteur pour resserrer l'arbre d'hélice à l'accouplement moteur... On réessaie la marche avant. Ça ne fonctionne pas. Il recommence le manège par tous les moyens pour serrer le plus possible le tout... Pas de changement.

L'autre solution, qu'il me dit, est d'aller dans l'eau et de pousser l'arbre vers l'intérieur, parce qu'il est possible que l'arbre soit déplacé vers l'arrière. Oui, mais l'eau est plutôt froide par ici?! Il se rappelle soudain qu'un ami nous a prêté des vêtements de survie étanches. Ils se trouvent dans le fond du coffre extérieur... en dessous des poubelles. La belle affaire?! Nous sortons tout le fouillis et trouvons enfin le vêtement. Je replace le tout et Guy me dit qu'il a aussi besoin de ses lunettes de plongée rangée, devinez où? Dans le fond du coffre. C'est vrai qu'on ne s'en sert pas souvent sous ces latitudes, on espère en tous cas. On finit par trouver les fameuses lunettes et Guy enfile le vêtement du mieux qu'il peut, je l'aide à terminer pour lui mettre ses lunettes en dessous de la capuche et...j'éclate de rire?! Je ne peux pas faire autrement, un fou rire me prend en le voyant ainsi vêtu. Il ressemble à monsieur patate rose fluo. Avec ses mitaines et ses bot tillons. Hilarant?!
Je me vois en situation de survie, exploser de rire dans l'eau à la vue de son costume... Ça égayerait, pour le moins, la situation.

Il plonge, ou plutôt, il descend par l'échelle qui va dans l'eau à l'arrière et se met à réfléchir à la meilleure façon de plonger pour atteindre, vêtu de la sorte, l'hélice et son arbre... C'est un peu loin si on considère que l'habit est fait pour flotter... Il s'accroche ensuite à l'arrière et réalise que ses pieds touchent le bout de l'hélice et qu'il peut la pousser ainsi. Après un bon coup, on espère que ça sera suffisant pour réparer le problème.

On recommence le manège, réparation et essai moteur... rien ne va.
Il faut trouver une autre solution. Guy me parle d'un époxy spécial pour le métal qu'il vient juste d'acheter. En réfléchissant, il me dit qu'il faudrait mettre le bateau au sec, c'est-à-dire l'échouer sur la rive, dans la baie, pour faire une bonne réparation.
On annonce une grande marée, ça devrait pouvoir se faire, mais il faut aller inspecter la rive d'abord, et observer les fonds. Nous mettons l'annexe à l'eau, sous une pluie battante, et allons inspecter les lieux. J'apporte des bidons que nous pourrons remplir aux cascades qui dévalent les montagnes.

Après avoir inspecté presque toutes les berges, nous devons nous rendre à l'évidence que c'est un peu risqué, vu la quantité de roches qui tapissent le fond. Après avoir fait le plein de nos bidons, nous revenons à bord un peu déboussolés. Il est 12 h 30 et ma dent commence à me faire drôlement mal. Nous prenons un repas rapide et en me lavant les dents, je détecte une masse sur ma gencive. Je presse dessus et crève l'abcès qui dévoile une infection déjà bien avancée. Je reprends des acétaminophènes et sors les antibiotiques que j'ai à bord en prévision de coup dur... Allez hop?! J'en ai pour 15 jours, le temps de revenir à Montréal et d'aller voir mon dentiste.

En attendant, je vais me coucher, car cette petite opération à ma dent ne m'a pas fait grand bien. Après une heure, les médicaments font enfin leurs effets et j'aide Guy à remonter l'annexe sur le pont. Il tente maintenant de faire la réparation à l'époxy même si nous sommes sur l'eau, pendant que j'écris nos dernières aventures. Demain matin à l'aube nous tenterons de faire tourner cet arbre d'hélice et de quitter ce mouillage.

BALTHAZAR - Guy et l'équpage èa SUNDAY BAY

Dimanche 24 août,
Par le hublot, j'aperçois une loutre qui s'amuse dans l'eau. En fait, non, elle est en train de manger quelque chose qu'elle tient entre ses pattes de devant. Couchée sur le dos, elle ne semble pas s'inquiéter de la pluie et des forts vents qui s'abattent sur nous depuis hier soir.

Nous avons mis deux ancres en prévision de ce coup de vent attendu. Nous sommes bien à l'abri au fond d'une profonde baie encastrée entre d'immenses montagnes. Sunday Bay. À chaque rafale, Balthazar est propulsé d'un côté et de l'autre avec un bon coup de gîte, nous laissant, Guy et moi, un petit noeud à l'estomac. Pas que nous soyons très inquiets de la situation, mais plutôt sur le qui-vive, car avec ces hauts sommets qui nous entourent, les vents sont d'une force surprenante.

Cette nuit, un bruit suspect a fait sortir Guy des couvertures. Il est allé sur le pont, a marché jusqu'à l'étrave pour inspecter chaînes et câblot. Le gros crochet au bout du cordage servant d'amortisseur à la chaîne a disparu dans une violente rafale. Rien de grave, quelques tours sur la grosse bitte avant et la chaîne fait son boulot, mais Guy revient transi de sa virée sur le pont. Ne trouvant plus le sommeil, il reste à veiller. On évalue certaines rafales à plus de 40 noeuds (autour de 80 km/h).

Les ancres tiennent bien, mais ce vent nous force au respect. Nous sommes en congé forcé, mais pas insouciants. Nous lisons, écoutons de la musique, jouons aux cartes... en ayant constamment nos pensées à l'extérieur, là où les éléments hurlent leurs présences.

Nous venons de terminer la réserve d'eau de tribord. Cent soixante litres d'eau en une semaine! C'est beaucoup! Nous avons dû condamner l'accès direct à l'eau salée, ce qui nous fait laver la vaisselle à l'eau douce. La pompe donnant accès à l'eau salée a fait défaut comme plusieurs petites choses, cet été. Balthazar montre des signes de fatigue. Il aura besoin de beaucoup de soin au printemps prochain, avant la prochaine mise à l'eau.

Par moment, le vent s'arrête complètement, nous apportant un doux réconfort et un grand silence. Tout doucement, on imagine le calme revenu. Lorsque le vent revient en force, on sait que ça finira bien un jour... Je commence à avoir hâte de quitter cette baie.
Vivement le retour au calme et au soleil!

vendredi 22 août 2014

BALTHAZAR - Guy et l'équipage aux pieds des glaciers...

Jeudi 21 août 2014

Température extérieure: autour de 20 C

À 14 h 30 l'ancre touche le fond de Tonki Bay à la suite d'une navigation d'une trentaine de milles. Tout autour un paysage de conifères, on se croirait dans le parc du Mont-Tremblant, au Québec. Balthazar est seul ancré dans cette baie profonde de 5 milles. Le reste de la journée est dédiée au repos. Nous ne mettons même pas le canot pneumatique à l'eau.

Si la météo tient ses promesses, demain nous aurons tout juste le temps de faire les 70 milles qui nous séparent de la Péninsule de Kenai avant que les vents d'Est ne se lèvent. Nous avons choisi une Baie du nom de Sunday Harbor pour faire notre arrivée aux pieds des glaciers. Les navigations suivantes nous permettront de découvrir quelques glaciers parmi les suivants: Addisson, Aialik, Bear, Holgate, Northwestern, Mc Carty, Petrof, Pedersen, Yalik, Split, et quelques autres.

NOTE: Nous ne pouvons envoyer de photos avec ce système de courriel par Radio amateur, mais vous pouvez en voir quelques-unes sur notre site sous l'onglet Passage du Nord-Ouest: www.voilierbalthaza.ca ainsi que sur la page Facebook de " voilierbalthazar ". N'hésitez pas à vous joindre à nous sur notre page Facebook et à y laisser vos commentaires et même partager notre page à vos amis, connaissances... pourquoi pas?

dimanche 17 août 2014

BALTHAZAR - Guy et l'équipage à KODIAK

Mercredi 13 août, Kodiak 57 47 20N 152 24 56W
En bateau, arriver dans une ville où les services sont nombreux rime avec corvées. Nous avons commencé par faire une liste et d'établir les priorités; aller à l'épicerie, trouver la buanderie pour y faire 3 bonnes brassées, acheter huile et antigel pour le moteur et aller rencontrer un couple de pâtissier Français, de bons amis de notre ami Phil le marin du bateau le Manguier. Commençons par aller dire bonjour à Martine et Joël. Leur café, Mill's Bay Coffee, a pignon sur rue à quelques milles d'ici. Ils ont peut-être un accès internet, ça fera d'une pierre deux coups?!

Équipés d'une carte de la ville, nous nous rendons chez Mill's Bay Coffee rencontrer Joël, pâtissier et cuisinier très accueillant. Nous sympathisons rapidement, il nous propose sa voiture pour faire nos courses, nous invite à souper et accepte d'emblée de participer à notre film.

La voiture est vraiment appréciée dans cette ville où les services sont à bonne distance pour des marcheurs. Ça va nous faciliter grandement la vie.

L'épicerie se fait en deux temps trois mouvements. Après dîner nous partons en auto avec nos trois gros sacs de lavage. Pendant que Claire attend le cycle de séchage, Guy va à la bibliothèque pour ajouter des photos à nos textes sur notre site. Aller voir à www.voilierbalthazar.ca.

Jeudi 14 août,
Aujourd'hui, nous profitons de la voiture pour voir du paysage et faire quelques prises de vues. Au retour, vers 15 h, le port est en effervescence. Plusieurs dizaines bateaux de pêche aux saumons sont de retour depuis qu'un arrêt des activités fut décrété hier soir à 21 h. Les pêcheurs sont sur le pont de leur bateau à remailler leur filet, à réparer ce qui cloche avec l'espoir de retourner en mer bientôt.

Depuis le début de notre voyage nordique, en 2012, nous espérons voir des ours. Dans le Grand Nord, les ours blancs se sont bien cachés et nous n'avons vu que des empreintes dans le sable des plages. Maintenant, nous espérons que le fameux Grizly de Kodiak, le plus gros ours au monde, saura se montrer le bout du nez… et le reste du corps tant qu'à faire!

mercredi 13 août 2014

BALTHAZAR _ Guy et l'équipage à KODIAK (Alaska)

Mardi 12 août,
Small boat bassin,
Kodiak

Nous arrivons à l'entrée du port à 3h par une nuit noire, sans lune et sans étoiles. Depuis quelques heures, les feux des bouées balisant le chenal se confondent parfois avec ceux de la ville et de l'aéroport. Heureusement le vent est faible et l'approche se fait à moteur au ralenti. À 1 mille du port, nous repérons aisément les feux d'entrées. Cependant je n'arrive pas à garder le cap. Il doit y avoir un courant traversier, car je ne cesse de corriger ma route vers tribord. Je me frotte les yeux et je découvre que le port se déplace vers la droite, il bouge. La masse lumineuse arborant les feux vert et rouge est en fait un cargo qui bouge lentement vers notre droite et le port se trouve derrière.

Nous nous écarquillons les yeux pour trouver la bouée verte "C1", bouée lumineuse marquant le chenal d'approche, quand une masse sombre défile sur tribord, son feu ne fonctionne pas?! Ont n'a bien failli la heurter. Heureusement, les feux verts et rouges marquant l'entrée du port sont bien visibles et nous embouquons le chenal d'entrée. Des amis nous ont confirmé que nous pouvions ancrer dans la partie Nord-Ouest du port. À vitesse réduite, nous essayons de voir où nous pourrions mouiller l'ancre, mais il fait si sombre, les distances sont difficiles à évaluer et ajouté à la fatigue présente, nous décidons rapidement de prendre un quai.

Paraît-il que la marina coûte chère, mais nous ne rêvons que d'une bonne... demi-nuit de sommeil. Il est 4h, Balthazar est bien amarré, une petite soupe chaude et dodo!

BALTHAZAR - Guy et l'équipage dans la baie de Pasagshak - (Ile de Kodiak - Alaska)

Dimanche 10 août,
Ancré dans la Baie Pasagshak
57 27 64N 152 28 07W

La météo nous gratifie de brouillards, vents et crachins. Nous sommes mouillés à quelques encablures de la plage toute au fond de la baie Pasagshak. Quelques maisons s'étalent le long de la plage, une route semble relier ce hameau à la ville de Kodiak, en passant par les montagnes. Nous passerons une nuit tranquille.

Lundi 11 août.
Baie de Pasagshak

Je me lève avec une pensée pour Thérèse Balthazar, la marraine du bateau, ainsi que la mère de Guy. C'est son anniversaire de naissance aujourd'hui. Bonne fête Thérèse!

La météo annonçait des vents faibles changeant au sud-est en après-midi, parfait pour partir d'ici et nous rendre à la ville de Kodiak. Navigation de 40 milles qui devrait nous prendre 8 heures avec un vent portant. Nous partons à 8h et après deux heures de route, devant Narrow Cape le vent devient pile de face et bien établi à 20 noeuds et accompagné d'une vague de huit pieds. Pas bon du tout. Nous rebroussons chemin et revenons nous réancrer dans cette jolie baie paisible. Il pleut toujours mais quelques rayons de soleil nous envoient un bel arc-en-ciel, tout près de notre ancrage. Bon présage ou clin d'oeil de Thérèse?

Nous revérifions la météo qui a encore changée. On annonce des vent du sud à 20-25 noeuds pour cette nuit. Ça veut dire que nous ne pourrons pas rester ici cette nuit car notre ancrage est grand ouvert au Sud ..à moins que la météo ne change encore?
Que faire? Naviguer cette nuit? Georges voulait arriver à Kodiak aujourd'hui, peut-il attendre encore? Il y a peut-être une possibilité de trouver un transport à terre pour se rendre à la ville qui n'est pas bien loin d'ici par voie terrestre.

Une petite sieste devrait aider à voir plus clair dans tout ça...
Une heure plus tard, Georges et Guy décident d'aller voir à terre pour trouver un transport. Ils reviennent contents. Georges a trouvé une personne qui se rendait justement à Kodiak et accepte de le prendre. Elle attend sur la plage qu'il revienne avec ses valises. Un autre départ rapide de Balthazar! On se reverra à la ville de Kodiak dans quelques jours peut-être!

Pendant le temps que Guy amène Georges à la plage, il rencontre Mike, qui l'invite à venir prendre l'apéro chez lui. Ça en prendrait moins que ça pour que Guy accepte! Il vient me chercher et nous partons à la rencontre d'un couple fort sympathique qui se sont construit, ici, dans ce lieu éloigné et sauvage, une immense maison pour le moins paradisiaque, avec un confort absolu et tout ce qu'il faut pour être parfaitement autonome dans cet endroit. Ils sont retraités tous les deux et jouissent apparemment d'une grande fortune et aiment bien accueillir des visiteurs, ainsi que leur famille, leurs enfants et petits enfants qui viennent les voir pendant les fins de semaine.

Ils nous affirment que le bon moment pour naviguer est ce soir et cette nuit car la dépression qui s'en vient est forte et arrivera dès demain et nous empêchera de naviguer pour quelques jours. Georges a bien fait de s'en aller en auto. Nous revenons donc à bord vers 19h30 et partons à 20h00 pour naviguer de nuit. Nous prévoyons arriver au mouillage dans le port de Kodiak vers 4 heures demain matin.

samedi 9 août 2014

BALTHAZAR - l'équipage à Old Harbor - Kodiak

Mercredi 6 août,

Nous avons quitter ce matin un petit mouillage à proximité d'une usine de cannage de poisson. Nous ne sommes même pas allés à terre car nous étions bien trop contents de simplement nous arrêter, de prendre un bon souper et aller dormir au calme de cette petite baie sympathique du nom de Lazy Bay au Sud-Ouest de l'île Kodiak.

Après ce cours mais excellent repos, nous repartons pour une navigation qui nous mènera, si les vents sont favorables, à Old Harbour distant d'une cinquantaine de milles.

Pour l'instant, nous naviguons à moteur car le vent n'est pas très présent. Nous venons de croiser une famille de baleines qui ajoutent une touche magique à notre quotidien. Très lentes, elles déploient leur queue et plongent dans les tréfonds de la mer. Beau moment qu'on essaie d'immortaliser sur nos appareils photos.

Les minutes coulent doucement. Nos discussions s'approfondissent; nous parlons de la valeur du temps, de la richesse d'une vie autonome, de la possibilité de choisir... nous philosophons quoi! George me confie, que lors d'un de ses nombreux voyage, il a fait la rencontre furtive mais déterminante au Cambodge, d'une femme très âgée vivant dans une petite grotte au pied d'une pagode (sorte de temple dédié aux Dieux) et qui l'a accueillit avec un merveilleux sourire qui lui a laissé une impression de plénitude. Qu'est-ce que j'ai à me poser des questions et à vouloir toujours plus quand un simple sourire peut laisser une telle empreinte!

Pendant ce temps, nous longeons la côte de l'île de Kodiak couverte de hautes montagnes à perte de vue, certaines ont des sommets tout rond, d'autres des pics acérés. L'horizon demeure vaste malgré la présence des montagnes et confère au paysage une impression de vastitude.

Nous prévoyons arriver à Old Harbour, vers 20h00, si les vents du Nord ne se lèvent pas tout de suite. On annonce une bonne dépression demain et nous espérons être à l'abri près d'un village où nous pourrions peut-être laver le linge, prendre une douche, faire une petite épicerie, aller sur internet... Et une foule de choses encore, comme aller marcher, rencontrer des gens d'ici, commencer un petit reportage...

Maintenant, une large brèche s'ouvre et on s'engouffre dedans. Le détroit Sitkalidak nous accueille et cela nous réjouit car nous avançons vents portants. Ceux-ci nous annoncent une arrivée à bon port; Old Harbour.

À 6 milles de l'arrivée: "Baleines!" dit Guy posté dehors. Nous sortons et assistons à la balade de tout un troupeau de baleines qui semblent s'être rassemblée ici pour profiter sans doute d'une profusion de nourriture. Et tout à coup, un groupe de dauphins à flanc blanc viennent jouer devant le bateau. Ce qu'ils sont rapides! Georges essaie en vain de les capter avec son appareil photo lors de leur sortie de l'eau. "Quel beau comité d'accueil nous avons!" dit-il.

jeudi 31 juillet 2014

BALTHAZAR - Guy et l'équipage en ALASKA

Mardi 29 juillet
Initiation musclée qu'a vécu Georges dans sa première journée de navigation, hier.
Ça a bien commencé avec un léger vent, un vent si léger que nous avons même démarrer le moteur pour quelques heures. Nous prévoyions arriver au mouillage choisi, Cole Baie, vers 19h00.
En après-midi, le vent forcit et nous voguons allègrement le long d'une magnifique chaîne de montagnes qui nous envoie bientôt des vents catabatiques de plus en plus violents. À l'approche de Cole Baie, le vent augmente et la mer est cahoteuse.
Guy est à la barre et reçoit régulièrement de bonnes giclées d'eau salée tandis que Georges savoure ces moments intenses. Néophyte de la voile, il demeure spectateur des manoeuvres et vit ces premiers moments de voile de façon très ouverte et confiante. Il est curieux de tout. C'est l'enthousiasme des premiers instants?!
Je suis personnellement ébahie de voir ces nuages vaporeux déposés sur les cimes des volcans " Pavlov " et " Pavlov Sister " sans broncher, comme si le vent furieux dévalant leurs pentes ne le concernait pas. De notre côté, nous recevons bien la violence de ces vents qui forment une mer déchaînée, si près de la côte?! Guy dit qu'il a l'impression d'être dans une machine à laver tellement la mer est hachée.
Nous réalisons rapidement que nous ne pourrons pas mouiller l'ancre dans Coal Bay, car le vent catabatique y souffle avec force. Nous repérons sur la carte une petite baie à un peu plus de 6 miles et nous continuons la route dans l'espoir d'y trouver refuge pour la nuit. Connaissant le manque de précision qu'affichent parfois les cartes électroniques, nous nous approchons de la baie tout doucement. Elle est parsemée de roches, mais elle semble être un bon refuge pour nous protéger des vents de tous les secteurs. C'est parfait. Trouverons-nous un fond de bonne tenu pour l'ancre? Il est maintenant 21h00. Nous tentons une approche. Les fonds montent, 20 pieds, 15 pieds, 12 pieds, " On ancre?! " crie Guy de l'avant du bateau, mais l'ancre ne croche que dans un amas d'algues. Guy remonte le tout et repère une bonne plaque de sable et nous ancrons de nouveau. " Ça vas tenir " me dit t'il. Le vent souffle assez fort, mais heureusement aucun clapot ne vient déranger notre quiétude.
À 2h00 Guy et moi ne dormons plus. Le vent souffle avec furie et propulse Balthazar d'un bord à l'autre avec violence et nous ne sommes pas rassurés par la tenue de l'ancre. Pourrait-elle décrocher? Sait-on jamais? On se lève l'estomac nouer par le stress et évaluons la tenue de l'ancre grâce au sondeur qui nous indique des fonds relativement stables. La marée monte ce qui rend l'évaluation un peu moins précise... Il fait nuit noire et nous ne voyons pas les rochers environnants, mais nous pouvons apercevoir la lumière du feu de Seal Cape à proximité ce qui nous aide à voir que notre position d'ancrage reste stable. N'ayant pas d'anémomètre nous ne savons pas la force réelle du vent. Mais ça souffle vraiment fort?!

Georges se lève et paraît surpris de nous voir debout à cette heure. On lui explique que le bruit que fait le vent dans notre chambre avant est trop fort pour dormir et il retourne se coucher confiant. Nous veillons jusqu'à 4 h lorsque le vent daigne se calmer un peu. Le bateau est bien accroché et rien ne pourra le faire chasser. Retour au dodo, nous sommes crevés?!

Le lendemain matin, nous repartons de ce mouillage pour nous rendre à Sand Point qui se situe à une trentaine de milles. Il fait beau soleil et le vent est portant. À 17 h, le 29 juillet, nous nous amarrons au quai de Sand Point.

Mercredi le 30 juillet, Guy rencontre Arthur sur les quais, un pêcheur de morue qui lui avoue avoir passé une des pires nuits de sa vie lorsque son immense ancre n'a pas tenu son bateau rempli à ras bord de morue. Il était ancré dans la baie voisine de nous et il a enregistré des vents de plus de 50 noeuds avec des pointes à 60 noeuds entre 2 h et 4 h. À ce jour, ce sont les vents les plus forts que nous ayons subis.

mercredi 23 juillet 2014

BALTAZAR - Guy et la famille en Alaska

Nunivak, 21 juillet
60 13' 50 N 166 56' 00 W
Sous le vent de Nunivak et du Cap Algonquin.

Nous partons de Nunivak où nous n'avons vu que quelques vestiges de vie, lors de notre deuxième escale sur cette île, à Nash Harbour. On y retrouve entre autres deux saunas et une tente moderne avec tout ce qu'il faut pour tenir quelques jours...le temps d'un retour de chasse... ou d'une retraite... On imagine plein de choses dans cet endroit éloigné de tout, mais entouré d'une nature riche et grandiose.

Nous avons été un peu déçu de ne pas voir âme qui vive à Nash Harbour. La veille, nous n'avons pas visité Mekoryuk, seul village habité de l'île, car un coup de vent sévissait et nous étions confinés à bord à une dizaine de km du village. Maintenant, notre objectif est d'aller au plus tôt vers le Sud et les Aléoutiennes.

Pour l'instant, nous voguons sous voile, au près, avec un vent qui nous fait avancer à 4 noeuds, ce qui n'est pas très rapide, mais agréable. Nous en aurons probablement pour 3 jours entiers avant d'arriver à False Pass, dans les îles Aléoutiennes. J'espère que le temps sera dégagé pour pouvoir apprécier, pour la première fois, ces montagnes et volcans qui nous font rêver depuis quelque temps déjà.

Un courant de face nous empêche de nous extirper rapidement des environs de l'île et nous entrons dans une brume qui devient de plus en plus opaque dans cette lente avancée... Nous démarrons le moteur, car le vent refuse complètement. Heureusement, la mer n'est pas très agitée ce qui rend la navigation assez confortable. Je crois que nous devrons par contre supporter le bruit du moteur jusqu'à demain, avant que le vent du nord prévu souffle assez fort pour nous pousser vers notre destination.

Le radar nous indique une masse (un bateau?) à 5 milles sur tribord. Nous devrons être vigilants. Nous sommes quatre à nous relayer à l'extérieur et surveiller les alentours. De plus, notre pilote automatique qui prend le relais qui ne fonctionnait plus dans le Grand Nord vu la proximité du pôle, fonctionne enfin, donc nous n'avons pas à barrer.

Il est maintenant 17h 30. Ce matin, j'ai préparé un repas avant de quitter le mouillage et il ne me reste qu'à le réchauffer pour le souper. Nous mangerons donc un porc à l'ananas, en sauce aigre-douce sur riz. Ce que j'appelle un repas réconfortant.

lundi 19 août 2013

BALTHAZAR - Guy et Claire en ALASKA

Dimanche 18 août
Nome Alaska


Balthazar est à quai dans le petit port de Nome.


La ville de Nome est connue pour la ruée vers l’or de la fin du 19e siècle. La particularité de Nome, à cette époque, était que l’or se trouvait sur la plage. Dès la première année, les premiers chercheurs d’or accumulaient la somme de 2 millions de dollars en pépites. La nouvelle se répandit, ce fut la ruée et des milliers de gens débarquèrent à Nome pour faire fortune!
Aujourd’hui, sur les quais du port, une petite communauté de chercheurs d’or et de pêcheurs de crabes s’active. Les chercheurs d’or sont de plus en plus nombreux à conduire leurs pontons flottants, embarcations hétéroclites, à quelques centaines de mètres de la côte pour draguer les fonds peu profonds à l’aide d’aspirateurs géants. Ils viennent du sud du 48e (c’est comme ça qu’on appelle le reste des É.-U. en Alaska), ils passent plusieurs heures par jour sous l’eau à manier le tube de leur aspirateur en plongée. Ce n’est pas sans danger, un «dradger», comme ils se font appeler, nous montrera la peau de son abdomen brulé par l’eau chaude pompée sous sa combinaison de plongée, pour le tenir au chaud.
Les plus travaillants sortiront environs 1/2 once d’or à l’heure. L’or se trouve sous forme d’une fine poussière ou de petites pépites (un peu comme des flocons de maïs émiettés) mélangées au gravier.
Quelques compagnies utilisent d’immenses barges sur lesquelles sont installées des pelles mécaniques qui remontent plusieurs tonnes de graviers. Ils retirent plus d’une trentaine d’onces d’or par jour des fonds de la mer. À 1500 $ l’once, c’est assez lucratif.


Nous avons eu la confirmation que nous pourrons sortir Balthazar ici pour l’hiver, ce qui se fera jeudi de cette semaine sur une remorque nouvellement construite. Aujourd’hui, avant l’arrivée de la première bonne dépression de l’automne, oui ici l’automne arrive rapidement, nous avons commencé à désarmer Balthazar en remisant les voiles dans leurs sacs.
Ce n’est pas la fin du voyage, mais bien la fin d’une étape. Cet été, nous n’étions que deux pour affronter le froid, la météo aléatoire, les embuches d’un tel voyage et faire nos quarts. Les mers de Chukchi et de Bering n’ont pas besoin de grands vents pour se montrer agressives et demandent une attention soutenue de la part des équipages qui s’y aventurent. Nous avons parcouru un peu plus de 1000 milles dans de bonnes conditions et nous sommes contents de faire escale à Nome. Balthazar y passera l’hiver pendant que nous travaillerons à la maison au montage du film de nos aventures pour une tournée avec Les Grands Explorateurs.




Claire Roberge
Guy Lavoie
Navigateurs / Conférenciers


port.: 514 516-0002
bur.: 450 294-3384


Projet BALTHAZAR
___________________
info@voilierbalthazar.ca
www.voilierbalthazar.ca


Le voyage est toujours la seule ligne d'arrivée.
Julia Cameron



mardi 13 août 2013

BALTHAZAR - Guy et Claire en navigation

Samedi 10 août,

Nous naviguons aujourd'hui sous voile et sous régulateur d'allure. C'est bien, car nous n'avons pas à barrer le bateau et nous pouvons rester à l'intérieur pour nous abriter de la pluie et du froid. Il fait quand même moins froid maintenant, à mesure qu'on va vers le sud (aujourd'hui 8 degrés). La mer est douce et on prévoit passer le détroit de Béring demain par temps doux. Heureusement, car il n'a pas bonne réputation par vent fort!

Dimanche 11 août,
Détroit de Béring

À l'approche du détroit le temps se gâte un peu. Bien sûr, il pleut! Le vent augmente un peu, la mer aussi. Nous voyons sur tribord les Îles Diomède, la grande est russe et la petite, 3 km à l'est, est états-unienne. À bâbord le Cap Prince of Wales (POW pour les intimes) se profile à l'horizon.

À minuit trente, après une navigation d'une quarantaine d'heures, nous nous ancrons juste au sud-est du Cap Prince of Wales devant le village abandonné de Tin City, après avoir franchi le détroit de Béring dans des vents catabatiques furieux.

Lundi 12 août
Aujourd'hui, c'est la plus belle journée depuis fort longtemps. Il fait un soleil radieux, chose assez rare, et même qualifié d'exceptionnel par les gens du coin! Balthazar est aux pieds de montagnes de plus de 2000 pieds, et la verdure présente nous stimule et nous attire vers ces sommets.

Nous avons mis l'annexe à l'eau et allons marcher dans ce petit paradis. Pendant notre ascension, nous remarquons quantité de crottins d'animaux qui marque la présence de caribous, de boeufs musqués et peut-être d'ours? Nous continuons notre randonnée en restant à l'affut des mauvaises rencontres et allons vers ce qui nous semble une habitation dans la montagne.

Surprise, ce n'est que l'immeuble abritant le mécanisme d'un défunt remonte-pente, style gondole?! Mais, de là, nous avions une vue étendue sur l'autre versant qui nous montre d'autres immeubles et antennes paraboliques que nous nous sommes empressés d'aller visiter. Nous avons eu la surprise d'y rencontrer le responsable d'un groupe de travailleurs. Il nous confirme la présence fréquente de caribous et de boeufs musqués (que nous n'avons pas vu encore!) mais nous affirme qu'il n'y a pas d'ours. Nous apprenons aussi que nous sommes sur une base des US air force (base secrète hihi). Il ne faut pas oublier que la Russie est juste de l'autre côté du détroit, à moins de 100 km.

À notre retour, en fin d'après-midi, il fait plus de 20 C à l'intérieur de Balthazar. Le thermomètre extérieur indique 30 C au soleil! C'est l'été! Nous en profitons pour faire un brin de toilette au grand air!

Après souper, nous retournons à terre pour explorer la plage. Un couple inuit arrive en 4X4 avec leur petite fille endormie dans les bras de sa mère. Celle-ci nous raconte que la semaine dernière, elle a assisté, sur cette plage, à l'arrivée d'une traversée à la nage du détroit de Béring dont plusieurs pays participaient. Les nageurs (ses) entraînés pour cette dure épreuve arrivaient sur la plage complètement frigorifiés mais réussissaient à tenir le drapeau de leur pays respectifs!

Elle nous raconte aussi que les gens d'ailleurs pensent que les inuits vivent encore dans des igloos! Elle précise que dans son village qui se trouve sur le versant Nord de la montagne, labouré par tous les vents, ils ont toutes les commodités. Elle me décrit, avec fierté, tout son confort: maison chauffée, eau, électricité, câble téléphonique et télévisuel, internet, etc.

Mardi 13 août, température extérieur 10 C, un peu de soleil.
Nous longeons la côte découpé de hautes montagnes brunes et grises éclairées par un soleil éclatant. Le vent est bon et nous pousse entre 5 et 6 noeuds, vitesse un peu réduite à cause d'un courant contraire de plus de 1.5 noeud.

Après le dîner, le vent tombe complètement. Nous partons le moteur pour continuer cette douce navigation côtière et mouiller l'ancre en fin d'après-midi.

Il nous restera un peu moins de 100 milles à faire pour rejoindre le port de Nome que nous atteindrons jeudi ou vendredi.

17h, ancré face à la longue presqu'île qui forme Port Clarence

Claire et Guy

dimanche 11 août 2013

BALTHAZAR - Guy et Claire en navigation

Point Hope, vendredi 9 août 2013

Mercredi matin, après nous être remis de nos émotions d'une entrée plus que hasardeuse à Wainwright l'avant-veille, nous sortions allègrement de l'impasse grâce à de bons "Waypoints". Navigation de Wanwright à Point Hope (suite).

Les conditions de voile, en ce jeudi matin, sont bonnes. Nous filons à bonne allure.En après-midi, le vent augmente. La mer grossit. Nous subissons notre premier coup de vent de l'été et le vent s'établit à une trentaine de noeuds sur l'arrière (prévisions 22 noeuds). La mer devient grosse et même très grosse, impressionnante!* La température extérieure se maintient à 8 C, les nuages sont à fleur d'eau et il tombe une pluie froide. En fin d'après-midi nous naviguons au vent arrière sous grand-voile à 3 ris et le Génois avec tangon sur tribord.

Après avoir empanné la grand-voile pour changer légèrement de cap nous décidons d'installer le tangon sur bâbord pour conserver une bonne stabilité de route. Se déplacer sur le pont dans cette mer démontée est laborieux et au moment où nous nous apprêtions à mettre le tangon en place, Guy me regarde et dit: "la mer est beaucoup trop grosse pour cette manoeuvre et le vent est trop fort nous n'avons pas besoin d'une voile de plus!". Nous rangeons le tangon et continuons sous grand-voile avec la voile d'avant (génois) bordée bien plate dans l'axe du bateau.

Nous filons malgré ce peu de surface de voile à entre 6 et 8 noeuds et la mer est de plus en plus grosse et agressive. Nous faisons de multiples embardées décidons d'affaler la grand-voile et de ne garder qu'un petit bout de génois à l'avant. Ouf! Nous stabilisons ainsi Balthazar sur sa route et les 3 dernières heures, avant de doubler la pointe (Pointe Hope), sont beaucoup plus calmes même si les conditions de vent et de mer ne s'améliorent pas! À minuit quinze, nous ancrons sous le vent de Pointe Hope pour une nuit de repos bien méritée. *

La mer de Chukchi, comme beaucoup de mers qui ne sont pas des océans, est peu profonde et bordée par des côtes pas très lointaines. Il s'y lève des vagues qui n'ont aucune mesure avec la force du vent. Dans l'océan pacifique, par exemple, le vent prendra plusieurs jours pour lever une mer semblable à ce que nous avons vu lever en quelques heures en mer de Chukchi.

Guy

lundi 29 juillet 2013

BALTHAZAR - Guy et Claire en navigation

En traversée par le Nord-Ouest

Samedi 27 juillet

Grosse journée! Nous nous sommes levés très tôt ce matin,  5 h 30, pour nettoyer le fond de la coque d'un déversement de carburant diésel causé par une fuite du réservoir arrière.
À 7 h 30 nous étions prêts à partir et pensions faire une route de 40 milles qui nous mènerait à Cap Halkett, protégé des vents de l'ouest annoncés pour demain.

Après 4 heures de route, donc à mi-chemin, nous croisons d'immenses plaques de glace qu'il faut contourner. Ce qui nous fait naviguer dans un dédale de glaces* pour arriver vers 16 h à notre mouillage. Malheureusement, le vent de pousse la glace vers cette côte et nous décidons de continuer pour un autre 20 milles (4 heures) et contourner une pointe qui nous protégera un peu du vent et surtout de la glace dérivante.

À 20 h, nous arrivons de l'autre côté et le mouillage est inaccessible à cause de la présence de glace. De plus, le vent d'ouest, annoncé pour demain, se lève, et pousse la glace sur cette côte. Nous décidons de continuer pour nous rendre 30 milles plus loin, près du Cap Simpson. Un brouillard opaque - visibilité 30 mètres - décide de se mettre de la partie et nous rend la vie difficile, d'autant plus qu'il y a encore des morceaux de glaces de bonnes grosseurs qui se dévoilent au dernier moment. Cela nous garde sur le qui-vive et sous une tension constante à la barre. Nous nous remplaçons toutes les heures pour nous réchauffer. Nous naviguons à moteur, vent de face, et bruine fraiche et prévoyons arriver vers minuit, en espérant que le mouillage sera accueillant.

Comme par magie, deux heures avant notre arrivée, le brouillard se dissipe laissant apparaître une petite bande côtière parmi les nuages. Heureusement que le soleil ne se couche pas. Nous, par contre, irons nous coucher et aurons un sommeil bien mérité. Ancré à 0 h 30 près de la côte à 50 milles à l'est de Barrow.

Claire

* Lorsque je parle de " glaces ", je veux dire des morceaux de 1 mètre de diamètre à 15-20 mètres de diamètre et de 1 à 3 mètres de haut. Je les différencie des " Icebergs " qui sont beaucoup plus hauts.

Dimanche 28 juillet

Aujourd'hui 40 milles à faire pour Barrow. À Barrow,  on peut s'ancrer en mer face à la plage. Prérequis; beau temps. Exclus les vents du secteur ouest et il faut qu'il n'y ait pas de glaces dérivantes. En option, si la météo est mauvaise, on peut aussi ancrer dans le grand lagon.

Pour l'instant, quel plaisir de savourer une navigation sous voiles dans une mer plate et un petit vent presque chaud! Après 4 heures paisibles avec ce vent de terre de 12 noeuds sur le travers, le vent refuse et passe rapidement à 20, 25 noeuds et un peu plus dans les rafales. Nous naviguons maintenant avec 3 ris dans la grand-voile et un petit bout de voile à l'avant et notre cap nous éloigne de l'entrée du lagon. La température chute à 7 C, la pluie tombe et quand elle cesse c'est pour être remplacée par un brouillard gluant et impénétrable!

Nous avançons à l'aveugle à plus de 6 noeuds quand nous décidons d'embouquer une des passes qui donnent accès au lagon. Au même moment le vent fait une pause, le brouillard se dissipe et la glace apparaît droit devant!

Nous démarrons le moteur et mettons 5 heures pour parcourir les 20 milles face au vent pour entrer dans cette passe parsemée de haut fond, et ensuite pour rejoindre le mouillage au Nord-Ouest tout en haut du lagon.

Enfin, à 19h30, l'ancre est bien prise et nous pouvons prendre un peu de repos! 
Nous pourrons ici faire nos courses, le plein de carburant et d'eau, etc. Le seul hic est que la ville de Barrow se trouve à 10 milles de notre mouillage, 3 milles en annexe (canot pneumatique) et 7 milles...sur le pouce!

Claire et Guy

vendredi 21 septembre 2012

BALTHAZAR - Guy et Claire - Compte-rendu

Bilan provisoire



Inuvik, Territoires du Nord-Ouest


Amis et partenaires,


Balthazar est hiverné et prêt à passer l'hiver sous les grands froids d’Inuvik. La pression de trois mois de navigations intenses s'évacue lentement. Je ne réalise pas encore l'ampleur du trajet parcouru, mais je réalise que le trajet humain que chacun d'entre nous a accompli est et sera toujours une grande richesse.

Je me suis parfois senti bien isolé, pas seul, car je pouvais compter sur un équipage extraordinaire, mais éloigné du connu de ce qui fait qu'on se sent en maitrise d'une situation, car elle nous est familière. Avec le froid, l'éloignement, la météo incertaine et ses coups de vent, les petits problèmes techniques peuvent nous sembler, pendant quelques minutes, insolubles. Le manque d'espace et de liberté de mouvement sont des facteurs de stress puissants auxquels chacun d'entre nous a du faire face. Le sentiment de vivre en promiscuité est d'autant plus présent, confiné que nous sommes à bord d'un espace restreint dans des conditions climatiques rigoureuses.

La patience, la compétence et la présence de nos équipiers, Nicole, Yann et François, ont fait de ce périple nordique une belle réussite. Merci!

Quant à Claire ma conjointe adorée qui a su relever un défi gigantesque en m'accompagnant dans cette aventure un peu folle, c'est beaucoup plus qu'un grand merci que je veux lui exprimer. Les mots me manquent... merci Claire!

Avec émotion,

Guy



mardi 15 mai 2012

VACATIONS AU RÉSEAU MARI MATIN

OCÉANA 1 : Luc et Aline ont eu une nuit plus difficile à cause d'une zone de grains qui apportait des changements de vent tant en direction qu'en force. Ils sont présentement au 29-07 N et 54-34 W avec une mer de 2 mètres et un vent apparent de 20 noeuds. Cap à 25 degrés.

DAMALU : Daniel est à 35-47 N et 70-44 W avec une mer hachée et un vent de 15 noeuds. Il est à 114 mn du Gulf Stream et navigue à 3 noeuds pour ralentir sa course au maximum. Aujourd'hui et demain les conditions du Gulf Stream sont difficiles. Nous lui avons fait parvenir toute l'information requise pour la traversée du Gulf.

AITA PEA PEA : Charlie et Renée sont de retour sur le voilier depuis hier et sont à St-François (Guadeloupe). Ils remettront le tout en opération au cours des prochains jours.

AZUR : Alain aussi a eu des grains la nuit dernière. Il est à 31-14 N et 57-33 W. Présentement les conditions sont belles avec un vent d'une vingtaine de noeuds. Il est à 1300 mn de Flores

MENALIPPE : Nicole et Yvon sont à Ste-Anne (Martinique) en compagnie de Carol et Lise (1ère Escapade) et Youki. Beau soleil et demeureront là au moins jusqu'à samedi puis retourneront à Ste-Lucie.

PERSÉIDES : Daniel et l'équipage sont à 8-00 S et 113-01 W avec un vent portant de 10 à 15 noeuds, voiles en ciseaux, mer d'environ 10 pieds au 10 secondes. Superbe navigation - sans gîte - ils ont parcouru 160 mn en 24 heures et sont à mi-parcours des Marquises.

BEARAWAY : Jean et aniel sont à Big Major et feront peut être une promenade vers Staniel aujour'hui. Nuageux et possibilité de pluie pour la journée.

TORTUE DE MER : France et la famille sont à Grande Case (St-Martin) - endroit plus confortable que Marigot Bay et ont bien profité de la plage hier en compagnie des équipages de Don Quillechotte, Magajo et Jorean. Prévoient se rendre à l'Anse Marcelle aujourd'hui puis Pinel et St-Barth par la suite. Il semble que Magajo et Jorean se rendront directement à St-Barth aujourd'hui.

SLY SAN : Sylvain est à St-Pierre (Martinique)et se dirige vers Le Marin pour y rencontrer le voilier FUGUE. Triumph s'est arrêté en Dominique pour faire le plein de diesel et se reposer. Reprendront leur navigation pour rejoindre Sylvain aujour'hui.

BELLE OURSE : Daniel et André sont à St-Petersburg (FL) et ont dû revenir à la marina la nuit dernière car la température du moteur ne cessait de monter... Ils verront un mécano aujourd'hui et règleront le problème de surchauffe.

PRANA : Denis et Louise sont à Bequia en compagnie d'un voilier ami et se dirigeront vers Canouan aujourd'hui.

SUENO : David et la famille sont à Jost Van Dyke et iront probablement s'ancrer à White Bay aujourd'hui. Ils ont réussi à prendre contact avec UMIALTAK qui les rejoindra.