Nouvelles des Navigateurs

Ce blogue a été conçu par Nycole - VE2KOU et se veut un point de rencontre
entre les navigateurs, familles et amis du Réseau du Capitaine et de la CONAM.

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jeudi 26 mars 2015

BIDULE - Gaston et Lizanne - RÉCIT KONA (Hawaii)

Kona, Hawaï (oct. 2014 à janv. 2015)
Version avec photos : voilierbidule.blogspot.com

Yiiiiiiiiiiiiiii! Nous avons beau choisir une fenêtre météo calme pour traverser le Alenuihaha Channel ente les îles de Big Island et Mauï (surnommé le Hallelujah Channel par Gaston), il reste que les vagues sont impressionnantes. C'est reconnu comme un des endroits au monde les plus difficile à passer donc il faut faire bien attention. Ceci dit, sur une fenêtre météo calme, il est possible de le naviguer mais votre dernier repas va peut-être servir à nourrir les poissons. L'expérience avait été tout aussi impressionnante la première fois (article ici : http://voilierbidule.blogspot.com/2013/07/kona-big-island-hawai-dufrom-16-06-2013.html). Vu que cette fois-ci nous avions un quai de réserver, notre accostage à Honokohau Harbor c'est bien déroulé. C'est un petit truc que nous avons découvert. Si nous appelons le bureau de Honokohau harbor pour prendre une réservation, ils vont refusé disant que c'est premier arrivé, premier servi. Par ailleurs, un petit tour dans les bureau de Scott qui s'occupe du mouillage de Reids bay à Hilo et le tour est joué. Il s'agissait de payer à partir de notre visite dans son bureau.

Ce Harbor ce trouve toujours au milieu de nul part sans aucun transport publique pour le relier à Kona. Les vélos deviennent encore plus utiles. De plus, le chemin côtu fait partie de la compétition Ironman et fini par donner des cuisses de fer. Il n'y a pas énormément de site touristique dans les alentours mais il fait quand même bon y vivre. Les amateurs de pêche sportive et de plongée, particulièrement avec les raies mantas ou les dauphins, seront servis. D'ailleurs, notre voisin de quai était particulièrement apte à trouver des énormes poissons dont un espadon de plus de 1000 livres (son site web si ça vous intéresse : http://lanakilasportfishing.wix.com/greenstick). Une marche et baignade à la plage directement au nord de la marina car plein de tortues vertes s'y font dorer la couenne. Les locaux n'ont pas le droit de vivre sur leur bateau alors vous pouvez vous imaginer que les soirées sont très tranquilles. A l'exception d'un soir où nous entendions un groupe de musique rock qui jouait au yacht club. Nous avons été voir de plus près et les membres qui célèbraient Noël en retard, nous ont invité à se joindre à eux. Nous nous sommes aussi lié d'amitié à un couple et leur helper qui travaillent sur leur ferme à quelques kilomètres de la marina et prépare un bateau pour un voyage en Polynésie. Adam, Takayo et Nick nous ont sorti de notre trou perdu quelques fois dont une pour admirer Takayo qui dansent le hula. Étrangement, nous avons appris à connaître la plus part des propriétaires de bateau autour de nous mais eux ne se connaissent pas.

Notre petit miracle de Noël: Nous avons attrapé un gros méchant virus juste avant Noël. Ça c'est bien nous; pas une fois malade depuis notre départ même dans les pays notoires pour les fièvres mais, nous revenons en Amérique du Nord et bam! Juste comme Gaston et moi étions en train de nous demander comment nous allions faire pour aller en ville acheter des vivres vu que nous étions trop faible pour faire le trajet en vélo, un couple que nous venons tout juste de rencontrer et qui ne savait même pas que nous étions malades nous a laissé un pick-up pour la semaine. Ils m'ont seulement demandé d'aller les reconduire à l'aéroport et de retourner les chercher à leur retour. Pourquoi une tel gentillesse? Le jour d'avant, j'ai remarqué que une de leurs amarres était brisée et que le devant de leur bateau frappait gentiment sur le bateau voisin. Je me suis organisée pour attacher leur bateau et je les ai appelé pour les avertir. En autre mot, rien de bien extraordinaire. La générosité des gens que nous rencontrons pendant ce voyage ne finira jamais de nous surprendre! Merci à eux et au Père Noël!

C'est un peu plate d'avoir accès à une voiture et d'être trop malade pour s'en servir. Au diable, il faut bouger pareil! Le 24 décembre en après-midi, j'en était à ma troisième journée de souffrance et Gaston venait juste de commencer la sienne quand j'ai décidé que je n'en pouvais plus de me sentir comme si je baignais dans les microbes. J'ai donc laissé Gaston pour quelques heures et je suis partie en direction du Captain Cook monument car c'est ici qu'il a été tué. Une histoire d'annexe volée qui a mal tournée. Nous ne pouvons nous empêcher de l'admirer en tant que navigateur même si il a contribué à la perte des Français sur les plaines d'Abraham. Pas moyen de voir le monument sans être en bateau. Au moins, j'ai pris l'air un peu. J'ai rechuté le lendemain et Gaston n'était guère plus beau à voir. Retour au lit! Nous avons quand même pu profiter des deux derniers jours pour longer la côte ouest de l'île vers le nord où se trouve de belles plages et des champs d'un vert presque fluo. Il y a aussi beaucoup de gens très riches. Il devait y avoir une bonne trentaine de jets privés à l'aéroport. On nous a mentionné des noms tels que Bill Gates, Oprah Winfrey et Larry Ellison (Oracle). Les potineux disent qu'ils s'installent ici car il trouvent la situation internationale trop instable pour laisser leurs biens à l'étranger. Ou encore qu'ils seront en sécurité quand tout va péter. Paranoïaque?Au dernier moment, nous avons fait le plein de cannage pour la prochaine navigation. C'est toujours bon de penser à transporter ce qui est lourd quand nous avons la chance d'avoir un véhicule.

Notre copain nous a dit un jour qu'en venant à Hawai'i, nous venions d'entrer en territoire hostile. Nous n'avons pas trop compris sur le coup mais avec le temps, c'est devenu plus clair. Tout d'abord, il y a la météo car en hiver, ça brasse. Pas pour rien que c'est la saison des compétitions de surf. Déjà, il faut oublié toute navigation au Nord des îles car la houle est beaucoup trop forte. S'ajoute un phénomène nommé Kona; Ce sont des dépressions qui amènent des vents du sud. C'est pas très pratique quand toutes les baies au sud des îles n'offrent pas de protection de cette direction. De plus, les fonds de roche volcanique ne sont pas de très bonne tenues. Dans tout endroit offrant une bonne protection, il se trouve habituellement un port. Ceci nous mène au deuxième environnement hostile; les bureaux de Harbormaster. Sauf pour quelques exceptions sur Ohau, les harbors appartiennent à l'État. Les employés sont formés à faire respecter les longues listes de procédures et de réglements sans trop de façon. Ils restent polis mais ne sont pas du tout amical. Les fois où nous avons réussi à les faire sourir, ça nous a demandé bien du travail. Il leur arrive aussi de fournir la mauvaise information. Par exemple, nous n'avons pas le droit d'ancrer quand en fait, il ne faut pas ancrer sur les coraux et les mouillages sont parfois payants. Ou encore, qu'ils n'ont pas de place et ne peuvent pas vous garder. Les bateaux en transit ont le droit à 120 jours par Harbor par année sauf pour Radio bay qui a une limite de 80 jours. Techniquement, ola se doivent de nous accommoder. Les réglements causent beaucoup de déception aux navigateurs États-Uniens qui pensent venir travailler ici pendant un an pour remonter la caisse de bord.

Une dernière petite anecdote; Un soir Vers 19h, Gaston relaxe dans le cockpit et je travaille sur la préparation du souper quand Gaston me dit qu'il y a un dame qui crie il ne sait trop quoi. Une chèvre se promène sur un des bateaux à moteur et il croit qu'elle essaie de la faire descendre mais ne voit pas la femme. Je ne porte pas trop attention tout de suite étant préoccupé par le repas. Finalement, Gaston insiste pour que je regarde la chèvre alors je me sors la tête du bateau. C'est à ce moment que je réalise que ce que la dame crie et que Gaston ne comprends pas est: "HELP! HELP! HELP!" (son anglais n'est pas tout à fait au point) En quelques secondes, le poêle est éteint et nous partons à la course sur le ponton sans prendre la peine de mettre des souliers. Arrivé sur les lieux, nous voyons la dame à l'eau avec une autre chèvre plus petite. Elle nous explique qu'en essayant de sauter sur le bateau pour la suivre la première, son bébé est tombé à l'eau. Elle a donc sauté aussi pour l'empêcher de se noyer mais, elles ne peuvent plus sortir. Il faut sauver son bébé car elle l'aime beaucoup. Gaston veut prendre le fameux bébé par les cornes pour le sortir rapidement mais la dame refuse car cela pourrai faire lui mal. Nous en doutons, mais bon. Gaston part à la recherche d'une corde pendant que j'encourage la dame à tenir. Bien sûr, la seule corde autour est une amarre et elle est bien attachée au quai. Gaston fini par la libérer. Nous entourons la chèvre et la sortons saine et sauf de l'eau. Par ailleurs, la maîtresse n'a plus d'énergie et commence à se laisser sombrer plutôt que de grimper sur les pneus qui pendent au mur. Je me lance donc à terre et lui tend le bras tout en l'encourageant à monter. Elle est trop lourde pour moi seule alors j'appelle Gaston qui s'occupait de la chèvre, à la rescousse. A deux nous réussissons à la remonter sur le quai. Une fois sortie, l'adrénaline lui a fait de l'effet car elle parlait sans arrêt et ne tenait pas en place. Tout est bien qui fini bien. À part quelques éraflures sur les genoux, ni humain, ni animal n'a été blessé. Gaston aurait bien aimé lui suggérer un autre animal de compagnie du genre amphibien mais s'en est bien gardé...elle l'aurait peut être mal pris!

Lizanne et Gaston
Sur Bidule

dimanche 22 mars 2015

BIDULE - Gaston et Lizanne à HAWAII - Récit

La pause à Hawaii est presque terminée. Nous pensons décoller à la fin du mois pour une traversée vers les Marquises si la météo est bonne. Nous confirmerons la semaine prochaine. Entre temps, nous avons commencé à écrire un premier article sur Hilo. Pour la version avec photos, voir http://voilierbidule.blogspot.com. Joyeux printemps aux québécois! En vous souhaitant qu'il soit beaucoup plus chaud que cet hiver!

Notre deuxième visite de Hilo fut beaucoup plus relaxe que la première où nous pensions seulement à se préparer pour repartir en Alaska. Cette fois-ci nous passerons environ 7 mois dans l'Archipel d'Hawaï alors nous pouvons prendre notre temps. De tous les endroits visités jusqu'à maintenant, Hilo reste encore notre endroit préféré. Il y pleut souvent mais cela donne de suberbes parcs verdoyants qui jonchent la côte où il fait bon se promener en vélo, se baigner et s'assoir à l'ombre pour contempler ou pique-niquer. C'est d'ailleurs ce que les locaux, la pluspart d'origine maohi, préfèrent comme activité de fin de semaine lorsqu'ils ne sont pas entrain de visiter les ventes de garages ou de courrir les bonnes affaires sur craigslist.com. La plupart des navigateurs croissés ici, repartent aussitôt pour Honolulu préférant la frénésie de la grande ville au calme de celle plus modeste. Nous préférons le charme du plus petit. Par ailleurs, l'accueil au bureau du Harbor master de Radio bay n'était plus du tout le même que lors de notre première visite. Cette fois, la dame à l'accueil nous a seulement expliqué le fonctionnement du harbor sans nous donner d'information touristique. Quand nous lui avons demandé une carte comme la dernière fois, sa réaction nous a confirmé qu'elle ne nous avait pas reconnu et elle a répondu un peu sèchement qu'elle ne faisait plus ça. De plus, les dames du bureau on été plus à cheval sur les politiques. Nous nous imaginons que quelque chose à du se passer mais n'avons pas osé demander quoi. De plus, le port est plutôt bruyant surtout quand la barge arrive et, même si nous sommes attaché à un de leur mur, il faut débarquer en annexe dans le parc adjacent car il nous refuse l'accès. Dommage que la tenue de l'ancre dans Reids bay n'est pas meilleur car c'est plus près de la ville et plus tranquille. Il y a toujours des autobus pour se rendre en ville mais vu qu'ils ne passent qu'aux heures et seulement sur semaine, nous avons décidé d'acheter un deuxième vélo bon marché que nous revendrons à notre départ.

Notre temps a été occupé d'une part par des réparations effectuées sur le bateau tel que remplacer la manette du moteur et reconditionner le BBQ et, d'autre part, par du tourisme. D'ailleurs je crois qu'à la fin de ce voyage, je vais pouvoir écrire un livre sur les cascades et chutes de ce monde et Gaston sur ses micro-brasseries. La plupart du temps nous nous sommes promenés dans les alentours en vélo visitant Rainbow falls sans voir d'arc-en-ciel, le musée du Tsunami qui n'est pas trop rassurant et le Lyman museum où il faut demander à visionner le film sur la communauté engloutie par la lave (très intéressant). Nous avons aussi loué une voiture le jour de mon anniversaire pour visiter le parc des Akaka falls et la ville de Pahoa. Celle-ci est menacée par une nouvelle coulée de lave qui risque de détruire la ville. Mais, la lave avance tellement lentement que ça pourrait prendre des années. Nous avons terminé la journée par une pizza hawaiienne à côté du cratère fumant de Pu'u'o'o comme lors de notre dernière visite. En passant, si vous pensez visiter Hawai'i, ne rapportez surtout pas une pierre volcanique en souvenir. Vous pertuberez la déesse Pele qui vous rendra la vie misérable jusqu'à ce que la pierre soit retournée par courrier. L'équipage d'un bateau français avec un équipier québecois du nom de Mario, nous ont invité à se joindre à eux pour une autre petite virée en voiture mais cette fois-ci sur le haut du mont Mauna Kea ou se trouve plusieurs observatoires. La route pour monter est assez abrute mais l'impression d'être sur la lune une fois en haut en vaut la peine. C'est comme être dans un film de science fiction. Il en resterait encore beaucoup à voir surtout pour les amoureux de jardins botaniques.

Le cyclone Ana s'est mêlé de notre départ. Au début, il voulait venir directement sur Hilo alors nous nous sommes dit que nous devrions partir pour Kona. Comme nous étions en train de tout régler pour le départ, le trajet prévu de l'œil a changé pour passer au sud de la grande île. Donc, maintenant nous restons sur place mais nous nous ajoutons une deuxième ancre à l'avant du bateau et plus d'amarres sur l'arrière car les vents s'annoncent forts. Finalement, elle a passé carrément à côté mais en nous arrosant de pluie pendant deux jours. Tant mieux pour nous mais difficile à prédire ces tempêtes. Il n'y a qu'à regarder ce qui c'est passé aux Vanuatus il y a quelques jours seulement. Vu que nous avions déjà préparé le bateau pour le départ et reservé un quai à Kona, nous sommes partis une fois que la mer s'est calmée. Comme nous étions ici depuis un bon moment il a fallu passer un après-midi à briser les coquillages sur notre chaîne d'ancre.

Je vous laisse sur une histoire pour les romantiques trouvée au Tsunami museum: En 1946, un gros tsunami a frappé les îles d'Hawai'i et particulièrement Hilo. Les vieux qui avaient déjà vécu l'exprérience ont tenté de dire aux gens de courrir mais vu que l'évènement se passait un premier avril, tout le monde a cru à une blague. Dans une école où les jeunes enseignantes nouvellement arrivées du continent logeaient, les enfants commencaient à arriver pour les cours. L'eau sur la rive s'est subitment retirée, ceci étant un signe avant courreur, et les enfants courraient pour ramasser les poissons. Une vague est apparue au loin et une enseignante avec la caméra à la main a souhaité qu'elle soit bien grosse pour la photo. Il faut faire attention à ce que l'on souhaite car quand la première vague est arrivé, elle s'est retrouvée accroché à un toit avec une collègue. A la deuxième vague, la collège a disparu. Le toit a cédé à la troisième vague et elle a été emportée en mer. La seule âme qu'elle ait croisée fut un jeune garçon qui a décidé de nager vers un lointain bateau au lieu de rester sur place et il n'a jamais été revu. Elle a finalement été sauvée au bout de 10 heures passées en mer accroché à un bout de bois. Par qui? L'homme avec qui elle avait un rendez-vous galant le soir même. Il a passé la journée en chaloupe à sa recherche. Ils se marièrent et vécurent heureux. FIN.

mercredi 4 février 2015

BIDULE _ Gaston et Lizanne à HAWAII

Toujours à Honolulu. Nous commençons à connaître la place quoique nous n'avons pas encore fait beaucoup de tourisme. Deux groupes de visiteurs viennent nous voir dont le premier la semaine prochaine alors nous voulions les attendre. Par ailleurs, nous n'avons pas pu résister à la tentation de faire une petite randonnée de vélo jusqu'à Pearl Harbor pour voir la baie où il y a eu la fameuse attaque par les Japonnais en 1941. Ici, il fait chaud mais pas toujours beau. Nous avons profité des journées pluvieuses pour ajouter un article de blog qui résume notre traversée entre Tahiti et Hawai'i.


Lizanne et Gaston
sur Bidule


Traversée Tahiti -) Hawaï du 31 juillet au 21 août 2014




Puisque que les vents dominants du Pacifique dans l’hémisphère-nord sont du Nord-Est et ceux de L’hémisphère-sud du Sud-Est, il aurait été difficile de naviguer directement vers Hawaï qui se trouve au nord car nous aurions eu le vent dans le nez en haut de l’équateur. Alors, notre stratégie était de prendre le vent du Sud-Est de travers pour traverser l’équateur au 145° O. Ensuite, quoique la zone de convergence à cette latitude reste généralement venteuse, nous pensions qu’il serait bon de la passer le plus rapidement possible en faisant du franc nord jusqu’au 8°N. De plus, cela nous permettait d’avoir un meilleur angle, une fois la zone de de vent du Nord-Est atteinte, pour piquer directement sur Hilo. Il était un peu tôt pour effectuer cette traversée car la saison des ouragans dans le Pacifique nord se poursuit jusqu’en novembre mais notre visa était expiré pour la Polynésie Française alors, pas le choix. Quoique, notre plan B si il y avait eu trop de mauvais temps, aurait été de faire demi-tour vers les Marquises et rester caché le temps de pouvoir repartir. Maintenant, voyons ce qui c’est réellement passé...




Le départ s’annonçait bien avec des vents d’une quinzaine de noeuds ce qui nous permettait d’atteindre 120 miles par jour. Après 24h, le vent a tourné vers l’Est et même le Nord-Est entre 10-12 noeuds ce qui nous forçait à faire du près serré. Nous avons du attendre la fin de la première semaine avant de voir le vent revenir vers l’ESE à 15 noeuds. Le courant était contre nous de 1 à 1,5 noeuds. Par ailleurs, nous avions une belle météo et la visite de dauphins égaillait notre quotidien. Un gros poisson O.N.N.I nous a arraché un leurre et une bonite pêchée était infestée de parasites. Je sais que dans le temps, les parasites étaient enlevés sur les morues avant leur consommation mais nous n’avons tout de même pas osé la manger. Ce n’est pas le temps d’être malade quand le médecin le plus près est à des milliers de mile nautique de soi. Au même moment, deux ouragans, Iselle et Julio, se formaient dans l’hémisphère nord. Nous étions encore trop au sud pour que ce soit dangereux pour nous mais un de nos copains se trouvait à Hilo. Iselle l’a dépeigné un peu mais, lui et son bateau s’en sont sorti indemne.




Malgré que le vent n’ait pas été aussi SE que prévu, nous avons réussi à passer l’équateur au 145°O en donnant le traditionnel shooter à Neptune. Il commence à nous coûter cher cet alcoolo! Comme prévu, nous avons débuté notre remontée vers le 8°N au grand largue dans les grains habituellement trouvés dans la zone de convergence ou le gris prédomine. D’ailleurs, il a plu pendant trois jours de suite. Une dépression a débuté sa formation directement au dessus de nous. La question des deux prochains jours tout en changeant notre cap un peu plus vers le Nord-Ouest que franc Nord fut comment la contourner. Idéalement, pour ne pas faire plus de miles que nécessaire, nous irions plus à l’ouest. Par ailleurs, si cette dépression se met à bouger, elle va aussi partir vers l’ouest et possiblement nous passer dessus. Nous l’avons donc observé un bon moment tout en ce demandant si nous passions ou pas. Vu qu’elle ne bougeait toujours pas, nous avons pu la passer sans mal. Mais, ce n’était pas fini car se développait aussi dans le Pacifique une tempête tropicale du nom de Karina.




Nous approchons maintenant de la zone ou le vent change tourne au NE et Karina est une indécise qui ne sait pas où elle va et si elle va forcir ou non. Sa route habituelle serait vers Hawaï mais sait-on jamais. Nous continuons notre route directement sur Hilo en espérant que Neptune s’occupe de nous en échange de sa rasade. La bonne nouvelle est que le vent tient toujours et que jusqu’à maintenant, le moteur n’a presque pas servi. Il reste donc amplement de diesel. Si elle décidait de bouger, nous avions prévu de s’écarter de sa route en allant vers le sud. Finalement, elle est remontée vers le nord et s’est essoufflée. Tant mieux pour nous qui ont continué notre route toujours à voile avec des vent de 10 à 15 noeuds. Ok! Une autre p’tite shot pour Neptune! C’est seulement à l’approche de la côte que le vent à faibli nous forçant à utiliser le moteur. Après 21 jours de mer, nous sommes amarrées à Radio bay, Hilo sur la plus grande île d’Hawaï.




Quand nous étions arrivés en Polynésie Française, j’étais bien heureuse à l’idée de ne plus avoir à passer de longue période en mer avant au mois un an selon l’itinéraire que nous avions choisi. La plus grande navigation aurait été entre les Tongas et la Nouvelle-Zélande et aurait pris tout au plus une semaine. Pas que j’ai quelque chose contre les longues navigations mais après avoir passer 131 jours en mer (ou 13 000 miles nautiques) en un an, j’en avais ras le pompon! J’aurai bien aimé passer plus de temps les pieds dans le sable mais nous voulions revenir en Polynésie. Je suis donc entrée dans cette traversée à reculons. Elle était bien loin d’avoir autant de jours que notre première traversée vers Hawaï (61 jours) mais je l’ai trouvé lllloooonnnngue. Gaston me trouve bien chialeuse. Ça n’arrive jamais qu’un homme se tanne d’être en mer? Mais bon, après presque six mois de repos sans trop bouger, ça vas mieux. Nous partirons de Honolulu vers la fin mars et reprendrons l’itinéraire prévu l’année dernière.